SUR LES CAPILLAIRES
Cette théorie n’est pas nouvelle. Elle fut proposée par HEUBNER qui l’appliqua dès 1907 à tous les métaux
(1) D’après l'hypothèse primitive, et en raisonnant par anologie avec € l’arséno-résistance » qu’on observe.parfois lors d’un traitement arsénobenzolique. MGLLGAARD, WüRTZEN, SÉCHER (Cf Chemotherapy of tuberculosis) avaient appliqué ce terme aux bacilles de Koch. Cette idée de « bacilles auro-résistants » aurait expliqué l’inconstante dispasition des bacilles au cours du traitement à hautes doses qu'ils administraient à l’époque. Il y aurait même eu une « auro-résistance » acquise par le traitement.
lourds. En pénétrant dans l’organisme, ceux-ci provoqueraient une rupture des petits vaisseaux contenus dans les viscères : ainsi les lésions seraient isolées, privées de tout élément de vitalité. L'hypothèse était fondée sur l'observation des capillaires mésentériques de la grenouille vivante, lorsque celle-ci recevait un métal lourd. Il faut remarquer du reste que cette action n’a rien de spécifique. Comme nous l'écrit M. Lumière: « Les effets vaso-moteurs que l’on observe à la suite de l'injection intravasculaire de sels des métaux lourds ne proviennent nullement d’une action spécifique du métal. Le sel métallique provoque, dans le sang de ces animaux, une précipitation, un floculat qui est responsable des modifications observées et les accidents de choc se produisent à la suite de l'injection dans la circulation d’un précipité préformé, quelle que soit sa composition chimique. C'est sa forme physique seule qui entre en jeu dans les troubles pathologiques qu'il déclenche, troubles dont l’intensité dépend de l'abondance, de la quantité du floculat et de la rapidité, de l'allure de son introduction dans les vaisseaux. » Ainsi la théorie d'HEUBNER repose sur un mécanisme très général. La question est de savoir si elle est applicable à l'or.
Cette étude fut entreprise par SCHRÔÜDER, puis par FELDT et ELLINGER. Les conclusions furent négatives. Sans doute, il est possible que le métal possède une influence plus ou moins irritante sur la paroi des petits vaisseaux qui traversent les régions infiltrées. Mais il ne réalise jamais la destruction toxique, isolante, qu'avait décrite Heugner. En effet, ni les autopsies d'animaux morts au cours d’une intoxication aiguë par l'or, ni les analyses
chimiques, ni l’observation histologique des vaisseaux mésentériques de la grenouille vivante, ne. furent démonstratives. Les expériences pratiquées sur les capillaires suivant là technique de FENDLENBOURG ne furent pas plus probantes. Aucune de ces recherches ne permit d'observer un effet toxique profond de l’or sur les petits vaisseaux. Les travaux entrepris par GELPKE, dans le propre laboratoire d'HEUBNER, furent également négatifs. Dans aucun cas, GELPKE ne put obtenir les bouleversements ni les ruptures vasculaires décrites par l’auteur de la théorie toxique. Il ne constata jamais — avec l'or — des dégats anatomiques d’un processus analogue à celui qu'avait observé HEUBNER sur le mésentère des grenouilles traitées par d’autres métaux lourds.