GÉNÉRALITÉS
Les dérivés iodiques sont utilisés dans le traitement de lPAmibiase depuis fort longtemps. Les premiers essais, en effet, furent publiés, en juin 1929, par MuxLexs et MEXK, dans le « Munschner Medizinische Wochenchrift », ces deux auteurs ayant expérimenté sur l’acide-7-iodo-8-oxyquinoléine-5-sulfonique, ou Yatrène 105 de l’Institut Behring.
À la même époque apparurent en France le Mixiod et le Rexiod, présentant les mêmes propriétés ; mais pour vulgariser l’emploi de ces dérivés iodiques, il fallut attendre la Thèse de SCHWARTZ, inspirée par CARNOT (Lyon, 1929), ainsi que l’article de notre maître SAVY, paru en 1930, dans le « Journal Médical de Lyon ».
À leur suite, un assez grand nombre de substances dérivées des oxyquinoléines iodiques on été tour à tour prônées et utilisées avec des fortunes diverses ; nous citerons seulement, après l’acide iodo-quinoléine-sulfonique ou Yatrène :
Le bismutho-8-oxyquinoléine ou Entéro-Vioforme ;
L’iodochloroxyquinoléine ou Binoxol ;
L’acide-7-iodo-8-oxyquinoléine-5-sulfonique ou Amybdine ;
Le dioxyphène iodo-sulfonate de KOH ou Amiphène, corps dans lesquels la proportion d’iode pur varie de 28 % à 40 %.
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On a cru pendant longtemps que l’action amæbicide de ces corps était due à la présence en leur sein de sulfate d’oxyquinoléine. C’est le mérite des médecins américains d’avoir démontré que celle-ci était, en réalité, fonction de leur richesse en iode. Cette donnée les incita à étudier de nouveaux corps présentant encore de plus fortes teneurs en iode et leurs recherches aboutirent à la mise au point du Diiodoquin, contenant 63 % d’iode, dans lequel le radical soufré était remplacé par une molécule d’iode.
Dans la pratique, les médicaments amoæbicides iodiques ont été plus volontiers réservés pour le traitement des Amibiases coliques et surtout pour le traitement de l’'Amibiase Infestation, dirigé contre les classiques « porteurs de germes » et tous les auteurs s’accordent à reconnaître qu’il s’agit là de leur indication majeure.
Pourquoi cette spécialisation dans les indications ? L’explication qui paraît pouvoir être donnée réside vraisemblablement dans le mode d’élimination des oxyquinoléines iodiques. Cette élimination s’opère surtout par voie intestinale. Ces corps sont insolubles ou mal solubles et leur diffusibilité est minime : ainsi s’explique-t-on aïisément pourquoi l’atteinte hépatique ne saurait être traitée par des médications incapables d’arriver au contact de lamibe histolytique dans son habitat hépatique ou, si elles y arrivent, c’est en quantité si minime que leur efficacité est quasi nulle.
L’idée poursuivie alors par notre maître, le Professeur BLANC, fut la suivante : les iodiques paraissant, dans leurs formes, insolubles ou peu solubles, d’un incontestable pouvoir à l’endroit des amibes du gros intestin — qu’elles soient pathogènes (histolytiques dans la paroi) ou qu’elles soient banalement saprophytes (tétragènes dans le mucus ou le bol fécal) — il était donc raisonnable de penser que les amibes histolytiques, au niveau du foie, pourraient être éventuellement détruites par les iodiques, à la condition primordiale qu’il s'agisse de dérivés solubles et diffusibles.
Or, la Pharmacopée possède de telles substances, dont la teneur en iode, la grande diffusibilité et l’inocuité absolue sont parfaitement connues. La thérapeutique les oppose depuis fort longtemps aux divers processus scléro-
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gènes à point de départ vasculaire et elles ont, peu à peu, remplacé dans ces traitements les iodures alcalins classiques, dont on connaît l’agressivité digestive, la saveur détestable et les troubles d’iodisme qu’ils entraînent très souvent.
Il était légitime et séduisant d’en tenter l’utilisation dans le traitement de l’amibiase hépatique. Parmi les substances que leur haute teneur en iode désignait pour cet essai figurent notamment :
L'iodopropanolsulfonate de soude, qui renferme 40 % d’iode métalloïdique ; son action est immédiate et intensive ; il n’entraîne aucune intolérance.
L'iodobenzométhylformine, permettant à dla fois l’action de l’iode et de l’hexaméthylènetétramine ; il renferme 42 % d’iode ; il est en outre un puissant tonique cardiaque.
L'association : iodobenzométhylformine (0,250) iodure de sodium (0,221)
Les associations d’iode avec les corps les plus divers : iodométhylate de théophylline, iodométhylate d’hexamine (45 % d’iode), orthoiodobenzoate de soude, iodocitrane, iodone, etc.
Parmi tous ces corps, nous avons surtout utilisé dans notre expérimentation :
Le Iodopropanolsulfonate de soude et
Le Iodobenzométhylformine, mais il demeure bien évident que les autres corps sont sensiblement doués des mêmes propriétés et que leurs résultats ne doivent pas être en désaccord avec ceux-ci que nous avons étudiés.
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