I. Genèse de la méthode de Goldkorn
Goldkorn a été amené à concevoir l’utilisation du benzoate de soude par les considérations suivantes :
1°’ Innocuité du benzoate de soude en injection intra-veineuse vis-à-vis de l’homme, démontrée par Bazzano dans le traitement de l’ulcère gastrique ;
2° L’action pharmacodynamique directe des injections intraveineuses d’un balsamique comme le ben-
zoate de soude sur le parenchyme pulmonaire, méri-
tait d’être vérifiée, d'autant plus que cette introduction se fait sans interposition de l'appareil digestif et du foie, où les composés benzoïques subissent habituellement des modifications chimiques ;
3° Le benzoate de soude a une éminente action antiputride, ce qui explique qu’il soit employé dans l'industrie gastronomique.
Goldkorn se mit à injecter le benzoate de soude à des phtisiques. Il constata la bénignité complète de la méthode et la diminution progressive et constante des crachats. Il a été frappé par le fait que des sensa-, tions subjectives du malade, gustatives et olfactives, coïncidaient avec la meilleure action pharmacodynamique. L’auteur en a conclu que ces sensations étaient dues à la saturation du parenchyme pulmonaire par le benzoate de soude qui, après avoir saturé le poumon, s’exhale à travers le tissu respiratoire, probablement sous forme d’acide benzoïque.
C’est à la suite de ces sünples expériences et de ces simples conclusions qu’il aborda le traitement des abcès du poumon par les injections intraveineuses
de benzoate de soude.