‹ Le Traitement des Abcès du Poumon par le Benzoate de SoudeChapitre 11 sur 18 · II. Exposé de la méthode Goldkorn · texte numérisé non relu

II. Exposé de la méthode Goldkorn

Goldkorn injecte le benzoate de soude par voie intraveineuse. La dose moyenne dans les abcès du poumon est de 20 cc. d’une solution à 20 % par jour (4 grammes de benzoate de soude en substance).

Ce n’est pas toutefois la dose maxima.

Quand les «symptomes de la saturation» (sensations gustatives et olfactives consistant en une odeur ou une saveur aiguë et agréable ; les malades comparent leur sensation à l’odeur de l’eau de Cologne, de l’éther; ceux qui sont plus intelligents affirment avoir senti l’odeur et la saveur de la résine) se manifestent nettement, on a atteint la dose suffisante.

Dans les gangrènes établies, on peut injecter deux fois par jour 20 cc. L’amélioration atteinte, on se contentera d’une injection par jour.

La technique des injections est très importante. Il faut injecter très lentement en faisant plusieurs fois refluer le sang dans la seringue (le sang ne coagule pas dans la solution de benzoate de soude). Une injection de 20 cc. doit durer cinq minutes au moins. Il est quelquefois indispensable de faire durer l'injection un quart d'heure.

La pureté de la préparation est d’une importance extrême. « Parmi les préparations en vente chez nous (Pologne), dit Goldkorn, c’est le « natrium benzoïicum

purissimum », de Heyden, qui était le meilleur. »

Les préparations impures peuvent provoquer des frissons et de la fièvre. L’emploi des ampoules est superflu ; on peut préparer les solutions extemporanément.

Les injections se font chaque jour. Dans les cas

aigus, 15 injections suffisent en général ; dans les cas chroniques, il faut en faire environ 36.

PANN7) MER

En général, on continuera les injections de benzoate de soude jusqu’à disparition complète des signes cliniques et radiologiques.

Goldkorn, dans les numéros de la Presse Médicale du 21 décembre 1935 et du 23 janvier 1937, rapporte quelques observations que nous voudrions résumer ci-après, ainsi que quelques observations d’auteurs

français :

Observation 1 (Goldkorn) (Résumée)

Il s’agit d’un malade âgé de 48 ans, vu à l’hôpital » mois après le début de la maladie.

Partie inférieure du poumon droit, souffle cavitaire. Au-dessous râles consonnants.

A la radioscopie : dans cette région, grands foyers d'infiltration, grande cavité remplie de liquide au milieu

de l’infiltration.

Après novarsénobenzol, alcool, émétine, sans aucun résultat radiologique, quelques injections de benzoate de soude à 20 % par 20 cc. Amélioration immédiate. Après 20 injections, température redevenue normale. Encore 12 injections et le malade cesse complètement de cracher. Examen clinique devient négatif.

A la radioscopie, cicatrisation complète des lésions. ‘ Les examens sanguins montrent le retour net à la nor-

male.

honte

Observation 2 (Goldkorn). (Résumée)

M. G. L.., 81 ans, vu 7 semaines après le début.

Admis à l’hôpital avec le diagnostic de pleurésie purulente. Cependant, la radiographie a démontré la présence d’un abcès du poumon.

Souffle tubaire avec nuance cavitaire.

Deux mois et demi après le début de la maladie 15 injections de benzoate de soude, 20 cc. à 20 Z quotidiennement. Amélioration clinique ainsi que radioscopique nettes. Suspension plusieurs semaines du traitement par suite d’inacessibilité des veines. Des signes discrets persistent.

Encore 15 injections à 20 ce., disparition complète des souffles pathologiques.

Nouveau cliché : cicatrisation des lésions.

Observation 3 (Goldkorn) (Résumée)

Mme S. R.., 32 ans, malade depuis 3 mois, lors de son admission à l’hôpital, mais l’affection pulmonaire ne daterait que de 3 semaines. Température dépasse 40°. Sub-matité considérable à droite, souffle tubaire avec nuance cavitaire, râles bulleux et gargouillement. Radiographie : infiltration massive du lobe droit supérieur, des cavités au milieu de l’infiltration. Etat général très grave.

Au bout d’une semaine 20 cc. à 20 % de benzoate de soude. Changement favorable immédiat; 10 injections : crachats de 300 cc. baïssent à 25 ce. Interruption de la

cure 5 jours. 12 injections furent suivies de la convalescence.

Au bout d’un mois : radiographie : cicatrisation des grandes cavités.

Un an après le malade se porte parfaitement bien.

Observation 4 (Goldkorn) (Résumée)

M. C. L.…., 16 ans: début 4 semaines auparavant. Crachats 200-300 cmc. par vingt-quatre heures. Radioscopie : opacité de la moitié inférieure du champ pulmonaire gauche. Au-dessus de l’opacité, couche mobile d’un liquide. Cure d’alcool complètement négative, 8 injections d’émétine sans effet.

Après 10 injections intraveineuses de benzoate de soude (20 cmc. à 20 % par jour) résultat éclatant, le malade gagne 4 kgs 1/2 en 10 jours. Opacité insignifiante au-dessus du diaphragme gauche.

Après 20 injections en tout, convalescence complète.

Radiographie : champs pulmonaires clairs.

Observation 5 (Goldkorn) (Résumée)

M. L. R.., 16 ans. Abcès sous-claviculaire du poumon gauche. Grande cavité sous la clavicule. Neuf semaines après le début de la maladie, on fait 12 injections intraveineuses de benzoate de soude; 15 à 25 cmc. d’une solution à 20 % tous les jours. Après cela, reprise très nette de l’appétit, la radiographie démontre une

cicatrisation de la cavité.

sil a

On fait en tout 25 injections; convalescence normale. Un nouveau cliché démontre la progression de l’amélio-

ration.

Observation 6 (Goldkorn) (Résumée)

A. A... 31 ans, fiévreux depuis cinq mois. Moitié inférieure du poumon gauche, matité et nombreux râles.

Radioscopie : ombre dense, cavité avec contenu louche. Après 180 gr. de benzoate de soude au cours de cinq semaines, le malade quitte l’hôpital en état de convalescence.

A ce moment : radioscopie : champ pulmonaire tout à fait clair.

Le malade est resté sous notre observation pendant 1 an, il se porte bien et travaille. Huit mois après, un

cliché donne une image radiologique normale.

Observation 7 (Goldkorn) (Résumée)

J. K.., 40 ans. Venu à l’hôpital trois semaines après le début rapide de la maladie. Expectoration copieuse de crachats fétides, submatité de la base gauche avec beaucoup de râles bulleux et gargouillement.

Cliché : opacification étendue de la base gauche avec nombreuses éclaircies en bas.

Cinq semaines de traitement par le novarsénobenzol et l’émétine sans résultat.

Six semaines après le début de la maladie, 15 cmc. de la solution à 20 % de benzoate de soude, puis 35 cmc.

no) 7 fes

par jour. APFÉS denx semaines de ce fraitement, disparition de la densité. Traitement continué deux semaines par suite des rechutes. Depuis une année, le malade tra- Yale gt se sfpt parfaitement bien.

Observation 8 (Carles, Massières et Baron, Bordeaux) (Résumée) |

M°° F. D... âgée de 40 ans, début vers le 15 novembre brusquement. Nuit du 2 au 3 décembre demi-verre de pus verdâtre. Elle rentre à hôpital quelques jours après une anurie totale, dyspnée notable, deux crachoirs par jour, odeur nauséabonde. | 2

D droit : ne caverneux avec couronne de râles fins.

| Radiographie : aire d’opacification à cheval sur le lobe supérieur et le lobe moyen. En son milieu image cavitaire avec niveau liquidien.

Après une cure sans résultat et même aggrayante d'alcool suivi de soufre colloïdal, on fait 22 injections de ‘benzoate de soude associées au gaïacamphre du 2 janvier au 4 février. Les signes cliniques s’améliorent, l’image cavitaire se débarrasse de son niveau liquidien. Une nn grd bis fit 18 février contrôle amélioration. On a pu bientôt parler de guérison.

OBSERVATION 9 (Creyx et Ringenbach, Bordeaux) (Résumée)

dans le service de M. le professeur Greyx pour fétidité

M: D, Marguerite, 51 ans, entre le 26 août 1935,

Gr ee

de l’haleine. Le 10 juillet, douleur brusque du sommet droit durant une quinzaine de jours.

Le 3 septembre, légère hémoptysie, de même les 9 et 11. Amendement jusqu’au 25 octobre, puis nouvelles hémoptysies. 40° le 1° novembre.

Auscultation toujours négative.

Traitement par le novarsénol et l’émétine en novembre et décembre 1935. Amélioration, puis reprise à partir du 3 janvier, mauvais état général.

Du 19 janvier au 8 février, on fait 240 grammes de benzoate de soude (40 cc. par jour à 20 %).

Malgré ce traitement, température entre 37°5 et 38°5, légères hémoptysies. Dernières injections mal supportées.

Enfin, après un point de côté violent les 11 et 12 février, l’état général s'améliore, bien qu’avec persistance de la toux, expectoration, odeur fétide de l’haleine et fièvre.

Les radiographies ne marquent pas*une amélioration bien sensible, l’opacité est moins étendue, plus aucune trace de lipiodol.

Observation 10 (Creyx et Ringenbach, Bordeaux) | (Résumée)

M"° G.. Alexandrine, 58 ans, entre le 16 janvier 1936 à l’hôpital. Elle avait pris froid le 25 décembre 1935 et avait du s’aliter. Quelques râles fins à la partie moyenne du poumon droit, craquements humides.

Du 9 février au 5 mars 1935, 25 injections intraveineuses de 10 à 30 cc. d’une solution à 20 % de benzoate

de soude très pur associé au sparto-camphre et du 19 au 28 février 10 injections de cacodylate de gaïacol (à 0 gr. 05).

L’état général s’améliore considérablement: Le 2 mars, foyer de râles sous-crépitants fins. A partir du 18 mars, état général excellent, mais le 8 avril, clocher thermique à 40°.

Le 12, apyrexie complète. Depuis malade très améliorée, mais quelques râles humides caverneux sont tou-. jours perceptibles à l’auscultation.

Radiographie n° 1 (5 février 1936) : opacité au niveau de la région scissurale droite. De profil, image opaque au niveau de la région inférieure du lobe moyen.

Radiographie n° 2 (Lipiodol, 12 février 1936) : au niveau de l’image opaque, aucune injection au lipiodol.

Radiographie n° 3 (19 février 1936) : région opaque très éclairée. Images lipiodolées encore au niveau des alvéoles, et de profil, apparence de rétention de lipiodol au niveau de la languette du lobe moyen. Evacuation de cette région probablement gênée par la masse opaque.

Radiographie n° 4 (1° avril 1936) : images identiques à celles du 19 février 1936 (professeur agrégé Wan-

germezZ).

Observation 11 (Maurice Perrin, Pierre Briquel et Georges Castelain) B.., 39 ans, pleurésie purulente post-pneumonique,

pus à pneumocoque. Le surlendemain de la première ponction, fistulisation dans une bronche et expectora-

tjon abondante, quoique sans yomique vraie. Températire 480 à 500 LU |

Pour tenter d'éviter la pleurotomie, on fait (tout en continuant une médication toni-cardiaque préventive), une injection intraveineuse de 20 cmc. de la solution de benzoate de soude à 10 %. Elle n est pas douloureuse, mais presque aussitôt le malade tremble et accuse une sensation d’angoisse telle qu’on appelle l’aumônier; le pouls ne paraît pas modifié, la face est congestionnée. Les malaises ont duré un quart d’heure. |

Pendant le reste de la journée, la toux et l’expectoration génèrent beaucoup le malade, plus que le matin. Le soir, la température s ’abaissa à 37°5. Elle est remontée à 38°9 le lendemain matin.

Une deuxième injection, demandée par le malade est faite trois jours après la première; 10 eme. seulement;

elle est suivie des mêmes incidents et n’influence en

rien la toux, la température, l’expectoration. Le malade accepte alors d’être transféré dans un service de chirurgie, où la pleurotomie est pratiquée; elle û : ‘ FOUT : à Hit ii 1-#ttre € 7 100 est suivie de guérison.

Observation 12

(Maurice Perrin, René Briquel et Georges Castelain)

P.. est atteint de dilatation bronchique avec expectoration - rebelle et très abondante (5 crachoirs par jour). Cette expectoration est muqueuse avec quelques éléments purulents. Température subfébrile et clochers thermiques fréquents. | |

Des injections intraveirieuses de benzoate de soude sont entreprises, mais elles sont rendues difficiles par l'é trôitesse et 14 sclérose des Veinies du malade.

Prethière injection : 10 &me, elle est detiloureuge : on eSt obligé de S’artêter à Piusiéurs reprises, à cause de sensations de brûlures dan$ tout le bras: Pas d’incidents après l'injection.

Le malade ne crache plus que 2 crachoirs, il &e dit mieux.

Deuxième injection, le Surléndemain encore très douloureuse. Mêmes suites. D’autres furent faites, toujours douloureuses et de plus en plus difficiles. Leur effet sur lexpectoration fut moins net; celle-ci redevint vite très abondante.

ObServation 13

(Maurice Perrin, Pierre Briquel et G. Castelain)

K., 38 äns, madnŒœuvre. Foyer dense à la partie oyenne dü poumon droit, én ärrière, entouré d’une zoné itiflanitnatüire. Expectorätion assez äbondänte, banale. Téfipÿérature irrégulière äütour de 38°-38°5. La liniite nette de l’épacité radiologique est en faveur de l’hypothèse d’un néoplasme, mais l’idée d’ün abcès pülmôütiaire n’est pas exclue. La bronchôscopié faite ensuite fie coffirme ps celle-ci.

__ L'expectoration va en augmentant et résiste äüx iédications usüellés. Une injection de 20 cmc. dé benzoate de soude à 10 % eët faite $elün la téchniqte habituélle. Des la premièré gôutte iftrodüite dans là veine, le malade accuse un malaise angoissant, il palit brüs-

à RS Re

quement, son pouls passe de 90 à 110, sa main se crispe et il la dit très douloureuse, ainsi que le poignet. Cette crispation de la main a rendu l’injection plus difficile; celle-ci a été faite très lentement et a duré environ 5 minutes. Les malaises ont cessé quelques instants après l'injection, mais la douleur du poignet et de la main a duré plusieurs heures.

Le souvenir de cette injection a été tel que le malade a refusé toute autre piqûre.

L’autopsie a montré un cancer ulcéré sous-pleural.

Observation 14 (Quénardel, avril 1938)

D... Thi T.., 49 ans, entre à l’hôpital de Nam-Dinh le 23 mars, étant tombée malade 5 jours auparavant. Elle avait, le matin, craché quelques cuillères à soupe de sang.

Diagnostic clinique : bronchite suspecte. La radio décèle une cupule opaque, remplissant une partie de l’hémithorax droit, et au niveau de la moitié inférieure droite un pneumothorax. Le lendemain, elle crache 50 ce. de pus. Diagnostic : abcès du poumon.

Examen clinique : silence respiratoire, souffle caverneux à la percussion, sonorité exagérée, signant l’existence d’un pneumothorax. Traitement immédiat par le benzoate de soude intraveineux à doses croissantes (5 cc. ce premier jour).

Le 5 avril, amélioration évidente. Elle expectore encore 50 cc. par jour, matin et soir.

Elle reçoit alors 20 cc. de solution de benzoate de soude,

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