‹ Le Traitement des Abcès du Poumon par le Benzoate de SoudeChapitre 12 sur 18 · ARCS PAR · texte numérisé non relu

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Le 9 avril, notable diminution des proportions de Pabcès.

L'amélioration progresse chaque jour, l’expectoration n’a plus lieu que le matin, attitude la plus favorable à l’expectoratoin, celle de la position penchée en avant, tête très basse.

Le 18 avril, toute expectoration cessait.

Les dix derniers jours, elle reçoit quotidiennement une injection intraveineuse de 30 cc. de benzoate.

Au dernier examen radiologique pratiqué le 22 avril, on note que « l’image opaque du deuxième espace intercostal droit a presque entièrement disparu, il n’en subsiste plus que quelques fragments disloqués de faible densité et de petit volume » et qu’il n’existe « plus de traces de pneumothorax ».

Observation 15 du service de M. le Professeur Troister

E. J., 46 ans.

Envoyé du service Ramond, le 5 novembre 1937, pour abcès du poumon et pleurésie purulente.

Son histoire pulmonaire a débuté il y a un mois par un malaise subit qui l’oblige à s’aliter. On fait alors le diagnostic de congestion pulmonaire. La température était à 39°, toux, expectoration peu abondante, d’aspect banal. ;

Le 25 octobre, l’expectoration devient brunâtre, purulente, fétide, abondante. L’haleine est également fétide.

Après radiographie, radioscopie et examen des crachats, il est hospitalisé d’urgence.

Le 2 novembre, il fait une vomique. .

nf. Ve

Dans $e$ antécédents, on note qu'il est gazé de guerre, qu’il a une bronchite chronique, qu’il y a 3 ans, il à eu une congestion pulmonaire, que son père est mort de pleurésie purülente:

L'examen révèle une Submatité droite avec, au dessous, à la pointe de l’omoplate, des râles ronflants et sibilants. Le cœur présente des bruits assourdis et le foie est abaissé de deux travers d8 doigt.

Le 8 novembre, les crachats deviennent plus clairs, avec une sédimentation en deux couches.

L'examen montre une matité suspendue avec diminution des vibrations vocales, une respiration soufflänte et des râles à ce niveau.

Le 11 novembre, les crachats Sont toujours abondants et fétides, mais perdent leur coloration brunâtre.

Voici son traitement :

Les 6, 7, 8 novenibre, il recoit 90 gouttes de teinture d’ail et 3 grammes d’hyposulfite par jour. La température, de 39°4 le 6, tombe le 9 à 38°4. Le 10, elle remonte à 39°6: le 11, on donne de l'huile eucalyptolée et 10 cc. d'alcool intraveineux. Ce dernier est arrêté le 14, le traitement hüile et alcool est répété, les 15, 16, 17, 18, 19, 20 hovembre. La température descend en lysis jusqu’à 37°3 le 20. Le 29, elle est à 39°5, le 23 à 38°2 Île matin, 38°8 le Soir.

Le 24, on commence lemploi du benzoate de soude inträveineux à à la dose de 2 grammes avec hüile goménolée dans le nez. I en est ainsi 16 95, le 96. Le 27, il n’y a pas d'huile. Le 98, aticun traitement. Les 29, 30, 1* décembre, 2, 3, 4, 5, 6; 7: 8, lé benzoate | de soude est donné. Le poids du malade est; le 29 novembre, de

Ji £thot}is

dessous. A Bart du 2 décembre, où il ÿ à un léger crochet à 37°8, elle est devenue normale. Aussi, le 9 décembre, où le malade atteint 50 kil. 500; la dose de benzoate de soude est-elle réduite à 5 cc. par jour. Suspension du benzoate le 12. Le 13, 5 cc, et le 14. Le 15, on arrête le benZoate. M. J. pèse 5i kil. 200. La température est normale: Le 21, son poids est de 52 kil. 500 ; le 27, 53 kilogs. Le 31 décembre, on redonne 5 cc. de benzoäte intraveineux jusqu’au 9 janvier. Le 4, on y ajouta de l’arrhérhapectine. M. J. pèse 54 kilos ; le 11, 54 kil. 500 ; le 16, 55 kilogs.

La température, sauf un léger crochet à 37°8 le 17, est normale toujours. Elle le demeure sans benzoate et le malade pèse 56 kilogs le 25 janvier. Les 27, 28, il fait 38°2, 38° le 29 et le 31. Aussi, le 27, prend-t-il de l’hyposulfite par voie buccale. De même, le 28, avec 5 cc. de benzoate de soude intraveineux. Le 29, hyposulfite. Le 1° février, huile eucalyptolée. Il pèse 56 kilos. L'huile eucalyptolée est adiinistrée du 2 au 5, arrêt le 6, reprise le 7; 5 ce. Il pèse 56 kil. 500. Sa température se inaintient au-dessous de 38°, sauf le 14 février avec 38°, le 1° mars 38°6, le 3 mars 38°2. Le malade est renvoyé le 9 riärs 1938. Le 23 mars, on apprend qu’il est en convalescence à Vence (Alpes-Maritimes) dans un préventorium.

L’Anälyse du Sang le 30 hovembre, ävait montré Ô gr. 20 d’ürée pär litre. Le 18 novembre; les crachats montraient : flore microbiehné abondante et variée :

Ses res

pneumo, staphylo, bacilles à Gram positif et négatif, pas de spirochètes. En Vallon, assez nombreuses colonies. Le docteur Braunberger, le 5 novembre 1937, lui avait conseillé l’hôpital pour abcès du poumon et pleurésie purulente. On diagnostiqua un abcès du poumon du sommet droit.

Nous n’avons malheureusement pas trouvé le résultat des examens radioscopiques et radiographiques.

En résumé et pour conclusion, nous savons grâce à l’amabilité de la surveillante du service que M. J. envoyé à Vence avec toutes les apparences de la guérison, y est décédé trois semaines environ après son arrivée d’une vomique foudroyante.

Examinées par moi, j’ai pensé qu'après l’administration de benzoate, les radiographies se nettoyaient peutêtre un tout petit peu. M. Bourrelière, interne du service, pense que pratiquement la différence est nulle.

Observation 16 du service de M. le Professeur Troisier

L. B., 40 ans, entre dans le .service le 13 avril 1939, pour un abcès du poumon qui a débuté en 1936.

Le 3 juin 1936, le malade fait une congestion pulmonaire avec grosse hémoptysie, avec fièvre à 39° et expectoration abondante, purulente, un peu fétide. Ces signes joints aux renseignements de la radiographie font faire le diagnostic d’abcès du poumon.

Cet épisode dure trois semaines, puis, au mois de

juillet, il reprend son travail et se porte assez bien. Il travaille jusqu’au 27 juillet.

RARES St

Il rechute au mois de septembre, par une journée fébrile et une vomique.

Le 17 septembre 1936, un cliché des poumons montre: à droite, quelques taches, «un grain de plomb» dans

. la région sous-claviculaire, une masse dense de la dimen-

sion d’une grosse prune reliée au hile par un pédicule; à gauche, quelques taches denses dans le sommet. Le malade entre salle Hanot, le 29 octobre 1936.

Au cours de ce séjour, il est mieux. Son expectoration est moins abondante, vingt fois par jour, moins fétide.

Plusieurs radiographies sont pratiquées (30 octobre 1936, 2 novembre 1936), face et profil.

Un lipiodol est fait, suivi d’un examen radiographique de face et de profil. Il est à peu près normal et a un bon effet fonctionnel, sauf quelques aspects cylindroïdes très discrets de la région de l’ancien abcès.

Le malade sort de l’hôpital le 28 novembre 1936.

En 1937, dans l’ensemble, l’état est amélioré. M. L. B. peut travailler malgré quelques rechutes apyrétiques, avec expectoration fétide par intermittence et petites hémoptysies.

Il est suivi au Dispensaire.

Une radio du 26 octobre 1937 donne une image à peu près identique aux précédentes. L’auscultation est négative.

Il reprend son travail du 21 décembre au 28 janvier 1938 (chauffeur de taxi).

En 1938 :

Le 3 mars, le malade va consulter au dispensaire, et devant la fétidité de l’haleine, le docteur Azoufay

Ve

décide de faire un ñnoüveau lipiodol suivi de radio, le 5 mars 1938.

Le surlendemain, accès de fièvre.

Le 21 avril, tousse moins, expectoration ftioins abondante, moins fétide ; e

Le 1° mai, vomique ;

Le 12 mai, rechute avec fièvre; il est hospitalisé.

Bronchoscopie, radio, résultat : abcès volumineux.

Pendant 12 jours, petites hémoptysies quotidiennes de 50 à 60 grammes.

Juillet 1938 : deuxième bronchoscopie.

Août : reprend son travail; a repris son poids.

Novembre 1938: expectoration sanglante de quelques jours.

13 décembre : rechute 39°.

Trois jours après, hémoptysie abondante de 400 à 500 cc.

Une semaine plus tard, hémoptysie un peu moins abondante.

Etat fébrile jusqu’en mars 1939.

Le malade entre à nouveau à l'hôpital le 13 avril 1939, à l’occasion de la réapparition de sang dans les crachats. Depuis son entrée, il crache moins, 90 à 150 crachats par jour, crachats épais, purulents, non aérés. À deux reprises, il a présenté à nouveau un peu de sang dans son expectoration. On observe une fétidité intermittente le matin seulement.

Durant son séjour, il a grossi de 6 à 7 kilogs.

Examen.

Signes fonctionnels : douleurs thoraciques de là région antéro-latérale droite, surtout à la base, dans la

région interscapulo-vertébrale. Il tousse surtout le matin. KE | : PARTS

Signes physiques : matité partie postérieure et supérieure du poumon droit et apparition des vibrations vocales à ce niveau, et gros souffle à prédominance inspiratoire. |

Antécédents :

Résumé : chancre syphilitique de la verge en 1919. Trois examens de sang négatifs (avant mariage).

Traitement :

M. B.. a recu de nombreux médicaments. Citons-les, sans garantir de ne pas en oublier : lipiodol pour l’examen, dionine, hypophyse, arrhémapectine, ozothine, aspirine et novocaïne, bufox, rayons, foie de veau, julep, codéine, solu-camphre, eucalyptine, uroscorbine, novar, teinture d’ail, alcool intraveineux, émétine, transfusion de sérum antidiphtérique, ampoules d’hémocoagulum, sérum glucosé, digitaline, hépatrol, huile camphrée, dagenan, hémopylore, héparmone, strychnine. Il a fait de la cure déclive.

On est frappé d’une note dans son dossier : échec du sulfamide.

Le 11 mars 1937, on décide le benzoate de soude intraveineux qui est bien supporté, sauf de légers troubles visuels pendant l’injection. Cette décision vient après une nouvelle rechute, expectoration fétide, petite hémoptysie, peu de température. Le 8 avril 1937, il va bien et peut travailler.

Ce premier essai du benzoate est donc concluant.

RS

Il en reçoit encore du 26 mai 1938 au 10 juin 1938, du 25 novembre au 7 décembre 1939 avec quelques jours d'exception.

Après ce deuxième essai, la température, après neuf jours, est descendue et s’est maintenue, sauf de très légers écarts et très rares jusqu’au 46° jour après la dernière injection. Le poids, par contre, descend de 69 à 67 kilos.

Le troisième essai est encore moins encourageant que le deuxième, la température baisse, puis remonte.

Le malade se désensibiliserait peut-être au benzoate, comme il advient de nombreux médicaments, phénomène bien connu du « mithridatisme ».

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