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Voiàin^ La pression artérielle

502 LA PRATIQUB WmÂlTEMËNT.

de certains troubles fonctionnels, dont la gravité n'est pas négligeable, puisqu'ils peuvent provoquer la mort subite.

Ces troubles consistent dans une tendance wûx syncopes et aux vertiges, par suite de l'état de vaso^onstrieiùm des petites artères ; le resserrement extrême des petits vaissetox artériels diminue l'apport du sang aux organes et y provoque un état d'ischémiey d'où pâleur de la peau et anémie des centres nerveux.

Ces troubles sont inverses de ceux qui caractérisent les troubles circulatoires chez les « mitraux » , où la tension artérielle est abaissée, tandis qu'elle est exagérée chez les aortiques. Ils s'expliquent par une irritation réflexe des centres nerveux cardio-vasculaires, dont le point de départ serait dans les filets sensitifs de l'orifice aortique, soumis au contact de l'exsudat inflammatoire auquel est due la lésion valvulaire*.

Quelle qu'en soit la cause, l'état d'excitation permanente que présentent le cœur et les artères, chez les «^aortiques », se traduit par un phénomène caractéristique, la violence des pulsations artérielles, l'état « bondissant i> et la fréquence du pouls. On sait qu'on a donné le nom de danse des artères , à cette manifestation très apparente, même à l'œil, chez certains sujets, de l'excitation cardio-vasculaire, dans l'insuffisance aortique.

Chez l'homme sain, quand le cœur ne subit aucune excitation, le pouls est d'autant plus violent, au contact du doigt qui l'explore, et d'autant plus élevé dans les tracés sphygmographiques, (|ue l'artère est moins tendue et résiste moins à l'ondée sanguine. Chez V a aortique », le pouls est très violent et son tracé très élevé, malgré l'excès de tension

i . Voir les travaux de Potain etF.-Franck ; voir aussi Huchard, lue. ciL

de l'artère; parce que la poussée du ventricule est augmentée d'une manière anormale par l'excitation du cœur.

L'excitation permanente du cœur et des artères et Taugmentation permanente de la tension artérielle, sont donc les deux caractères particuliers qu'offre la circulation du sang, dans les lésions de l'orifice aortique bien compensées.

Plus tard, quand l'épuisement du cœur a détruit la compensation, on voit s'établir des conditions inverses, qui donnent à l'asystolie des « aorliques » une physionomie semblable à

Fig. 53. — Le pouls aortique.

celle des « mitraux » : la tension artérielle baisse et la tension veineuse augmente, chez les premiers aussi bien que chez les seconds.

11 résulte de là que les aortiques et les mitraux sont justiciables du même traitement, dans la période où l'asystolie s'e«t déclarée ou est imminente, c'est-à-dire quand le cœur a faibli. Tandis que, dans la période de compensation, les indications sont tout à fait différentes.

Il faut être beaucoup plus réservé dans la prescription des exercices généraux et des exercices de sport pour les aortiques que pour les mitraux; car ces exercices agissent toujours en excitant le cœur. Si cette excitation, quand elle est modérée présente des avantages pour les mitraux, dont elle fortifie le myocarde et consolide la compensation, elle est toujours inutile et le plus souvent dangereuse pour les aortiques, déjà

atteints d'éréthisme cardiaque permanent, et dont le myocarde est toujours hypertrophié au maximum.

De même, chez les aortiques, en se basant sur ce fait que, la tension artérielle est plus élevée^quc la tension veineuse, il faut chercher à diminuer la vaso-constriction des capillaires; et nous savons que la cure de mouvements y parvient par deux procédés : 1^ les mouvements actifs, périphériques, doux et localisés; 2"^ les massages superficiels et les frictions.

Enfin les mouvements de respiration forcée, qui soulagent la dyspnée des « mitraux » et leur sont d'une grande utilité pour faire cesser les stases pulmonaires, ne devront être employés, chez les aortiques, que dans la période où la défaillance du myocarde crée des congestions passives du poumon et les autriBs symptômes de Tasystolie.

Ces mouvements seraient dangereux et d'ailleurs peu efficaces dans la période de compensation. C'est la période où le malade est prédisposé, aux spcopes et les exercices de respiration forcée peuvent produire l'état syncopal; surtout quand ils sont appliqués à l'aide du puissant appareil de Zander, si précieux pour les congestions pulmonaires passives des insuffisances mi traies.

Au reste, la dyspnée des « aortiques » n'est pas comme celle des mitt*aux, due à une cause mécanique telle que le rétrécissement du champ respiratoire par les stases sanguines. Elle est due ; soit à la vaso-constriction des capillaires pulmonaires, soit à l'empoisonnement du sang par les toxines que le rein n'élimine pas suffisamment ; et le mouvement d'inspiration ne soulage guère cette dyspnée qui, du reste, ne se produit pas au repos, tant que dure la période de compensation.

L'hypertrophie « de croissance »

Il est une forme de troubles cardio-vasculaires, qui mérite une mention spéciale dans l'indication de la cure d'exercice, car elle se manifeste à une période de la vie où la gymnastique, le sport et les exercices violents tiennent une place importante, et en quelque sorte officielle, dans l'hygiène de l'individu : c'est V hypertrophie du cœur des adolescents.

On a beaucoup discuté sur la nature des troubles cardiaques que présentent beaucoup d'adolescents, au moment de leur développement et de leur puberté. Pour certains auteurs, c'est une augmentation vraie du volume du cœur; pour d'autres c'est une excitation purement fonctionnelle de l'organe. La plupart s'accordent à interpréter cet état comme le résultat d'une disproportion momentanée entre le volume du cœur et celui du corps tout entier : le cœur serait en avance sur les autres organes, et notamment sur le thorax, pour son développement. Il y aurait ainsi gêne de l'organe, trop volumineux, de la circulation, dans une poitrine trop étroife.

L'indication, dans cette dernière hypothèse, serait de chercher à développer le poumon; pour augmenter l'amplitude du thorax et mettre le cœur « à l'aise », dans une cavité plus grande. On sait que l'exercice est le meilleur moyen de développer le thorax et on sait, d'autre part, que les exercices qui développent le plus la cage thoracique, sont ceux qui stimulent la fonction respiratoire : par conséquent, ceux qui provoquent avec intensité les effets généraux du travail musculaire.

S'il n'y avait d'autre indication que de développer la poitrine, le moyen serait aisé à indiquer : il faudrait prescrire la course et tous les jeux qui font courir; car l'expérience,

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d'accord avec le raisonnement, prouve que ce sont les meilleurs moyens de développement du thorax. — Mais ce sont des exercices qui excitent au maximum l'appareil cardiovasculaire et, justement, l'excitation du cœur et des vaisseaux est le symptôme dominant de l'hypertrophie de croissance.

L'émotivité du cœur et des vaisseaux doit donc être ménagée, chez l'adolescent atteint d'hypertrophie de croissance. 11

Fig. 54. — Pouls de l'Iiypcrtrophic de croissance.

faut, momentanément, lui interdire de se mêler aux jeux athlétiques de ses camarades : nous avons dit combien il est difBcile de résister à 1' « emballement » du sport, quand l'exercice est pris en commun. Il faut lui interdire aussi la gymnastique française, quoique plus méthodique et mieux surveillée que les jeux; parce qu'elle provoque trop souvent l'effort thoraco-abdominal. 11 faut, en un mot, le traiter comme on traiterait un « aortique », dont il a l'éréthisme cardio-vasGulaire, et lui appliquer, comme méthode de choix, la gymnastique suédoise. Là seulement, il trouvera des exercices qui pourront développer le poumon sans l'essouffler et exciter le cœur.

Le commencement de la période « troublée ».

Dans bien des cas, le traitement par l'exercice actif n'a pas besoin d'être précédé d'exercices passifs, et même certains

sujets peuvent être soumis d'emblée à des exercices généraux tels que la marche. Mais ce sont alors des malades moins atteints, et chez lesquels les troubles circulatoires ne sont encore caractérisés que par ce premier degré de gêne circulatoire et de dyspnée qui marque le début de la période troublée, et qu'on a appelé hyposystolieK Le myocard a faibli , mais n'est pas encore en défaillance complète, et la capacité fonctionnelle du cœur est suffisante pour faire face encore à un certain supplément de travail.

Dans ce cas les exercices de marche produisent, sur les congestions passives et les œdèmes des membres inférieurs, un effet beaucoup plus rapide encore que les mouvements locaux de la gymnastique suédoise ; parce qu'ils nécessitent des membres inférieurs un travail beaucoup plus considérable. Ces exercices donnent surtout-des résultats merveilleux chez les individus longtemps immobilisés, soit au lit, soit dans un fauteuil. Sous l'influence de deux ou trois séries d'exercices de marche, on voit diminuer les œdèmes qui interceptaient la circulation dans les membres inférieurs, et le cours du sang veineux tend à se rétablir par disparition de ces obstacles compressifs.

Il va de soi que les exercices de marche se font d'abord sur un terrain plat, et sont d'une lenteur proportionnée à la faible capacité respiratoire du sujet. De même la durée en sera d'abord très courte.

Ces exercices peuvent se faire, au début, dans la chambre même du malade. Trois ou quatre minutes sufQsent souvent pour commencer. Si cette première tentative n'a pas été suivie d'une exagération notable des désordres fonctionnels, du côté du cœur et du poumon, on augmentem le lendemain de deux

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