Griesinger. Traité des maladies mentales, p
4. Brierre de Boismont, De V utilité de la vie de famille dans le traitement de Valiénation mentale et plus spécialement de ses formes tristes (Ann. méd. psych. 1866. t. VII. p. 40).
Mais il convient de se souvenir que même dans la mélancolie simple, les idées de suicide peuvent se manifester brusquement, Ce danger est particulièrement à craindre chez les sujets qui ont une prédisposition héréditaire. 11 est fort important d'interroger avec soin les antécédents particulièrement au point de vue du suicide.
Les psycho-névroses infantiles peuvent aussi tirer le plus grand bénéfice de ce genre de traitement. Le séjour chez des étrangers bien pénétrés de leur rôle permet d'obtenir en même temps que des soins assidus une discipline réglée, bien difficile à obtenir dans la maison paternelle où le principal obstacle se trouve souvent dans l'inéluctable tendresse des parents. Bien souvent, comme le fait justement remarquer Weir Mitchell, la mère est plus difficile à mener que l'enfant; en se soumettant à ses moindres désirs, elle fait fréquemment d'une affection légère une maladie incurable.
Les imbéciles et les idiots trouvent clans les asiles spéciaux un personnel et un matériel plus appropriés au développement intellectuel dont ils sont capables et une émulation qui fait défaut
dans les maisons privées où ils ne peuvent se trouver en contact qu'avec des enfants bien développés qu'ils ne sauraient ni suivre ni imiter (Ireland, Langdon Down1). Le traitement dans l'isolement familial a pourtant pour ces sujets l'avantage de les préserver de la contagion des habitudes vicieuses et de permettre une surveillance plus efficace à cet égard. Il ne faut pas perdre de vue que les imbéciles les plus calmes en apparence, sont toujours sujets à des raptus inattendus dont le danger nécessite une surveillance constante2. — Enfin ce traitement peut convenir aux idiots absolument inéducables. Il est particulièrement applicable aux déments séniles3.
Les épileptiques à accès peu fréquents et sans impulsions dangereuses peuvent aussi profiter de l'isolement dans les habitations privées.
La législature de New-York s'est proposée dans un bill du 29 janvier 1891 de réaliser la
1. Langdon Down. On some of the mental affections of childhood andyouth; 1887. p. 132.
2. A.-R. Douglas, The improvable imbécile : Jtis training and future (The jour n. of mental se, 1899, XLV, p. 1).
3. Stanley Haynes, On domestic treatment of insanity (The practitionner, 1875, t. XV, p. 328).
MALADES POUVANT PROFITER DU TRAITEMENT lb3
fondation d'une colonie pour les épileptiques1.
Les différentes formes d'apathie ou de confusion mentale, celles qui surviennent à la suite des maladies infectieuses, dans la puerpéralité, etc., sont très aptes à être soignées dans les maisons privées.
Bien que les maniaques soient particulièrement difficiles à ménager on ne peut pas dire qu'ils doivent être exclus du traitement en dehors des asiles. « L'influence d'un établissement, dit Guislain, ne convient pas à tous les maniaques indistinctement. Il est des exceptions qu'il ne faut pas perdre de vue. La solitude des nuits, les causeries, les cris, les clameurs des autres malades, l'indifférence des gardiens peuvent sans doute donner lieu à plus d'un obstacle 2 ».
Campbell Clark admet que les cas de manie aiguë sont traités avec plus de succès dans les maisons privées que les cas de mélancolie 3.
Les folies toxiques et celles qui se développent