‹ Le traitement des aliénés dans les famillesChapitre 6 sur 57 · L. V. Marcé, Traité pratique des maladies mentales · texte numérisé non relu

L. V. Marcé, Traité pratique des maladies mentales

ques natures molles, timides, incapables d'une réaction même modérée, des idées de persécution d'abord très limitées, augmenter chaque jour de nombre et d'étendue sous l'influence de la terreur causée par l'isolement dans un asile, et arriver en peu de temps jusqu'à la dépression la plus complète, jusqu'à la stupeur. »

Les établissements privés ne sontpas toujours à F abri du reproche d'agglomération sous prétexte d'isolement; et malgré la protestation d'Esquirol, qui avait des raisons personnelles pour protester, elles ne sont pas complètement blanchies d'autres reproches que leur adressait Ellis1.

La séquestration dans un asile doit être considérée comme une dernière ressource qui peut être imposée par l'impossibilité d'être maître du malade, soit à cause de ses violences, soit à cause de son refus de nourriture2, mais il faut reconnaître que cette impossibilité tient au milieu autant qu'au malade.

i. Ellis, Traité de V aliénation mentale, 1840, p. 293.

2. Banni ster, The home treatment of insanity (Journ. of nervous and mental discases, 1895, XX, p. 718.)

10 l'assistance des aliénés dans les familles

Dans un grand nombre de cas l'isolement est réalisé avec avantage dans la solitude, mais il n'en est pas toujours ainsi. Les obsédés par exemple doivent être le moins possible abandonnés à eux-mêmes ; ils sont susceptibles d'être heureusement influencés par le milieu.

Le travail est indispensable à la plupart des aliénés. « Faites en sorte, disait Leuret1, qu'un aliéné soit si bien occupé qu'il ne puisse pas songera ce qui fait l'objet de son délire; que le reste du temps soit donné au sommeil, et la guérison ne se fera pas longtemps attendre. »

L'organisation du travail manuel, institué par Ferrus, à la ferme Sainte-Anne (1831) et par Bouchet, à Nantes (1835) 2, en occupant dans les ateliers des groupes de malades, sert de dérivatif au regret obsédant de la liberté , atténue la mauvaise impression du voisinage ; mais elle ne supplée pas au manque de plein air.

La création des fermes-asiles, qui permet d'employer un certain nombre de malades aux

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