SUBSTITUTIONS ET PLOMBAGES
Jusqu'à maintenant nous avons étudié des méthodes sanglantes qui, presque toutes, consistaient en greffes ou opérations plastiques où la perte de substance était comblée par des tissus organiés, presque toujours vivants;
Devant la complexité de ces techniques cpératoires et les résultats peu brillants obtenus par elles, d’autres chirurgiens cherchèrent ailleurs le traitement des cavités osseuses des ostéomyélites.
Ils s’adressèrent aux méthodes employées dans l’art dentaire : ils essayèrent d’obturer les cavités osseuses avec des substances inertes non-résorbables. Il y aurait ainsi formation d’un corps étranger malléable ou solidifiable qui s’enkysterait derrière une paroi osseuse formée par le périoste conservé et suturé. Mayer emploie l’'amalgame de cuivre, parce qu'il est léger, non-toxique, vite durci, qu'il est antiseptique et qu'il prend même sur les petils vaisseaux qui saignent.
Trendelenburg a employé le plomb qui a donné des intoxications.
La gutta-percha a été utilisée (E. Martin, de Cologne, Stackow).
Enfin d’autres ont essayé le mastic des vitriers sans résultats et enfin des alliages métalliques employés en chirurgie dentaire (Mauclaire, Marion et Robin).
Mais dans tous ces cas, la non-résorption des substances, leur enkystement exigent une asepsie très absolue et très difficile à réaliser dans Îles cavités d’ostéomyélites. L
D’autres substances au contraire ne restent pas dans la cavité, elles se résorbent progressivement.
Celles-ci sont de deux ordres : les unes appar-
tiennent au monde minéral ou organique, les autres au monde organisé.
La première en date de ces préparations est celle employée par Reynier et Isch- Wall et qui date de 1896. C’est le salol iodoformé.
Le salol se liquéfie en effet à 42-43 degrés et
dans ce nouvel état il dissout. l’iodoforme. Ce mélange se prend en masse vitreuse à 35 degrés. Le mélange versé liquide dans la cavité osseuse, en obture les moindres anfractuosités. Celle-ci a été préparée par action successive de l’éther iodoformé, du chlorure de zinc, du thermocautère, et lon compte sur le pouvoir antiseptique du salol iodoformé pour détruire les derniers germes : on
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peut, par conséquent, suturer sans drainer. Le mélange se résorbe peu à peu à mesure que l'os de nouvelle formation remplit la cavité. Notons enfin que celle-ci doit être petite: au maximum, elle peut égaler le volume d’une grosse noix. :
Fantino et Valan préconisèrent une autre technique. Ils prétendirent qu’il faut opérer dans un os ostéogénique et que les chances de réussite sont beaucoup plus grandes dans les épiphyses que dans les diaphyses.
Ils procèdent en deux temps: un premier temps opératoire consiste dans la stérilisation de la cavité; après l’avoir curetée ils la remplissent de glycérine iodoformée qu'ils portent à l’'ébullition par le thermocautère, puis ils la tamponnent minutieusement de gaze iodoformée et ce n'est que si après quatre jours, quatre examens bactériologiques pratiqués quotidiennement n'ont révélé aucun germe dans la cavité qu'ils passent au deuxième temps.
Ils remplissent alors la cavité d'une sorte de mastic dont voici la formule :
Thymol. Ma Re 1 partie
lOdOIO ME SE ee en .... 2 parties Cendre d'os calcinés........ 3 parties
La peau n'est suturée que si elle est saine, on laisse au contraire la plaie ouverte si elle est infectée.
Fantino et Valan ne laissent marcher leurs
malades que lorsque la radiographie à montré la masée introduite remplacée par dé l'os.
E. Martin, dé Cologne, et Dressmann ont employé du plâtre stérilisé par la chaleur ou rendu antiseptique en le gâchant dans uné solution d'acide phénique à 5 0/0. Ils préparent là cavité par le curetage et l'huile portéé à l’ébullition en y plongeant le thérmocautère et pratiquent avec des tampons de gaze un assèchement soigné.
Stackow additionne le plâtre d’alun, cé qui le rend plus vite résorbable. 5
Il émplôie aussi là poudre de ciment beaucoup moins plastique et beaucoup moins résorbable que le plâtre. :
Fischer coule dans la cavité de la naphtaline, Schleich et Ewald dé la gélatine formolée, Reinhardt de la paraffiné ; Neuber se sert d’un mélange complexe où entrent 10 grammes de fécule de froment, délayéé dans de l’eau, 200 grammes de
solution bouillante d’acide phénique à 120/0 et10 grammes d'iodoforme pulvérisé, il né fait pas d’hémostase de sorte que la substance moulée est infiltrée de sang. |
Enfin signalons la pâte à l’eugénol et à l’oxyde de zinc de Joüon (de Nantes) employée après aseptisation, hémostase et assèchement de la cavité, |
A côté dé ces substances dont aucune n’appartient au monde organique, il faut faire une place pôur les fils de fibrine obtenus en faisant coaguler
du sang de bœuf dont on éloigne les globules rouges (Kraske), les fibres musculaires de veau (Kraske), de sous-muqueuse d’intestin dejipore (Halstead et Kümmel). A la suite des expériences de Barth, Middeldorp et Senn emploient la poudre d'os décalcifié seule ou mélée à de l’ivdoforme. Malgré les critiques de Bier, cette méthode a trouvé un grand nombre d’adeptes et semble avoir donné dans un certain nombre de cas de beaux résultats. Barth crut ensuite que les succès seraient plus beaux encore en s'adressant aux constituants chimiques de l'os : c’est ainsi que Gross préconise le mélange suivant :
Phosphate de chaux......... 85 gr. 6 Phosphate de magnésie...... 1 gr. 75 Chlorure de calcium......... JLI.LO Carbonate de chaux....... 5279 gr,
Une autre substance eut son moment de triomphe : ce sont les éponges décalcifiées et stérilisées par un séjour prolongé en solution antiseptique, mais on ne parvenait pas ainsi à les stériliser, aussi dût-on leur préférer les éponges soumises pendant une demi-heure à la température de 120 degrés à l’autoclave ; elles deviennent ainsi gélatineuses, mais cela ne saurait avoir de gros inconvénients ; au contraire elles tamponnent mieux.
On a encore employé, mais sans succès, le bourrage à la gaze aseptique ou iodoformée, la
nor
soie et le coton qui se prêtent mal à la pénétration cellulaire, le catgut stérilisé.
Toutes ces méthodes ont leur base dans ce de Schede et de Neuber ; ceux-ci, après évidement de la cavité sous la bande d’Esmarch, laissent simplement celle-ci se remplir de sang et refer ment la plaie en laissant cependant un orifice pour éviter une trop grande tension. Nous aurons plus tard l'occasion de revenir sur cette méthode très systématique.