‹ Le Traitement des Cavités Ostéomyélitiques AnciennesChapitre 8 sur 20 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous arrivons maintenant à un petit nombre de méthodes, toutes basées sur le principe de lasubstitution de l’os néoformé à une substance différente dans chacuneet qui, parleurnouveauté autant que par les discussions auxquelles elles ont donné lieu dans ces derniers temps, méritent de retenir plus longuement notre attention.

Ce sont les méthodes de von Mosetig-Moorhof,

celle de Beck et celle de M. Chaput.

La méthode de Mosetig-Moorhof a été l’objet

de jugements très différents de la part de ceux qui

ont tenté de l’appliquer. Peut-être cela est-il dû à ce que beaucoup n’ont vu en elle que le mélange nouveau injecté el n’ont pas compris que la nouveauté de la méthode, la cause de son succès, était précisément le soin avec lequel les moindres détails étaient prévus et réglés.

Et en effet la pâte employée n'est-elle pas très différente de beaucoup de celles que nous avons déjà signalées. Voici sa formule:

Iodoforme................ 60 parties Huile de sésame..........

Blanc de baleine..........

—:30 ass

(Mélanger d’abord les deux corps gras à 80 degrés puis y ajouter l'iodoforme tout en continuant à agiter le mélange pour répartir l’iodoforme dans la totalité.)

Ce mélange est facile à préparer, facile à stériliser, il est fusible à une température assez basse pour ne pas décomposer l’iodoforme et ne pas léser les parois de la cavité, assez fluide à une témpérature relativement basse pour pénétrer dans les moindres anfractuosités,

L'essentiel est la technique employée pour faire pénétrer ce mélange dans la cavité. Celle-ci étant capitale, nous croyons devoir la donneravec beaucoup de détails. |

Un simple nettoyage de la région ne saurait suffire avant l'intervention : quatre jours avant celui de l'opération il faut faire prendre au malade un grand bain savonneux, | puis au sortir de ce bain nettoyer de nouveau la peau de la région malade très soigneusement à l’eau chaude et au savon avec de fins copeaux de bois enveloppés dans un fragment de gaze et bouillis, puis on passera sur toute la région opératoire de l'alcool, de l’éther, puis de nouveau de l'alcool, puis pansement humide à l'eau bouillie sans imperméable. Chaque matin le pansement sera réappliqué après ‘ lavage. Au moment de l'opération un simple lavage à l'alcool et à l’éther suffira.

Aussitôt avant l'opération on appliquera, si le siège de la lésion le permet, la bande d'Esmarch à

laquelle M. Kirmisson préfère en la circonstance la bande de Lister.

Pour l’incision, Mosetig-Moorhof donne les conseils suivants : faire de grands lambeaux cutanéo-musculo-périostiques incurvés dépassant les limites supposées des lésions, passant en peau saine et se maintenant à distance des vaisseaux et nerfs principaux de la région. Si l’on peut, l’on abordera l’os malade par l’intérieur de l’os sain.

Le temps le plus important de l’opération est constitué par le nettoyage de la cavité. Pour arrivér aux meilieurs résultats von Mosetig-Moorhof repousse l'emploi du ciseau et emploie la scie circulaire et la fraise, actionnée si c’est possible au moyen de l'électricité. Ces instruments n’interviendront qu'après que l’on aura enlevé au ciseau et à la scie la paroi du canal médullaire et à la curette

toutes les fongosités. La fraise attaque donc l'os

et permet d'atteindre les limites de l'inféction sans s'inquiéter ni de la forme que prend la cavité. ni de la quantité de l’os ainsi enlevé, on ne s’arrétera qu'au moment où l'os restant aura l'aspect d’os sain et non pas d'os normal, Mosetig-Moorhof insiste beaucoup sur ce point, faisant remarquer que los est quelque peu altéré dans toute son épaisseur et qu’on ne saurait atteindre l'os normal puisqu'il n’existe plus.

La cavité est alors essuyée avec des compresses stériles qui produisent un premier assèchement, puis l’on dirige dans toutes lés directions un cou-

rant d'air chaud ou froid aseptisé et privé de vapeur d’eau ; on devra continuér jusqu’à ce que l'os ait perdu son aspect brillant el soit d’un beau blanc mat. Cetle opération doit être méthodiquement et patiemment poursuivie.

Cette hémostase et cet assèchement seront particulièrement longs dans les régions où l’on n'aura pas pu placer la bande d'Esmarch ; ce temps opératoire pourra alors durer jusqu’à quarante-cinq minutes.

On coule alors la pâte en favorisant par la position du membre sa pénétration dans toutes les anfractuosités.

Après hémostase du lambeau et durcissement de la pâte on suturera les muscles et la peau sans drainer.

Beck est arrivé à sa méthode sans idée préconçue; ayant injecté du bismuth dans un abcès pottique fistuleux pour en connaitre l’étendue, il vit guérir la fistule et l’abcès. Il imagina alors d'utiliser la pénétration du bismuth dans les anfractuosités des abcès et des cavités et entreprit le traitement de tous les abcès anciens d’origine bacillaire ou autre, osseux ou articulaires, par l’une des pâtes suivantes.

Il emploie en effet le bismuth à des doses différentes ; il existe quatre pâtes de Beck. Leurs formules sont les suivantes :

Pâte no 7 Sous-nitrate de bismuth....... 33 gr.

Voelites nn HU liaA es 67 gr.

Pâte n° 2 Sous-nitrate de bismuth....... 30 gr Vases SE rec ee 60 gr Cire blanche ........... ; Paraffine à 49°."%. 1.4: ï ÿ gr Pâte n° 5 Sous-nitrate de bismuth....... 30 gr Pasbne tn rive 5o gr Parafline à 49 degrés.......... 10 gr Etre -blahché.. sine 10 gr Pâte nr 4 Sous-nitrate de bismuth....... 30 gr Vaseline noces 35 gr Paraiñites. 2 00 yes due 25 gr Cire blanche.................. 10 gr

Ces quatre pâles sont facilement stérilisables par la chaleur sèche à une température de 120 degrés.

On les rend fluides au moment de s’en servir, en plongeant le flacon qui les contient dans un bain-marie.

On peut ensuite verser la pâte dans la cavité directement ou l'y injecter au moyen d’une seringue

= AE de verre stérilisée à sec, car l’eau est nuisible à l’'homogénéité de ces pâtes.

Naturellement l’évidement de la cavité s’impose avant son remplissage, il pourra être pratiqué soit à la curette, soit au ciseau, soit par la méthode de Mosetig-Moorhof; on pourra naturellement assécher la cavité comme dans cette méthode.

La pâte la plus habituellement employée dans les vieilles cavités d’ostéomyélites est la pâte n° 2. Certains cependant croient plus prudent de n’employer que la pâte n° 1. Les deux autres ne sont pas employées en chirurgie osseuse.

Déjà en 1903 M. Chaput avait dans un cas d'ostéomyélite ancienne greffé un gros fragment de tissu adipeux pris dans la paroi abdominale du malade. Le résultat fut parfait : ni suppuration, ni élimination du greffon.

Depuis, dans 3 autres cas, il a eu recours de nouveau à cette technique, toujours avec succès. Après évidement complet de la cavité osseuse, il la comble avec un lambeau cutanéo-adipeux fusiforme qu’il introduit sous pression dans la cavité de façon à ce que les lobules graisseux comblent les moindres anfractuosités de la cavité, IL est de règle que le derme s’élimine dans les trois semaines qui suivent la greffe, mais un mois après les bourgeons ont complètement rempli la cavité; on peut alors hâter la cicatrisation au moyen d’une greffe dermo-épidermique de Tiersch ou simple-

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ment en favorisant la kératinisation de la superficie de la plaie par une substance kératoplastique. La transformation des bourgeons et des tissus fibreux qui remplissent la cavité ne se fait que plus lentement.

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