OBSERVATIONS CLINIQUES
Les observations suivantes sont dues , pour le plus grand nombre , à l’obligeance de plusieurs confrères , à gui j’adresse tous mes remerciements pour me les avoir communiquées.
De l’Emploi du
SÉRUM ANTISTAPHYLOCOCCIQUE DU D r DOYEN
EN OCULISTIQUE
PAR LE DOCTEUR BÉRARD (d ’ angoulême)
(Communication an Congrès de la Société française d’Ophtalmologie, le 3 Mai 1905.)
La bactériothérapie est en ce moment-ci en faveur, et tous les jours nous assistons à la naissance d’un nouveau médicament, prôné auprès de nous-mêmes ou de nos malades, basé sur l’action des ferments, levures, diastases, se réclamant des travaux des Maîtres de l’Institut Pasteur ou de la Faculté. La levure de bière est la première en date, avec les travaux de Heer, et, si elle a été abandonnée dans le traitement de la scarlatine, de la diphtérie, du cancer, contre lesquels son auteur la préconisait, dans l’engouement de la première heure, il est incontestable qu’elle s’est souvent montrée héroïque dans les affections à staphylocoques. L’étude de l’antagonisme microbien, dont le laboratoire nous a donné une longue liste, n’offre, du reste, que deux faits bien acquis : l’action du bacille pyocyanique
gur le bacille charbonneux et celui du saccharomyces sur le staphylocoque doré, hôte habituel de la plupart des suppurations, angines, furoncles, anthrax, phlegmons, et, dans ce qui touche à l’oculistique, orgelet, furonculose, eczéma des paupières, bien souvent des conjonctivites, kératites, ulcères àhypopion, daeryocystites.
Quand, au début de l’emploi que j’ai fait du Sérum antistaphylococcique du docteur Doyen, j’ai voulu me rendre compte de ce qu’est industriellement la levure de bière employée en thérapeutique, deux faits m’ont paru expliquer les insuccès de ce produit: \ 0 la plupart des brasseries fabriquent « en réfrigération j> pour ralentir la fermentation et conserver la bière, et ne peuvent par conséquent livrer qu’un saccharomyces affaibli ou même mort. Peut-être faut-il 'chercher le succès de la levure de bière en Angleterre, où la pharmacopée l’emploie sous toutes les formes, dans ce fait que faisant des bières « de consommation » et opérant à température élevée, les brasseries anglaises livrent une levure plus énergique ; 2° le saccharomyces est aussi d’action à peu près nulle, dès que la levure n’est plus en mousse. Nul doute après cela que les conditions de la récolte de la levure ne soient très défectueuses, et par conséquent que ce médicament ne tienne pas au lit du malade les promesses faites au laboratoire.
Le docteur Doyen nous dit, dans l’étude qu’il fait de son • antistaphylococeique, « que c’est l’inconstance des effets de la levure de bière fraîche ou desséchée qui Va conduit à isoler , des levures les plus actives, les substances albuminoïdes spéciales, qui forment la base du Sérum antistaphylococcique ». J’aurais voulu une autre appellation que celle de « sérum » pour ce produit, ces appellations de « corruption .» pouvant créer des confusions dans l’esprit du praticien, en laissant croire, dans ce cas particulier, que cette liqueur est retirée du sang d’un animal immunisé. C’est la seule critique que je veux faire du Sérum antistaphylococcique du docteur Doyen, en vous disant les services qu’il m’a rendus.
La dose à employer est de 5 centimètres cubes chez l’adulte. J’ai employé 2 ce. 1/2 chez les enfants de 6 ans à 14 ans.
L’injection demande à être faite profondément en plein muscle fessier ; elle n’est pas douloureuse : mes malades ont pour la plupart été piqués à mon cabinet et ont marché immédiatement après ; je n’ai jamais eu d’abcès, même pas d’urticaire, que le docteur Doyen dit possible sans y attacher d’importance. Les malades ont seulement accusé un peu d’engourdissement de la jambe, des fourmillements. L’élévation de température a toujours été assez forte quelques heures après l'injection.
La première fois que j’ai fait usage du Sérum antistaphylococcique fut dans une dacryo cystite ayant résisté à tous les lavages, cathétérismes, révulsions et alors que le petit malade se refusait à l’extirpation du sac.
Voici l’observation en détail.
Observation N e 1. — Daeryoeystite suppurée.
Traitement par le sérum antistaphylococcique. Guérison .
H. G,.., 12 ans, de Vindelle (Charente), souffre depuis deux ans d’une daeryoeystite avec issue d’une telle quantité de pus que la mère remettait à l’enfant, avant son départ pour l’école du village, deux mouchoirs, qu'il rapportait, le soir, complètement souillés de pus.
L’hérédité de l’enfant est fortement chargée de tuberculose; luimême présente des traces de scrofule ; si bien qu’avant de commencer un traitement, je fis faire un examen bactériologique du pus. IL me fut répondu: « Staphylocoques dorés avec quelques streptocoques. »
Je donnais pour la première fois des soins au malade en 1903. Après une amélioration bien relative, on cessa de me le conduire. Il revient au mois d’octobre 1904. L’œiL est plein de pus, et à la. pression de la région lacrymale le pus coule sur la joue tant il. en sort par le point lacrymal inférieur. Je passe la sonde et fais surtout des lavages pendant un mois à deux ou trois jours d’intervalle. Amélioration nulle.
Le 21 novembre, je fais une injection de sérum antistaphylococcique de Doyen à la dose de 2 ce. 1/2, soit un demi-flacon. L’amélioration, 4 jours après, est si évidente que la famille du petit
malade, qui ne croyait pas que le sérum injecté dans la fesse pût guérir l’œil, me demande elle-même une seconde « piqûre ». Je fais ainsi 5 injections à 4 jours d’intervalle, lavant le conduit lacrymal à la même séance. Après la 5 e l’œil ne souffre plus que de larmoiement, mais le pus a disparu et la pression n’en fait pas sourdre la plus petite quantité. Je cesse tout traitement, considérant le malade comme guéri.
Mais à la fin de décembre l’enfant m’est ramené. A la suite d’un coup reçu sur l’œil, en jouant, le pus serait revenu. Gomme le malad e hésite à se soumettre de nouveau au traitement par les injections, et, je dois bien le dire, ne leur accordant moi-même aucune confiance, après cette récidive que le coup ne m’expliquait pas, je reviens au traitement classique. Ce fut sans résultat.
En février 1905, je fais 5 injections ; le.pus s’arrête complètement à la 4 e . Depuis l’enfant est conduit très fréquemment à ma consultation, pour que je surveille son état ; le pus n’a pas reparu.
Observation n° 2. — Dacryoeystite suppurée.
Traitement par le sérum antistaphylococcique. Guérison.
M me H... se fait traiter, depuis 3 ans, à intervalles plus ou moins rapprochés, pour une dacryoeystite suppurée. Au mois de novembre 1904 elle se présente à moi. La pression fait sourdre des points lacrymaux un pus jaune, épais, et sans attendre l’examen microscopique,-je propose à la malade des injections de sérum antistaphylococcique, en même temps que des lavages sans cathétérismes, les voies lacrymales laissant passer le n° 3 des sondes de Bowman avec facilité. Sept injections de 5 cc. m’ont donné une guérison complète.
Observation n° 3. — Furonculose. Conjonctivite aiguë grave.
Traitement par le sérum antistaphylococcique. Guérison.
Monsieur L... se présente à ma consultation le 16 février 1905. Il est atteint de furonculose depuis un mois. Il y a quatre jours sa fillette, âgée de quelques mois, lui a porté un coup de fourchette à l’angle externe de l’œil droit. Les paupières sont œdématisées, agglutinées par un écoulement abondant ; le malade ne peut ouvrir l’œil lui-même ; chémosis intense des conjonctives palpébrale et bulbaire. Après 24 heures de pansement humide, sans grande amélioration, je propose au malade une injection de sérum, que je fais aussitôt.
Le 19, le pus a bien diminué, le malade entr’ouvre les paupières assez pour voir. Il me fait la remarque en même temps que ses furoncles « sèchent ». Je fais une-deuxième injection. Le 24 le malade
reprenait son travail ; il n’avait plus qu’un peu de rougeur conjonctivale, qui a dû passer rapidement, car je n’ai plus revu le malade.
Observation n° 4. — Kératite interstitielle. Hypopion.
Opération. Injection de sérum antistaphylococcique.
Guérison rapide.
E. B..., 8 ans, est soignée par moi depuis une quinzaine de jours pour une kératite phlycténulaire, greffée sur une kératite interstitielle datant de 6 mois, d’origine spécifique reconnue par le père. Le 27 janvier, l’enfant m’est conduite avec un hypopion envahissant un tiers de Ta chambre antérieure ; l’ulcère de la phlyctène est sanieux, à bords nets, du pus se trouve dans les culs-de-sac conjonctivaux. La mère me raconte que sur les conseils d’une petite amie, sa fillette, Tavant-veille, à une ou plusieurs reprises, s’est fait lécher l’œil par son chien afin de hâter sa guérison.
Immédiatement, sous chloroformisation, j’ouvre la chambre antérieure, j’en évacue le pus et je cautérise au fer rouge l’ulcère central. Je fais suivre cette intervention de 2 cc. 1/2 de sérum antistaphylococcique. Le lendemain, en renouvelant le pansement, je fus frappé d’en voir les pièces à peine souillées sur la partie correspondante à la ligne d’occlusion des paupières.
Le 29, le pansement était plus souillé que la veille, et voulant me rendre compte si le sérum avait réellement un effet sur la production du pus, je voulus faire une nouvelle injection à l’enfant, mais il fallut y renoncer devant ses cris. L’œil était d’ailleurs en parfait état, la chambre antérieure libre.
Le 30, les pièces de pansement sont traversées sur plusieurs couches de rondelles par le pus. Je fais une injection de sérum. Le lendemain le pansement est de nouveau levé presque sans pus.
Je fis alors tous les deux jours une injection à la malade. Le 24 février la guérison était complète, et je cessai de voir l'enfant.
Cette observation est la plus concluante que j’aie à vous présenter, à mon point de vue du moins, tant par la guérison rapide obtenue, que par la façon très nette dont l’injection de sérum s’opposait à la formation du pus pendant 24 heures.
' Observation n° 5.— Ulcère de la cornée. Hypopion.
Opération. Injection de sérum antistaphylococcique. Guérison.
M. de R... (Charente) m’est envoyé par mon confrère le docteur Latour, avec un ulcère à hypopion datant de 8 jours.
Le 24 février j’évacue la chambre antérieure et je cautérise l’ulcère à l’acide phénique pur.
Je .garde le malade 4 jours auprès de mol, faisant dans ne laps de temps deux injections de sérum antistaphÿloceceîque. Là aussi, je constate l’absence relative de pus sur les pansements que je lève.
Le malade ayant voulu retourner citez lui avant que sa guérison ne soit assez avancée, n revient le 5 mars avec du pus dans sa chambre antérieure, mais en moins grande abondance que la première fois. Je tais immédiatement une iaajec-tion de sérum antistapiaylo coiccique.
®8 heures apres le pus avait 'disparu.
La guérison a été longue’ et pénible, le malade continuait son travail aux champs, et par suite se soignait fort mal, mais actuellement B. existe une cicatrice solide et il ne reste qu’une iridectomie à faire pour rendre la vue à cet cei'l que nous avons failli perdre.
Je ne veux pas prolonger indéfiniment la citation 4e ces observations ; celles que je viens de donner sont des plus concluantes, l’ai employé préventivement et à haute dose le sérum anltistaphyloeoceique pour opérer d’urgence un glaucome dans un œil larmoyant et par «mite peu sain. J”ai opéré avec succès une cataracte, alors qu’un premier œil avait été perdu par phlegmon â la suite de la même opération. J’injecte du sérum de Doyen quand je vais opérer un malade chez lui, dans des conditions d’aseptie environnantes souvent déplorables,. La preuve de son efficacité est impossible à faire dans ees cas-lâ ; j’y gagne un peu de tranquillité morale fondée sur de bons résultats passés. Je me cantonne dans l'expérimentation de ce sérnm en oculistique; mais des confrères auxquels fai fait part de l’heureux emploi que j’en fais ou (qui ont vu guérir les malades qu’ils m’avaient confiés ont eu des succès comparables avec ceux que Doyen publie.
Évidemment j’ai eu des insuccès qui seraient -m oins nombreux s il m’était possible de toujours faire faire l’examen microscopique du pus. J’ai employé ce sérum dans des dacryocystîtes qui ont montré une indifférencecomplète à son égard. Dans ces cas, quand il m aétépossible de faire faire l’examen microscopique, le staphylocoque n’a été trouvé qu’une fos*
Je crois, en somme que le sérum aniistaphylocoecique du docteur Doyen peut nous rendre de grands services curatifs et préventifs dans le traitement des affections oculaires à staphylocoques, en raison de la virulence de ce microbe, et de la réceptivité à son égard de 1 organe que nous soignons. D c BÉRARD.
De l’Emploi clix
Serai AnlistaptyloGcccipe et le la StapljlasB flu B r Doyen
E3» OCULISTIQUE
p ap. M. MÛURE (de valence}
( Go'mmunieatîon à la Société Mêdica - Chirurgicale de la Brême èt de FArdéebe, dans sa séance dît 10 septembre 1905 )
Nous avons fait, usage de la levure de bière fraîche ou desséchée et nous avons tous, eu quelques succès thérapeutiques que nous avons pu, en toute conscience, attribuer à ce médicament.. Il faut avouer, pourtant, que l’inconstance de ses effets, inconstance due aux conditions variées de sa production et à la difficulté de sa conservation, en a réduit l’emploi.
La Staphylase du D r Doyen, ainsi que le liquide appelé sérum antistaphyiocoecique, sont des extraits de levures très actives, et présentent, l'avantage d’une très grande stabilité. Au point de vue thérapeutique,. ces préparations laissent loin derrière elles les levures de bière. La Staphylase, dont je fais journellement usage, est un de ces médicaments actifs qui ne trompent jamais le praticien lorsque celui-ci l’emploie à bon escient. C'est un remède puissant et prompt en présence des affections staphylococciques.
.En oculistique, je l’ai employé maintes fois dans les kératites graves, les plaies infectées, quelques conjonctivites»
les orgelets, la furonculose des paupières et j’ai été souvent étonné de la rapidité de ses effets. Aussi je n’hésite pas à en faire usage préventivement lorsque j’opère dans un milieu malpropre, sur un œil à drainage lacrymal défectueux, et l’absence de complications dans ces cas douteux semble justifier son emploi préventif.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser et à ce qui paraît ressortir de la communication du D r Bérard (d’Angoulême) a la Société française d’Ophtalmologie (mai 1905), j’ai cru remarquer que la Staphylase est plus active que le sérum.
Je ne puis songer à publier en détail les multiples observations que j’ai faites relativement à ces produits ; je me borne à en résumer quelques-unes :
Observation n° 6. — Kératite grave à hypopion, datant de 1 mois 1/2.
Traitement par la Staphylase . Guérison.
Cornée infiltrée sur toute sa surface, deux paracentèses sans succès. Une cuillerée à soupe de Staphylase toutes les deux heures. 24 heures après, la cornée a revêtu la teinte bleutée qui caractérise la réparation de ce tissu. 8 jours après, cornée cicatricielle solide. Le malade a évité la nécrose totale de la cornée et la panophtalmie.
Observation n° 7. — Kératite grave à hypopion. Traitement par le sérum antistaphylococcique et la Staphylase.
Guérison.
Cas analogue au précédent. Ni paracentèse, ni cautérisations ignees sur les parties infiltrées. Une injection de sérum de 5 ce.;: puis 6 cuillerées de Staphylase par jour. La cornée se cicatrise rapidement et résiste.
Observation n° 8. — Kératite strumeuse grave.
Traitement par la Staphylase. Guérison.
Perforation imminente sur l’œil droit et infiltration ; Sœmish, aggravation le lendemain, hypopion. Staphylase ; le lendemain, plus d’hypopion, réparation rapide.
Observation n<* 9. — Plaie infectée de la cornée.
Traitement par la Staphylase. Guérison.
Coup de flèche sur O. D., plaie irrégulière, déchirure iris, cataracte traumatique. Atropine et extraction cataracte ; 6 jours après, douleurs péri-orbitaires violentes. Staphylase, le lendemain, O. D. ; n’est plus douloureux.
Observation n° 10. — Phlegmon de la paupière supérieure.
Traitement par la Staphylase. Guérison sans opération.
Staphylase administrée à la dose de 6. cuillerées à soupe par jour ; guérison sans autre traitement.
Observation n° 11. — Orgelets à répétition.
Action durable de la Staphylase.
Guérison par la Staphylase sans récidive constatée un an après.
Observation n° 12. — Infection post-opératoire.
Traitement par la Staphylase. Guérison.
Cataracte traumatique datant de deux mois. Deux jours après l’extraction, ehémosis énorme, cornée dépolie, douleur, infiltration des lèvres de la plaie, Staphylase : 1 cuillerée toutes les 2 heures ; guérison rapide, vision bonne.
Observation n° 13. — Complications opératoires.
Administration de la Staphylase à, titre préventif.
Opération de cataracte ; retournement complet du lambeau qui ne peut être réduit : issue de vitré. Staphylase à titre préventif ; guérison inespérée, vision bonne.
Observation n° 14.— Daeryoeystite à, streptocoques.
Insuccès du traitement
par la Staphylase et le sérum antistaphylococcique.
Améliorée ni par la Staphylase, ni par le sérum. Analyse bactériologique, streptocoques à peu près purs.
Observation n° 15. — Choroïdite.
Traitement par la Staphylase . Guérison.
Douleurs péri-orbitaires, phosphènes, impossibilité de fixer. Tout disparaît en 5 à 6 jours par la Staphylase seule.
Observation n° 16. — Coryza rebelle guéri par la Staphylase.
25 Novembre 1904.
Monsieur,
La staphylase que vous avez bien voulu m’envoyer a, cette fois encore, donné de très bons résultats. Voici la petite note que m’a fournie mon fils :
G. T., étudiant en médecine, 20 ans, très sujet au rhumes de cerveau, souffre tous les ans de la fièvre des foins. Crises fré-
queutes de rhinite herpétique et de fièvre herpétique', de Doutons d’aené et de petits furoncles au cou; coryza d’ordinaire très tenace.
En juin 1904, après un rhume de cerveau intense, durant depuis trois mois, avale en deux jours, par doses massives, un flacon de staphylase.
En trente-six heures tous les accidents disparaissent. Calme absolu pendant trois mois.
Retour des accidents en octobre : coryza, angine herpétique, fièvre, courbature. Avale en un jour» un flacon de staphylase. Tout disparaît brusquement.
Depuis un mois, malgré les changements de température, malgré une nourriture plutôt échauffante au restaurant, malgré de nombreux manquements à l’hygiène, santé parfaite.
La staphylase agît donc admirablement dans ie coryza, non seulement au début, mais tenace, de longue durée, pour ainsi dire diathésique.
Ma situation ne me permet pas de vous autoriser à publier avec mon nom citte observation. Mais vous pouvez la publier sans me nommer. D r T.
Observation n° 17. — Coryza aigu.
Guérison en moins de 2 heures par la Staphylase.
M. X., 45 ans, revient de la chasse, le 15 septembre 1904, après une journée humide, atteint d'un coryza aigu intense, avec céphalalgie très violente, douleurs dans les sinus, sécrétion laerymale et nasale abondante. 6 cuillerées à soupe de staphylase à 7 heures du soir. A 8 heures, M. X., .après un repos d’une heure, se met à table de bon appétit. Avant 9 heures tous les symptômes pénibles avaient disparui
Depuis cette époque, M. X. n’a plus jiamais souffert ni de coryza, ni d’angine, ni de bronchite et ne voyage pas sans une provision de staphylase et de sérum antistaphylococcique.
Dr DOYEN.
Observation n° 18. — Angine aiguë. Légère albuminurie.
Traitement par le sérum antistaphylococcique. Guérison.
La nommée M., 19 ans, bonne, entre le 10 juin 1904, salle Briquet, n° 49, dans le service du 1> Toupet, à la Charité.
Antécédents héréditaires. — Néant.
Antécédents personnels. — Sujette aux maux de gorge.
La malade est bonne dans une maison où un enfant a la rougeole et deux autres ont des angines au moment où elle tombe malade.
Histoire de la. maladie. — Le 8 juin, en déjeunant, la malade est prise assez brusquement de mal de gorge qui l’empêché d’avaler.
10 juin, entrée à l’hôpital. La malade est couchée, abattue, répond difficilement aux questions, voix éteinte. La luette, les amygdale* et le fond du pharynx sont rouges, tuméfiés, couverts d’un enduit blanchâtre très épais; les amygdales sont très grosses.
Pouls rapide; température 39°4; urines fébriles: nuage d’albumine. Rien aux autres organes.
11 juin. L’examen bactériologique montre des staphylocoques très nombreux, sans mélange d'autres microorganismes.
Traitement — Injection de 4ec. de sérum antistaphylococcique 2 cc. dans chaque fesse. Infection douloureuse. Température> à hheures, 39*6.
12 juin, température du matin 37°6, du soir 38°4; état général complètement relevé ; gorge encore assez rouge, mais plus trace d’enduit blanchâtre.
13 juin, température 37°2. La gorge a. un aspect absolument normal; plus trace d’inflammation, les amygdales sont redevenues normales.
La malade sort de l'hôpital dans raprès-midi.