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La même année, le professeur Gross, de Nancy, partisan de l’énucléation ne la recommande plus que lorsque l’énucléation serait longue et laborieuse du fait des adhérences du kyste soit avec l'intestin, soit avec la colonne vertébrale. Toutefois, il fait cette remarque : « On accuse la marsupialisation d’exposer à des accidents (septicémie, guérison moins rapide, récidive), mais combien rares doivent être ces accidents si les guérisons sont si fréquentes ». En 1898, BEGOUIN, qui ne considérait pas la marsupialisation et l’énucléation comme « deux méthodes rivales, mais deux méthodes qui s'adressent à des cas différents », ne la recommande également plus que « toutes les fois que l’ablation totale présentera quelques difficultés ou risquerait de ne pouvoir être supportée par un malade sans résistance ». Ce n’est encore que lorsque l’énucléation « d’après le nombre et l’étendue des adhérences, paraît devoir entraîner trop de dargers >» que QUÉNU, dans son article du traité de chirurgie de DupLay et RECLUS (édition de 1898) recommande la marsupialisation. Mais l’année suivants, 1899, VizLar écrivait encore dans le traité de chirurgie de Le DENTU et DEIBET : « La marsupialisation constitue à l’heure actuelle la méthode de choix dans ic traitement des kystes du mésentère, bien qu’elle ne soit pas l’opération idéale ».
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En 1905, Broca ne préconise la marsupialisation que « lorsqu'il y a de larges adhérences ou lorsque l’extirpation exigerait la dénudation mésentérique d’une trop longue anse intestinale qu’il faudrait resséquer ». Et, en 1912, Prousr et Monop la réservent aux tumeurs retropéritonéales, estimant « qu’elle ne peut être proposée comme traitement thérapeutique pour les tumeurs intramésentériques qui sont le plus souvent mobiles et non adhérentes ».
Cependant, CHAVANNAZ et GUYOT, dans le nouveau traité de chirurgie de LE DENTU et DELBET (édition 1913), recommandent encore la marsupialisation « lorsque le kyste sera très volumineux et très adhérent ». Depuis, tandis que certains chirurgiens : PROUST, CORNIOLEY, MILIANITCH (Belgrade), LÉONTÉ (Bucarest), ne considèrent plus la marsupialisation que comme une méthode surannée et tombée en désuétude, d’autres : LECÉNE, MATHIEU, SOULPAUT, NEUKIRCH, T'WISLINGTON, la considèrent encore comme méthode de choix dans certains cas. C’est ainsi que LECÉKE, dans sa thérapeutique chirurgicale 1926, écrit encore : « Cette vieille pratique (la marsupialisation) qui a évidemment de gros inconvénients (durée de la cicatrisation, formations d’adhérences), peut cependant trouver encore aujourd’hui d’utiles indications lorsqu'il y a des difficultés opératoires particulières ».
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La technique de la marsupialisation est. simple. Elle consiste essentiellement à ponctionner le kyste après laparotomie, puis à agrandir l’orifice de pontction et à suturer ses bords aux lèvres de la plaie abdominale. CHAVANAZ et GUYOT recommandent de faire une incision médiane au niveau du point le plus saillant, de protéger avec des champs la grande cavité abdominale, de ponctionner le kyste avec un gros trocart, puis de l’inciser et de l’assécher ; enfin, de suturer soigneusement à la paroi musculocutanée les lèvres de cette incision et de placer un gros drain dans la cavité kystique. Les suites opératoires sont en général simples et la guérison survient par l’occlusion définitive du trajet qui est la conséquence du bourgeonnement et de l’accolement des parois kystiques.
A cette technique, plusieurs variantes ont été proposées : LAwsoN-TaIT ponctionnait le kyste après laparotomie et se contentait de mettre un drain dans l’orifice du trocart, mais, sur quatre cas où il utilisa sa méthode, il eut un récidive. Hans ScHMib, de Settin, (1890), et Basiz HALL (1904), ont essayé de créer en un premier temps des adhérences en fixant le kyste à la paroi abdominale et en ne l’incisant que dans un deuxième temps, mais, dans leurs deux cas, aucune adhérence ne s'était produite lors de la deuxième
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intervention. Enfin, pour obtenir une guérison plus rapide en rendant moins grande la cavité à combler, de nombreux chirurgiens ont resséqué une portion plus ou moins grande du kyste avant de le fixer à la paroi abdominale. C’est aussi pour obtenir une guérison plus rapide qu'HouzEL recommandait de faire dans la poche kystique « des injections caustiques prudemment dosées », ce qui favoriserait l’exfoliation de l’épithélium qui tapisse la face interne de certains kystes et donnerait des surfaces ayant tendances à se cicatriser.
Si la marsupialisation a été si vivement combattue et tend à être presque complètement abandonnée par un grand nombre de chirurgiens, c’est qu’elle a donné lieu à des accidents, peut-être peu fréquents, mais variés, et qu’elle ne donne parfois une guérison définitive qu'après des incidents plus ou moins sérieux.
Cependant, quelques-uns des reproches qui ont été faits à cette méthode ne semblent plus à faire actuellement. C’est ainsi qu’on n’accuserait plus aujourd’hui la marsupialisation de donner lieu à des septicémies, que l’on croyait autrefois plus fréquentes après de telles opérations. De même, on ne voit plus d'intoxication à la suite de tamponnement de la cavité kystique à l’aide de mèches iodoformées, depuis que l’on remplace le méchage par un simple drainage à