CT LUE
joursen avance sur les autres, la coloration ecchymotique fait vite place à une teinte grisâtre lorsque l’étranglement est levé. La vascularisation ne s’y reproduit point ou ne se fait que d’une façon très lente; les tuniques intestinales saisies entre les doigts montrent un amincissement très marqué. Dans certains cas, toute l’anse hermée paraît saine, et pourtant des lésions de gangrène très profondes existent au niveau du sillon, à te] point qu’au moment où l'intestin est libéré celui-ci peut se rompre en ce point, laissant couler un flot de matières stercorales (Patel).
Il sera donc indispensable au cours d’une intervention pour hernie étranglée, de toujours apprécier la vitalité non seuiement de l’anse, mais surtout du sillon d’étranglement en attirant dans la plaie les parties saines sus et sousjacentes.
LE MÉSENTÈRE.
L’anse incarcérée présente donc des lésions de deux ordres: des hémorragies interstitielles et du sphacèle. La compression du mésentère les explique en grande partie. Récemment, Fontaine et Kunlin ont étudié expérimentalement sur le chien, les rapports pouvant exister entre l’étranglement herniaire et les lésions intestinales trouvées à l’intervention. Ils sont arrivés aux conclusions suivantes :
1° L’intestin supporte bien un étranglement, même extrêmement serré, à condition que les vaisseaux mésentériques échappent à la compression.
20 Si, à l’étranglement, on ajoute la compression des vaisseaux du pédicule mésentérique, des accidents graves apparaissent rapidement. Dans ces conditions, la ligature de la seule veine se traduit par un infarcissement véritable, celle de l’artère par des lésions de nécrose.
Ces lésions ne s’arrêtent pas au pied de l’étranglement. Ainsi, dans l’expérience n° 6, l’anse au niveau de laquelle l’artère avait été liée présentait des lésions d’ordre nécrotique qui se prolongeaient jusqu’au cul-de-sac terminal sur l’anse afférente ; celle au niveau de laquelle la veine avait été liée, présentait un infarcissement véritable débordant