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normale, mais ecchymotique. On la réduisit donc sans méfiance aucune. Mort brusque au dixième jour. Autopsie ; sphacèle de l’anse réduite.
Nous mettrons à part les pérititones sans perforation survenant après réduction d’une anse douteuse et dont on trouve une observation dans le même travail (Obs. III, résumée) :
Hernie crurale droite étranglée. Kélotomie simple. L’anse attirée au dehors est saine, à peine ecchymotique ; elle est souple, d'épaisseur normale. Le sillon disparaît aussitôt. En somme, c’est sans aucune méfiance que l’on réduit l’anse. Mort huit jours après de péritonite sans sphacèle. A l’autopsie on ne trouve pas de gangrène intestinale.
D'autres complications peuvent encore survenir plus tardivement lorsque l’on réduit purement et simplement une anse intestinale douteuse : ce sont les hémorragies secondaires (Obs. d’Aloi) et surtout les occlusions secondaires. Ces dernières sont dues (Mauclaire et Levant) :
— soit à des rétrécissements extrinsèques, relevant de lésions péritonéales localisées : adhérences, brides, coudures, parfois même foyer de suppuration locale comprimant l'intestin ;
— soit à des rétrécissements intrinsèques, dus à la cicatrisation des ulcérations produites au niveau des parois intestinales par l’étranglement et pouvant même produire des sténoses tubulaires de toute l’anse étranglée ;
— soit à des rétrécissements mixtes dans lesquels interviennent les deux processus précédents.
De nombreuses observations en ont été publiées (Delore, Mauclaire et Levant, Moore, Ginzburg, Mourgue-Molires, Cerqua, Bergarèche).
En résumé, toutes ces complications prouvent que l'on a pu exagérer l'aptitude de l’organisme à ressusciter la vitalité d’une anse intestinale trop compromise. Beller et Coll insistent sur le fait que cela est surtout vrai à partir de
50 ans, lorsque la sclérose des parois vasculaires a com-
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mencé à se manifester. Les 14 morts qu'ils rapportent dans leur statistique se sont produites chez des opérés âgés de plus de 50 ans.
Une anse douteuse est une anse plus malade qu'on ne le croit, et en conséquence il faut la traiter comme telle.
Ce n’est donc qu'après avoir apprécié Fétat général du malade et l'importance des lésions intestinales que nous pourrons envisager la conduite à tenir. En pratique deux cas essentiels :
— Tantôt le malade est un sujet encore jeune, Fétat général est relativement peu touché. L'anse étranglée est douteuse, parfois même présente des signes de sphacèle manifeste.
— Tantôt au contraire, il s'agit d'un malade âgé, fatigué, intoxiqué ; Fétat général est nettement atteint.
L’extériorisation de l’anse sphacélée associée à une entéro-anastomose.
Lorsqu'il s’agit d’un malade encore jeune, à l’état général suffisamment résistant on se trouve dans les conditions les meilleures.
Les diverses interventions proposées ont le maximum de chances de succès. Il est logique de choisir celle qui, tout en faisant courir le moins de risques, donne des résultats égaux.
L’'ENTÉRECTOMIE.
L’entérectomie est évidemment la solution la plus satisfaisante, mais elle constitue, malgré tout, une opération sérieuse et quelque peu délicate ; elle fait courir un risque manifeste au malade.