II. —— L’INVAGINATION
Guinard a proposé d’invaginer dans le segment normal sous-jacent, le segment sphacélé, s’il est de petite étendue et d'assurer l’invagination par une série de sutures séro-musculaires unissant les portions saines d’intestin : c’est un procédé qui, lui aussi, a donné quelques succès mais qui est loin d’être toujours efficace. On ajoute au risque de l’extension du sphacèle dans les jours qui suivent l'opération, ceux d’une occlusion. C’est ainsi que Lecène écrit : « La portion invaginée dont on escompte l'élimination rapide dans la lumière de l'intestin, peut ne pas s’éliminer assez vite et, formant bouchon, donner naïssance à des accidents d’occlusion intestinale. J'ai eu l’occasion de vérifier deux fois ces accidents à l’autopsie et pour ma part je ne recourrais plus à ce procédé qui peut paraître simple, mais qui est dangereux. »
Wolff préconise la technique de Noesske qui est plus compliquée que la précédente. Elle comporte, outre l’invagination du segment gangrené, l'établissement d’une entéroanastomose à distance entre les deux branches de l’anse
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herniée. L’invagination est faite dans le segment sus-jacent, ce qui est plus facile en raison de la dilatation de ce segment. Dans l'observation que publie Wolff, il s’agissait d’une malade vue au 5e jour de l’étranglement. Admettant le principe de la gangrène, l’auteur est intervenu d'emblée par le ventre (incision sus-inguinale), a établi l’anastomose entre les deux branches de l’anse étranglée, à 15 cm. audessus de l’anneau. Puis, après avoir dilaté celui-ci avec un instrument mousse, a attiré l’anse gangrenée et l’a invaginée après section de son mésentère dans le segment intestinal sus-jacent.
Ce procédé, s’il pallie aux accidents d’occlusion secondaire, outre qu’il constitue une intervention longue sur un malade en état d’occlusion, nécessite une laparotomie, des manœuvres intra-abdominales, et la réduction de la lésion invaginée qui laisse subsister le risque d’extension du sphacêle.