X. — Les autres tonicardiaques
!• Le craUegus oxyacanlha (aubépine) réussit, comme la spartéine, dans les arythmies nerveuses; ces arythmies flssent-elles suite à des troubles dyspeptiques, le cratœgus peut être employé avec succès. M. Huchard prescrivait souventcc produit. Son exemple est à suivre. Nous combattrons les troubles dyspeptiques par les préparations bismuthées; administré le soir, même à faible dose (XV gouttes de teinture ou d'extrait fluide), leremèdecalme les palpitations, régularise le cœur, favorise le sommeil. On peut le considérer comme une sorte de valériane qui adjoindrait à ses propriétés sédatives l'avantage de calmer plus spécialement les nerfs du cœur. Inutile de dire qu'il n*exerce aucune action sur la contractilité du myocarde.
i^Vadonis vernalis^e réserve une action cardiotoni-
guêtres infidèle. A titre de diurétique, il trompe moins les espérances. Encore ne convient-il pasdes'illusionner. Maintes fois nous avons ordonné Vadonidine (principe acLif de la plante) aux doses de 4 pilules à 6 pilules de 5 milligrammes. Aucun résultat appréciable n'était obtenu. L'infusion de la plante (4 à 6 gr. dans 200 gr.) à prendre dans le jour^ a semblé parfois favoriser la diurèse, mais cellensi ne provenait-elle pas surtout du liquide qui dissolvait le remède? £n général, les régimes hydrique, lacto-hydrique de réduction, aidés de la digitaline et de la théobromine, assurent des résultats autrement probants. L'adonis vernalis est une de ces armes qui ne sont décrochées des panoplies oii elles figurent à litre d'apparat, que pour renforcer la foi du malade dans les semaines terminales où les médications vraiment actives ne remplissent plus leur effet.
S'' Nous en dirons autant du muguet (convallaria maïalis). Fleurs ou feuilles, faibles ou hautes doses, rien de net ni de constant ne ressort de son emploi. Au lieu des doses habituelles del à 2 grammes d'extrait de fleurs, nous avons prescrit jusqu'à 4 et 6 grammes. Aucune action sur la diurèse, aucun effet sur le myocarde n'était obtenu. Môme échec avec l'emploi de la convallamarine (principe actif de la plante : 2 centigr. i/â à 5 centigr. par jour). Le principal avantage du muguet réside peut-être simplement dans son rôle d'excipient pour masses pilulaires et associé à la spartéine.
Extrait de mugaet 6 grammes.
Sulfate de spartëiae 1 —
Diviser en 40 pilules : 2 par jour.
Le malade est satisfait et dans les iatervalles digitaliques, cela ne lui fait pas de mal.
N'oublions pas que la buglosse, une borraginéc, a été considérée pendant des siècles comme le spéciûque du cœur. Aucun de nos formulaires ne se donne la peine de le citer. Et pourtant que de miracles accomplis par remploi de cette plante et durant cinq cents ans !
Avant de prôner remploi d*un remède comme l'adonis, le muguet et ceux dont nous allons parler, il serait bon que le nécessaire eût été fait préalablement : à savoir, la prescription de la digitaline comme elle doit l'être avec les conditions de repos au lit, de régime hydrique de réduction et l'usage de la théobromine qui doivent être associés. Sous le couvert de telles précautions, des vertus sérieuses courraient moins de risques d'être conférées à de pauvres agents, véritables loques de la thérapeutique et où risquent fort de s'empêtrer les ordonnances des débutants. Une réserve toutefois, à ce que cette conclusion pourrait comporter de trop absolu.
M. le P' Pouchet, à qui nous avons dit nos déboires, nous a fait observer que les produits que nous utilisions étaient peut-être trop vieux. Les vertus de certains extraits se perdent comme les vertus des sérums thérapeutiques au bout d'un certain temps. Les produits frais auraient-ils plus d'action? Mais comment être sûr de leur fraîcheur? £t dans le doute ne vaut-il pas mieux s'adresser à des substances plus stables et dont Teflicacité ne s'épuise pas? C'est l'histoire des autres cardiotoniques de seconde main : strophantus ou spartéine.
4^ Le cactus gi*andiflora. — Encore une misère de
remède que ce médicament dont le nom sonore résume Tunique vertu. LXXX à CXX gouttes de teinture n'offrent aucun inconvénient accumulatif, ont assuré ieâ zélateurs du produit. Cela est fort bien ; mais le moindre soulagement dans des troubles qui ne sont pas d'ordre exclusivement nerveux, ferait bien mieux notre affaire. Quoi qu'il en soit, aux malades organiques qui réclament de nouveaux remèdes, celui-ci pourra être ordonné dans les intervalles digitaliques, ou encore aux nerveux, à titre exclusif, dans les arythmies dont ils sont obsédés.
5^ La coronille. — Trop de déceptions nous ont attendu avec l'emploi de l'adonis, du muguet et du cactus pour que nous ayons eu le courage de pousser nos tentatives plus loin et avec d'autres remèdes tout aussi incertains. La coronille, le laurier rose, Vapocynum cannabinum, Vhordénine ont trouvé leurs partisans. La coronille augmenterait la diurèse et calmerait la dyspnée (extrait 0«%30 à 1 gramme par jour) ; en raison de son goût amer, la forme pilulaire est indiquée. Le laurier rose (3^4 pilules de 0«',05 par jour) serait également un bon diurétique qui régularise le cœur; Vapocynum cannabinum (X à XV gouttes d'extrait fluide 3 fois par jour jouirait des mêmes vertus), le sulfate d'hordénine (0>^50 en potion par jour) ne serait nullement inférieur aux précédents.
Si un praticien trouve bon d'employer l'un ou l'autre de ces produits, chez les défaillants du myocarde dans les intervalles de la médication digitalique ou chez les névropathes, aucune objection ne s'élève contre son désir. Qu'il se garde seulement de croire qu'à aucun
titre ils aient pouvoir de remplacement sur la digitale. La digitale, c est une arme de précision, ces derniers remèdes sont au plus des sabres de bois.