‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 16 sur 58 · XI. — Les hypnotiques chez les cardia(iues · texte numérisé non relu

XI. — Les hypnotiques chez les cardia(iues

Une double règle commande l'administration des l^pnotiques chez les cardiaques et la teneur de chacune d*elles, impliquant le danger de la médication, sauf dans les situations désespérées et à titre de soulagement ultime, conduit à l'abstention systématique et totale. La première règle est de ne jamais ordonner d'hypnotiques avant d'avoir fait céder l'agitation, la dyspnée ou la douleur, cause de l'insomnie. La seconde règle, quand les médications diététiques et les médicaments usuels ont définitivement échoué, est de n'ordonner les hypnotiques qu'à doses très faibles et fractionnées.

Un cardiaque ne dort pas, parce qu'il est excité, parce qu'il respire mal ou qu'il souffre.

i* Un simple état nerveux peut être en jeu. Cest l'histoire des troubles dyspeptiques initiaux du rétrécissement milral ou de Vinsufflsance aorlique. Nous parlerons plus loin de l'avantage des poudres bismuthées prescrites en pareil cas. En calmant l'excitabilité des nerfs de l'estomac, elles apaisent l'agitation nerveuse qui fait suite.

Soit au lever et à 4 heures, un paquet dans un demi-verre d'eau :

Soas-Ditrate de bismuth

Magnésie hydratée [ èAi gramme.

Sucre pulvérisé

Pour 1 paquet n* 20.

vu LES MALADIES DU CCEUR ET DE L'AORTE

En cas de douleurs stomacales, ajouter à ces paquets 2 centigrammes de poudre de belladone, ou 6 milligrammes de codéine. En cas de constipation, laxatifs habituels. Régime diététique convenable. Repas peu abondant le soir. Tisanes chaudes comme boisson. Un demi-verre à bordeaux d'eau de fleurs d'oranger au coucher. Ou bien une cuillerée à café delà préparation :

V&léri&nate d'ammoniaque 2 grammes.

Hydrolat de valériane 100 —

Teinture do cratœgus 4 —

Si Testomac est douloureux, plutôt que cette potion on prescrira simplement une petite infusion de valériane ou un paquet de la poudre :

Magnésie calcinée / *a.ia„.*.i:^ „^. .«

Valériane pulvérisée î aAJOcenligram.m.s.

Ponrl paquet.

Ou une cuillerée à café de la j)otion :

Extrait de valériane 2 grammes.

Eau distillée .^^100 —

Ou une pilule :

I^ztrait de jusquiame 0<sOi

Extrait de valériane 0«',10

Poudre de valériane q. s.

Pour 1 pilule n* iO.

Nous parlerons tout à Theure d'une autre cause des excitations nerveuses : celles qui sont liées à une origine cardio-rènale ,

^ Le cardiaque respire mal ; son cœur ou les reins sont insuffisants. Repos absolu au lit huit ou quinze

jours; régime hydrique dans les cas graves, deux, trois, cinq jours. C'est Thistoire des cardio-rénaux avec respiration de Cheyne-Stokes : 1.200 à 1.500 grammes d*eau par verres à bordeaux toutes les heures, sans adjonction d'autre aliment ou de boisson ; au bout de deux ou cinq jours, régime hjdro-lacté, 300 gr., 600 gr., 000 gr., 1.200 gr. de lait, mêlés à 1.200 gr., 900 gr., 600 gr., 300 gr. d'eau, par verres à bordeaux toutes les heures ; puis régime lacté ; 1 litre et demi de lait.

Dès le début, digitaline cristallisée, à faibles doses suivant notre méthode : Y gouttes 10 jours, interrompre 3 à 4 jours, reprendre 10 jours ; ainsi de suite. La théobromine ou ses similaires spécialisés : santhéose, théosalvose, théosol, seront prescrits concurremment, aux doses de 60 centigr. à midi et dîner, un mois de suite.

11 est à remarquer que certaines excitations nerveuses peuvent tenir non pas à des troitbles dyspeptiques, mais à une irrigation défectueuse ou à une toxémie des centres nerveux. Des malades atteints d'insuffisance cardio-rénale^ avec rythme de Cheyne-Stokes ont été parfois, en raison de leur anxiété ambulatoire, considérés comme de simples nerveux. Au médecin de dépister cette cause d'erreur et d'ordonner le traitement en conséquence.

L'insomnie persiste : glace sur le cœur ; ce n'est qu'à bout de ressources que le médecin se permettra une injection de morphine ; 2 à 3 milligrammes avec une injection de 1 centimètre cube d'huile camphrée (1/10) à 10 heures du soir. La morphine aux doses de 1 centigramme affaiblit la contractilité cardiaque, réduit la

sécrélion urinaire, fait payer une nuit meilleure au prix de réveils extrêmement pénibles et d'une angoisse qui se prolonge unepartie du jour. Ajoutons les morts frëquentes.Toutcardiaque dontle cœur 8*est une fois dilaté, est exposé à une fin subite. La morphine aux doses qui dépassent 4 à 5 milligrammes exagère singulièrement ces risques. Et non seulement la morphine, mais tous les hypnotiques dont le meilleur ne vaut rien : trional, chloral, sulfonaU hédonal, hydrate d'amylène. Nous n*osons conseiller l'usage d'aucun d'eux, ou que ce soit à très fiii blés doses agissant surtout sur le psychisme du sujet. Une cuillerée à café de sirop de chloraU cachets de 10 centigrammes de véronal, etc. Se disant qu'il prend un hypnotique, le malade parfois pourra mieux dormir, en usant de l'un d'eux à doses qui ne peuvent ni endormir sa sensibilité, ni amoindrir l'énergie des systoles cardiaques.

Cette thérapeutique spécieuse peut du reste fort bien être remplacée par les produits valérianes dont nous avons parlé tout à l'heure et dont le médecin affirmera la valeur hypnotique.

N'oublions pas de rappeler en plus, que sur tous ces produits, la morphine à faibles doses oflre un avantage que depuis des siècles les anciens médecins avaient reconnu aux opiacés en général. Elle exerce une action cardio-tonique manifeste.

En sorte que dans la forme d'insomnie la plus rebelle, celle qui est associée au rythme de Cheyne-Stokes, une injection de morphine de 1 à 2 milligrammes associée à une injection d'huile camphrée, et répétée toutes les 3 ou 4 heures, est le meilleur moyen de procurer le calme.

3* C'est encore le procédé de choix dans les insomnies liées à la douleur, telles qu'on les observe au cours des crises subintrantes d'angine de poitrine : repos absolu, glace sur le cœur, régime hydro-lacté, injections de 2 milligrammes de morphine avec 1 centimètre cube d*huile camphrée toutes les 3 heures.

Si le praticien rejette les hypnotiques de la thérapeutique cardiaque, c'est qu'il tient à remettre sur pied ses malades. Plus ils absorberont d'hypnotiques, plus ils auront de peine à remonter leur système nerveux et leur myocarde. Ils dormiront, mais ne guériront pas. C'est l'histoire des mélancoliques dont la maladie traîne d'autant plus en longueur qu'ils seront gorgés d'hypnotiques à dose plus brutale. Chez le cardiaque, en particulier, dont le cœur fléchit, l'insomnie est une réaction de défense. 11 ne dort pas, parce que son myocarde se contracte plus mal pendant le sommeil qu'à l'état de veille. Terrassez le système nerveux par un hypnotique, c'est un coup de massue que vous aurez porté sur le myocarde.

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