IV. — ^Les péricardites
Aussitôt que le bruit de frottement permet de songer à la production d*une péricardite commençante, le praticien se demande avec angoisse si un épanchement va se former et si la paracentèse devra être pratiquée. En général, la maladie cédera sans le secours d*u&e ponction toujours impressionnante i bien que sans danger. Seulement, si le présent est sauvegardé, l'avenir demeure voilé, surtout chez les sujets jeunes. Une soudure des feuillets du péricarde se produit aisément et ce sont les accidents de la symphyse du péricarde qui se produiront plus tard avec la ténacité des troubles asystoliques qui l'accompagnent.
Donc, devant le tableau d'une péricardite aiguë, dyspnée, bruit de frottement ou augmentation de la matité cardiaque et disparition du choc de la pointe,
devant un semblable tableaji réservons l'avenir et ne disons pas : cela ne sera rien. La guérison est acquise sur la moment -*- surtout dans la péricardUe rhumatismale, la moins grave de toutes et la symphyse cardiaque se prépare insidieusement^ pas toujours, mais dans l'enfance généralement.
D'ailleurs il n'y a point que la péricardite elle-même : il faut compter avec l'état général. Les maladies infectieuses, autres que le rhumatisme^ la pneumonie particulièrement, se compliquent aisément de péricardite et celle-ci est suppurée. Du coup il faut veiller davantage et la ponction devient nécessaire.
11 est au moins une condition où toute thérapeutique agressive risque d'être prise en mauvaise part. C'est la péricardite bi*ightique, car la complication est grave et il ne s'agit pas de laisser mettre la mort du sujet sur l'intervention du médecin. Chez un cardio-rénal, du jour au lendemain et sans qu'aucune imprudence ait été produite, sans aucune modification de régime, la dyspnée augmente brutalement. On ausculte le cœur ; un frottement péricardique se découvre. Prévenons la famille. Dans la huitaine, la mort risque de s'ensuivre. Toutefois, quand la complication se produit à une période peu avancée de la maladie et lorsque le cœur n'a que peu ou point fléchi, la guérison est possible, avec une aggravation plus marquée des accidents cardiaques. Un médecin des hôpitaux de Paris que nous traitions en i90B a fait sa péricardite en février. Depuis de longs mois, le cœur était atteint de galop cardiaque; néanmoins la mort ne s'est produite qu'au mois d'août, 7 mois plus tard.
Les classiques consacrei^t un chapitre aux péricardiques hémorragiques. Elles font suite au scorbut, se produisent dans la péricardite tuberculeuse. Il est parfois donné de prévoir la nature de répanchement à la rapidité de sa formation; cela est rare. Tenons-nous aux péricardites habituelles, à celles qui croisent journellement la route du praticien.
C'est dire que nous ne nous occuperons pas de la péricardite postérieure, affection rare, de diagnostic difflciie et qui n'est le plus souvent qu'une trouvaille d'autopsie ^
Comme types morbides familiers, quatre se dessinent à la rencontre du praticien : 1* la péricardite rhumatismale ; 2® la péricardite pneumococcique; 3^ la péricardite tuberculeuse ; 4^ la péricardite brightique. Nous terminerons par quelques mots sur les péricardites chroniques et le traitement chirurgical qui leur est opposé.
1® La péricardite rhumatismale peut passer ainsi que l'endocardite inaperçue à qui n'ausculte pas un cœur avec soin tous les jours. Huchard avait raison d'accorder une grande importance aux soi-disant douleurs de croissance des enfants, aux douleurs vagues d'une cheville mises sur le compte d'un faux pas ou de la fatigue. Ces manifestations douloureuses très atténuées peuvent dissimuler une atteinte rhumatismale qui se porte sur l'endocarde ou le péricarde. Au médecin d'avertir la famille et de démontrer pour une
1. Gassakt. La péricardite postérieure. Masson, édit., Paris^