‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 40 sur 58 · X. — Les anéTrysmes de l'aorte · texte numérisé non relu

X. — Les anéTrysmes de l'aorte

L'étranger a parfois la spécialité de traitements spéciOques dans les maladies à curabilité problématique.

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C'est ainsi qu*Abrams^ a décoavert une méthode non pas infaillible tout h fait, mais certainement efficace, à son avis du moins, dans les anévrysmes aortiques. C'est très simple : il suffit de percuter la septième cervicale : coups rapides et modérés» h l'aide du plessimètre ou du doigt : combien de temps : 15 à 20 minutes matin et soir. Seulement il faut de la percussion et rien que de la percussion. Les secousses et les frictions empêchent le résultat.

Celui-là est merveilleux. Si ranévrysme ne guérit pas, c'est qu'il n'existait pas et cela, en effet, c'est une raison. Rien d ardu comme la guérison d'une maladie qui n'existe pas. Ou bien Fanévrysme était irréductible. En pareil cas, il ne guérit pas davantage. Une maladie irréductible n'est, en effet, pas susceptible d'être réduite.

En sorte que ce procédé qui aurait donné à Abrams 40 guérisons rapides vérifiées telles au bout de 4 ans» ne réalise son efficacité que dans les conditions où cette efficacité n*a pas lieu de se produire. On pouvait s'attendre à cette conclusion. L'auteur anglais, il est vrai, discute gravement. Il sait pourquoi la percussion de la septième cervicale guérit les anévrysmes quand ils existent et quand ils ne sont pas irréductibles : cette percussion amène une contraction réflexe de l'aorte. Rien de plus simple alors que de comprendre. La contraction réflexe diminue le volume de la poche et favorise la production des caillots.

Il semble bien qu'une poche anévrysmale ne se contracte pas avec la même facilité qu'une aorte normale,

1. A. ÂunAMs. Le traitement des anévrysmes aortiques. The British med, Joum., 3 Juillet i91i. p. 70.

si tant est que cette dernière se contracte réellement BOUS le tambourinage phalange de l'écrivain anglais. Toutefois* comme la méthode est inoffensiye, on peut essayer. Pendant 8 mois, nous avons fait percuter, matin et soir, la septième cervicale à deux sujets* de 48 et 55 ans, atteints le premier d*un anévrysme de l'aorte thoracique, et le second d'un anévrysme de la crosse de Taorte. Aucun résultat. L'anévrysme était irréductible, déclarait Abrams. Nous sommes de son avis. L'anévrysme était irréductible.

En fait, et comme procédés efûcaces, il n*en est guère que trois : 1* le repos au lit ; "È? la diététique ; S"* le traitement spécifique. On adjoindra, à titre de médications du second plan les injections de sérum gélatine dont les effets toutefois sont beaucoup plus incertains et les soustractions sanguines peu abondantes répétées tous les 10 jours. Ajoutons en dernier lieu le traitement des maladies et des symptômes associés.

\<* Le repos absolu au lit doit être prolongé longtemps : 1 an, 15 mois, 18 mois. Les malades s'impatientent, il est difficile d'obtenir davantage. Cependant l'amélioration immédiate est si rapide, qu'on se demande si vraiment avec un peu de persévérance, des guérisons complètes ne pourraient pas être obtenues plus fréquemment. Avec le D' Grandin (de Vendôme), nous avons traité un volumineux anévrysme de la crosse aortique ; 15 mois de repos au lit avait amené une diminution notable de la poche et un amendement de tous les symptômes. Au bout de cinq ans, ce malade a repris ses occupations. Il voyage, va à la chasse, se fatigue ;

sa poche anévrjBinale très réduite ne le gône plus.

Il est vrai que la diète prescrite avait été rigoureusement suivie et le traitement spécifique a été institué. Ces trois facteurs thérapeutiques étant habituellement associés, il est difficile d'établir la part respective de chacun d'eux dans les modifications favorables qui font suite.

Le repos au lit, néanmoins, réalise un certain nombre d*efTets qui lui sont particuliers ; il diminue, comme nous l'avons dit, l'excitabilité du cœur, abaisse la tension artérielle et la régularise ^ Ce sont là avantages non négligeables dans une maladie où il convient surtout d'éviter les distensions brusques dans une poche prête à se rompre.

i* La diéiéHque sera féroce. Valsalva avait vu clair en diminuant à la fois l'alimentation solide et liquide. La méthode que nous employons est divisée en deux périodes : 1* Alimentation liquide n'excédant pas 1.500 à 1.700 grammes par jour. 2^ Alimentation solide, par petits repas d'un plat toutes les 2 heures.

Pendant 15 jours, nous ordonnons, par exemple, un verre à bordeaux de lait toutes les heures, soit 15 verres dans les 24 heures. Au bout de 15 jours, nous adjoignons un, puis deux potages au lait (tapioca, pâtes, vermicelle), de manière à ne pas dépasser 1.800 grammes de liquide dans les 24 heures. C'est une ration suffisante d'entretien. Une amélioration remarquable peut couronner cette médication si simple, alors môme qu'aucun médicament n'est concurremment prescrit à l'intérieur.

i. Cb. PiessiNGBR. Le repos dans les maladies dn cœur. J. des Pratie., 4910 et Clinique thérap» du pral.j 3* édit., p. 738.

su LES MALADIES DU CŒUR ET DE L'AORTE

Un homme âge de 45 ans nous consulte pour de vio* lentes nérralgies intercostales durant depuis plusieurs mois. Comme il digérait mal et avait les conjonctives parfois subictériques, il fut envoyé à Vichj. Aucune amélioration. A son retour, en octobre 1913, k Paris, il nous fait mander. Nous conseillons un examen radio* graphique, et M. Desternes découvre un volumineux anévrysme de Taorte thoracique. Pas de syphilis ni de maladie infectieuse. Réaction de Wassermann négative. Ck)mme antécédent, on ne relève qu'un violent traumatisme, le malade ayant été précipité d'une voiture par un cheval emballé. La chute eut lieu sur le côté gauche et des douleurs sourdes se fixèrent pour plusieurs semaines dans la région. Or cette douleur permanente, atroce, qu'aucune médication calmante n'était parvenue à amender pendant de longs mois, céda tout de suite au repos au lit aidé du régime lacté de réduction. En 15 jours tout était terminé en fait de manifestations douloureuses et sans qu'aucun médicament eût été prescrit en même temps. Aujourd'hui au bout de cinq ans, ce malade va également bien.

Le système des petits repas, si utile, comme nous l'avons établi dans l'angine de poitrine, trouve égale* ment son application dans le traitement de l'anévrysme, k savoir: 7 repas par jour, chacun composé d'un plat, de 8 heures du matin à 8 heures du soir. On donnera, par exemple, 150 grammes de tapioca ou de cacao au lait, à 8 heures du matin et 6 heures du soir, A 10 heures du matin et 2 heures de V après-midi, une pomme cuite ou quelques cuillerées de confitures, un verre à bordeaux d'eau.

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A midi, 50 grammes de poisson cuit au court*bouiU Ion, 30 grammes de pain. Ud verre à bordeaux d'eau. A 8 heures du soir, quelques cuillerées de pâtes ou de purées de légumes. Un verre à bordeaux d'eau.

La nécessité d'éviter toute crise hypertensive est satisfaite avec les conditions de ce régime qui n'introduit guère que 800 à 900 grammes d'eau dans les 24 heures et une ration d'entretien juste suffisante. Les petites quantités de substance azotée : KO grammes de viande k midi, trouvent dans ce chiffre de liquide une quantité de véhicule asseï abondante pour procéder à l'élimination des déchets.

Pendant de longs et de longs mois, il sera indispensable de résister aux sollicitations du malade qui réclame davantage d'aliments. Une amélioration durable, parfois la guérison sont à ce prix.

3° Le traitement spécifique. — Aucun doute ici. L'anévrysme étant le plus fréquemment d'origine spécifique (3 fois sur 4)> si une réaction de Wassermann est positive, il faut le traitement mercurieL

Même avec un Wassermann négatif, il convient de se méfier. Avec le D' Chalmet (de Landerneau) nous avons vu un malade âgé de 62 ans et atteint d'un anévrysme de l'aorte descendante. Deux Wassermann négatifs. Le malade nie la syphilis mais sa femme a fait plusieurs fausses couches.

Le Wassermann fût-il positif, la médication mercu* rielle est loin d'assurer des guérisons certaines ; il ne modifie guère la paroi anévrysmale, mais il empêche tout d'abord la progression des lésions, plaques gélatiniformes ou fibroîdes, en voie d'évolution, et ensuite il

modifie heureusement les signes de compression liés à une médiastinite syphilitique concomitante. Dans ce dernier cas, le traitement mercuriel ne modifie pas forcément le volume et la forme de l'ectasie, mais les signes de compression et les symptômes fonctionnels diminuent ; de plus, les bords de l'ectasie à Texamen radioBCopique se dessinent plus nettement.

Ils ne sont plus perdus dans Tobscurité diffuse que projetait l'adjonction de la médiastinite surajoutée (Sergent*).

Les injections de benzoaie de Hg, injections intramusculaires répétées 10 à 12 jours de suite chaque mois, aux doses de 2 à 3 centigrammes donneront toute satisfaction. Plus actives encore les injections intra-veineuses de cyanure de Ug k i centigramme tous les jours ou tous les 2 jours, une série de 10, 3 à 4 mois de suite, interrompre 3 mois et reprendre.-

Nous aimons moins les composés arsenicaux. Un malade âgé de 29 ans, atteint d*anévrysme de la crosse aortique, a succombé à des accidents d œdème aigu du poumon à la dixième injection d*hectine (0^,10), que nous avions demandé au D^ Lagorse (de Brive), qui nous avait adressé le malade, de vouloir bien lui pratiquer.

Des accidents tout aussi redoutables ont été constatés à la suite des injections de 606 (Vaquez et Laubry). Un cas de mort s'est produit et deux crises graves d'œdème du poumon. C*est dire qu'il convient de demeurer sur la réserve.

Le rein, même sain, semble recevoir, de l'élimination

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