‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 42 sur 58 · TatPiBR. KtufUa anatonuh-cliniquês, 1909, p · texte numérisé non relu

TatPiBR. KtufUa anatonuh-cliniquês, 1909, p

plus hautes doses risquent de produire des coagulations en masse au niveau de l'origine des gros vaisseaux artériels et aussi d'augmenter, par cette quantité brusque de liquide introduite, le chiffre de la tension artérielle.

Avec Huchard^ nous avons vu plusieurs malades qui avaient reçu 150 centimètres cubes de sérum gélatine de la main même de Lancereaux, promoteur de la méthode. Aucune amélioration n'avait fait suite et de l'aggravation avec reprise des accidents djspnéiques fut même constatée sur un malade — un colonel péruvien — dont l'anévrysmc en sac avait fait saillie sous les téguments amincis qu'il menaçait de rompre.

Toutefois, il ne convient point de rejeter totalement cette méthode. Usons-en simplement avec plus de réserve et ne dépassons pas une dose de 50 centimètres cubes répétée tous les 5 ou 6 jours. La médication pourra être instituée dans l'intervalle des injections de lipiodol. Il ne sied pas de priver le malade des bénéfices aléatoires d'un traitement qu'il peut connaître et dont par ailleurs on lui a vanté les bienfaits.

Les pelitei saignées répétées avaient été recommandées par Hope : 180 grammes environ toutes les 3 semaines. Mieux vaut extraire moins de sang et multiplier les séances. M. Albert Robin conseille une saignée de 100 grammes tous les 5 à 6 jours. Cela favorise la coagulation du sang dans la poche anévrysmale et amende les symptômes djspnéiques et fonctionnels. Il est difficile, avec la diététique que nous recommandons, de recourir aussi souvent à la méthode ; nous l'espaçons de 10 à 12 jours environ et la faisons pratiquer sous forme de ventouses scarifiées sur le dos :

MALADIES DU (XKUH IT DE LAOllTE Si

4 rentouses seariilëes environ, sauf à augmenter ou à diminuer, suivant les fbreesdu malade. En général, les sujets se soumettent difQcileraent à cette médication. Us Tacceptent les deux ou trois premières fois et protestent ensuite. Comment oser leur tirer du sang, alors qu'on prend à cœur de les laisser mourir de faim?

Rien à dire de bon sur les autres méthodes thérapeutiques. La eampr^sâien dans ranévrysme de Taorte est inutile ou dangereuse, Vapplicaêion locale de glace ne réussit que passagèrement en eas d^éréthisme cardiaque ou de palpitations ; Vaoupunchire, la ftliptmcture sont demeurées enterrées sous Tacte d'accusation dressé par Huchard ; la galvanopuncture expose à des embolies et ne donne pas toujours lieu à la formation des caillots flbrineux et stratifiés qu'on espérait. La ligature a été tentée dans un anévrysme de l'aorte abdominale. Le chirurgien n'avait, il est vrai, qu'à redouter la mort du sujet.

Bile s'est immanquablement produite (40 heures et 4 heures) dans les deux foits rapportés par Huehard.

S"" Maladies et eympidmee associés. — Des maladies associées, il en eet une qui s^améhore d'elle-ménue par le traitement que nous avons recommandé. La néphrite interstiHelle veut le régime lacté de réduction que nous avons prescrit : pou d'aliments solides et une quaatité de liquide n'excédant pas 1.800 à 1.500 grammes par jour. La êhéobromine : % cachets de 50 centigrammes par jour sera la médication instituée ; de plus on se méfiera des indurés qui peuvent provoquer de )*osdème bronchitique. En cas de galop cardiaque, à plus forte

raison en cas de dilatation cardiaque, et signes d'asystolie^ aucun doute : il faut revenir à la digitaline à faibles doses : V gouttes de la solution de digitaline cristallisée à 10 heures. Continuer 8 à 10 jours, interrompre 3 à 4 jours, reprendre 10 jours. C'est une erreur de croire que la digitale augmenta la tension artérielle ; elle ne le fait que dans la mesure où elle rend au myocarde sa tonicité épuisée. Ce qui augmente, c*est surtout Tintervalle entre les tensions maxima et minima, signe que Ténergie du cœur est redevenue normale.

Si la digitale est utile en cas de défaillance myocardique, il est une autre médication qui devient^ en pareil cas« de maniement plus délicat : nous voulons dire la médication mercurielle. Nous avons insisté plus haut sur les règles à suivre en pareil cas :

1* Réduire les signes asystoliques par le repos au lit, le régime de réduction hydro-lacté« la digitaline à très faibles doses (V gouttes 10 jours, interrompre 3 à 5 jours, reprendre 10 jours et ainsi de suite) ; i* la nécessité de commencer par de faibles doses : 5 milligrammes de benzoate de Hg tous les deux jours ; 3"^ la nécessité de suspendre aussitôt, si la quantité d'urine baisse; 4* se méfier particulièrement du mercure, quand il existe un bruit de galop concomitant, l'élévation de la tension artérielle ne contre-indiquant pas par elle-même ladministration du remède.

Si une poche me^fiace de rompre, une saignée devient utile, de même une compression ouatée très modérée pourra trouver son emploi. Les agents hypotenseurs

êriniirine ou nitriles, bien que leur action demeure surtout efficace contre la douleur angineuse et que l'abaissement de la tension artérielle qu'ils produisent ne soit que passager, seront également prescrits à ce moment.

Solat. alcool. Irinitrine à 1/100 .... XL gouttes. Ean distillée 200 grammes.

3 cuillerées à dessert par jour. ~ Continuer 10 jours. Interrompre 10 jours et reprendre si nécessaire (Huchard).

La douleur et la dyspnée cèdent d*ordinaire avec la médication employée. Si elles persistent, l'usage de la morphine à faibles doses sera très apprécié des malades : injection de 1 à 2 milligrammes toutes les 3 heures ; la dyspnée est-elle liée à un spasme glottique, on pourrait songer au tubage ou à la trachéotomie, si l'agent de compression siégeant plus bas que le larynx ne rendait pas pareille intervention parfaitement inutile.

En cas d'œdème du poumon, la saignée redevient la médication d'urgence (300 à 400 grammes de sang soustrait). Contre la dysphagie, les faibles injections de morphine (2 à 3 milligrammes) pourront réussir ; on se gardera de pratiquer le cathétérisme de Tœsophage, qui a parfois provoqué la rupture de la poche.

Toutes ces précautions prises, nous ne dirons pas que le médecin guérira à coup sûr ses malades. Il leur permettra de vivre des années, ce qui est quelque chose, et sans souffrance, ce qui vaut bien qu'on s'en occupe. D'ailleurs, la guérison complète n'est point impossible, ne l'oublions pas. Les moyens que nous venons d'énumérer permettront de l'obtenir avec le plus de certitude unie aux moindres risques.

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