‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 43 sur 58 · I. — La dyspepsie des cardiaques · texte numérisé non relu

I. — La dyspepsie des cardiaques

Il est dans le destin de certains cardiaques de souffrir de dyspepsie à toutes les étapes de leur maladie.

Les troubles qu'ils présentent reconnaissent des types divers. Ce sont des accès gastralgiques avec sensation de tension douloureuse à l'épigastre après le repas ; plus souvent le malade va bien à jeun ; sa langue est rouge et dépouillée ; aussitôt qu'il a pris quelque aliment, il ressent des nausées, une sensation de malaise très pénible. L'analyse du suc gastrique révèle tantôt de l'hyperchlorhydrie, tantôt une hypochlorhydrie extrême ; de plus, la motricité stomacale est considérablement diminuée.

Le traitement sera commandé par la suppression des causes qui provoquent les troubles dyspeptiques. Celles-ci peuvent être rangées dans les groupes suivants : 1^ un retentissement dès le début de la maladie cardiaque sur les branches du plexus solaire; 2° la stase sanguine dans les parois de Testomac et peut-être aussi dans les branches du plexus solaire ; S"" Vemploi tmmo-

déré des préparations digitaliques, de caféine ou de strophantus ; 4" la dépression neurasthénique du sujet, celle-ci constatable dans la plupart des affections chroniques, mais plus angoissante encore| dans les maladies du cœur ; 5^ la mauvaise dépuration urinaire qui agit de plusieurs manières ; d'une façon générale en provoquant des rétentions uréiques qui produisent de Tanorexie et Tamaigrissement du sujet ; ou encore en réalisant les rétentions chlorurées qui seraient suivies du même effet. Mais à côté de l'intoxication générale, il convient aussi de noter les lésions locales de la muqueuse et la dégénérescence des épithéliums glandulaires constatée dans les vieilles insuffisances rénales. Cette dernière série d'accidents est plus fréquente dans les néphrites interstitielles avec cœur rénal que dans les cardiopathies valvulaires; 6^ la déchloruration alifnentai7*e, surtout chez les sujets qui usaient d'une ali* mentation très salée, risque d'amener une certaine langueur digestive, par manque de sapidité des aliments ; 7^ Texistence d'un cancer surajouté.

i^ La dyspepsie initiale des cardiaques. — Ce serait une erreur de croire que les troubles dyspeptiques des cardiaques ne se produisent que dans les désordres avancés, alors que le cœur a fléchi, que la dépuration urinaire est défectueuse, que de nombreuses drogues ont été prises sans modération K Dès le début de l'affection cardiaque, le sujet peut mal digérer.

1. Nous ne partageons point Tavis de M. Losper, qui estime que la dyspepsie des cardiaques mitraux non asystoliques est déjà de l'asystolie, mais une asystolie partielle hépalico-gastro-pancréatique {leçon de Pathol. digestive, p. 178, 3« série 1914).

Deux grandes maladies cardiaques se compliquent de troubles dyspeptiques, avant qu'aucun signe de fléchissement myocaidique ne se constate : VinsuffUance aorUque et le réirécissemenî mitral. l^ palpitation et la dyspnée dont se plaignent les malades seront sans doute combattues par la digitaline à très faible dose (V gouttes de la solution à 1/1000 5 à 10 jours de temps), utile surtout dans le rétrécissement mitral. Pour réel qu'il soit, le soulagement maintes fois se montre insufQsant. Le malade demande davantage. C'est le traitement stomacal concurremment avec la médication digitalique qui lui vaudra sa remise complète sur pied.

Le terme neurasthénie dans l'espèce manque de clarté. En tout cas, une simple dépression morale liée au souci dont le malade se ronge ne suffit point. A ce compte tous les cardiaques seraient neurasthéniques. Or> les sujets atteints d'insunisance mitrale et qui le savent se préoccupent fort peu de leur lésion valvuiaire et digèrent en général fort bien.

Dans l'insuffisance aortique et le rétrécissement mitral il en va autrement. Un retentissement à distance, est-ce par le reflux de l'ondée sanguine qui produit un choc de la paroi vasculaire» dans l'insuffisance aor* tique ; est-ce par la distension de Toreillette dans le rétrécissement mitral, un retentissement à distance semble s*opérer par l'intermédiaire des plexus périaortiques sur les branches du plexus solaire.

Nous ne chercherons pas après Eppinger et Hess dont les idées sont reprises par Loeper ' à démêler si

i. LowBR. Leçons de pathologie digettive. IfasBon et G*% édit., 1914, p. si.

les rë&ctioD8 se passent dans le domaine du vague, du sympathique et à assigner une individualité propre aux types cliniques réalisés par Tune ou Tautre de ces atteintes nerveuses. Ni ranalomie qui nous apprend Tanastomose du pneumogastrique, avec le ganglion semi-lunaire, ni la physiologie, n'autorisent semhlable distinction. Que des types cliniques se présentent sous des modalités dilTérentes, à cela aucun doute. Mais rien ne prouve que cette diversité soit imputable à Tezcitation de deux nerfs distincts.

En général les malades ne ressentent point de douleurs, ils ont plutôt des troubles de motilité caractérisés par de Tatonie et du clapotage stomacal, de la constipation et montrent deux signes éloignés : le refroidissement des extrémités et une insomnie toute spéciale, Tinsomnie des dyspeptiques nerveux qui amène le réveil entre deux et quatre heures du matin, les malades ne se rendormant que très tard, quand a sonné l'heure de se lever. Les cardiaques ont naturellement en plus des palpitations, des extrasystoles, de la dyspnée d'effort.

Quand ce cortège d'accidents se rencontre, le praticien peut en général conclure à une excitation du plexus solaire qui détermine des réactions vaso-motrices à distance et nécessite de ce fait et pour calmer son irritabilité, une médication sédative.

Le bicarbonate de soude associé à des poudres absorbantes, avec l'avantage de calmer sur le moment, offre l'inconvénient de prolonger les malaises. Il combine dans ses effets deux actions de valeur contraire : une /action motrice, immédiate et favorable; une action loin^

laine, excitante et fâcheuse. Les malades qui absorbent du bicarbonate sont tenus d'en user tout le temps ; ils n'atténuent leurs malaises qu'au prix de leur durée. Les doses médicamenteuses souvent les plus minines : Qs'ySO à 0'',40 suffisent pour entretenir une irritation qui retarde indéfiniment la guérison.

Si les simples troubles dyspeptiques moteurs, chez les cardiaques au début, s'accommodent médiocrement du bicarbonate, à plus forte raison, les manifestations douloureuses, celles-ci moins répandues, s*en trouventelles fort mal.

Dans les deux cas, une seule médication convient, le bismuth à hautes doses, pendant une quinzaine, continué plus tard par le bismuth combiné à la magnésie seule, voire de petites quantités de belladone.

Le sous-nitrate de bismuth semble préférable au carbonate de bismuth, en raison de la sécrétion muqueuse plus abondante qu'il favorise sur les parois de la muqueuse stomacale. Cette sécrétion muqueuse est sédative ; pour l'obtenir, sans inconvénient, on aura soin de prescrire, le sous-nitrate de bismuth du Codex de 1884, celui de 1908 étant préparé avec de l'acide azotique anhydre et provoquant parfois une sensation de brûlure assez vive au moment de son ingestion : 15 à SO grammes de sous-nitrate de bismuth à jeun dans un verre d*eau chaude ; s'étendre de cinq à dix minutes de différents côtés pour étaler le médicament sur les différentes parois de la muqueuse stomacale; premier déjeuner une heure après.

En général la constipation, si elle existe, est combattue par le bismuth à haute dose. Néanmoins, quand elle résiste, elle sera réduite par des laxatifs non irri-

tants, les graines de pêyllium, par exemple, une cuillerée à soupe dans un verre d'eau, ou encore le bismuth associé à la tnagnisie par parties égales : une cuillerée à café au coucher.

Au bout d'une quinsaine, le bismuth à jeun sera remplacé par les paquets suivants :

Magnésie hydratée \

Sous-nitrate de bismuth f Aà 1 gramme.

Sacra pulvérisé <

Pour un paquet. .

Un paquet à jeun à 4 heures et au coucher dans un peu d'eau chaude. Diminuer en cas d'action diai^ rhéique; élever la dose de magnésie à 1'',2S, 1^%S0 si la constipation persiste.

Continuer de longs mois.

Nous n'insistons point sur le régime alimentaire approprié. Peu de pain, point de friture, de pâtisserie, un verre d'eau aux repas, un verre d'eau chaude sucrée après. Manger lentement. Un seul point arrêtera notre attention : l'inconvénient des grosses viandes. Ces malades supporteront en général mal le veau, le bœuf, le mouton, le porc (sauf le maigre de jambon), dont l'excitation est trop vive sur la muqueuse stomacale. Des viandes molles, poisson maigre cuit au courtbouillon ou sauté au beurre, le blanc de volaille rôtie, tète de veau, pieds de veau bouillis et additionnés de beurre frais et de jus de citron — passeront infiniment mieux et sans laisser de pesanteurs après elles.

Parmi les médicaments de second plan, il en est un

COMPLICATIONS ET FAUX CARDIAQUES â3i

qui Be place immédiatement derrière le bismuth : la belladone. Nous l'associons, en cas de légères manifestations douloureuses aux paquets précédents — aux doses de 0*',01 à 0*',02 de poudre, à continuer 3 semaines à un mois. On peut encore prescrire la teinture de belladone : Y à X gouttes avant le repas de midi et du soir, dans une cuillerée d'eau ou encore la solution suivante :

Sulfate d'atropine 0c,002

Ëan disUUée 160 grammes.

De nne à deux caUlerées à café (1/iO à 2/10 de milligramme avant le repas de midi et du soir).

La valériane et la teinture de cratœgus peuvent être ordonnées le soir en cas d'insomnie.

On prescrira :

Teinture de cratœgus S à 5 grammes.

Hydrolat de valériane 100 grammes.

Une cniUerée à café au coucher dans un peu d'eau.

M. Loeper a obtenu avec M. Mougcot de bons effets de Végérine; mais il se hâte d'ajouter que c'est « un produit peu stable, d'un maniement délicat et parfois dangereux ». Nous nous garderons donc de le recommander

Si tous ces moyens ne réussissent pas et que les troubles palpitants persistent du côté du cœur, le système des petits repas : un plat toutes les 2 heures, de 8 heures du matin à 8 heures du soir (potage maigre de 150 grammes, un verre à bordeaux de 100 grammes d'eau après les plats solides composés de 6 à 10 cuillerées de pAtes ou de purées, ou de compotes) amèneront

une sédation rapide. L'insuffisance aortique s'en trouvera surtout bien.

Des applications chaudes sur la région épigastrique après les repas, des douches tièdes, une saison à Bonrbon-Lancy ou à Royal compléteront heureusement la médication dont l'ensemble guérira des sujets qui, mettant à tort leurs troubles sur le compte de l'affection cardiaque, tombaient dans la tristesse et se croyaient irrémédiablement perdus.

V La dyspepsie par sêase sanguine. — La médication contre les troubles dyspeptiques eux-mêmes sera concurremment instituée. La stase sanguine sera combattue par la médication digitalique : V gouttes de la solution alcool, deldigitaline cristallisée à 1/1 000, 10 jours de suite. Interrompre 3 à 4 jours et reprendre. A ces doses, jamais des risques d'intoxication ne sont à craindre. 11 nous semble toutefois qu'en pareil cas, il convient d'établir une distinction entre les malades qui marchent et ceux qui sont confinés dans une chambre. Les sujets qui se donnent de Texercice détruisent leur digitaline et l'accumulation ne se produit pas. Quand ils sont immobiles, peut-être convientil de faire quelques réserves. Pouchet, à qui nous avons soumis cette réflexion, est du même avis. Il estime que l'exercice musculaire est un des grands facteurs de la destruction digitalique. Aux doses de V gouttes toutefois, même à l'état d'immobilité, nous n'avons jamais constaté le moindre accident, en continuant ce remède 10 jours et en interrompant ensuite 3 à 4 jours. Quand ces précautions ne sont pas prises et qu'on ordonne le remède à doses plus hautes : XV à XX gouttes plusieurs

jours de suite, on peut observer des signes d'intoxication : exagération des troubles gastriques, coliques intestinales, pâleur du visage, refroidissement général, pouls lipothymies, délire nocturne, hoquet, céphalée, ralenti ou bigéminé. On interrompt le remède et tous les troubles cessent. En cas d'intolérance digitalique par la voie stomacale, le remède sera prescrit par la voie hypodermique (huile digitalique 1/10 milligr., intrait de digitale, 1 centigr., digigoline, 10 centigr., correspondante 1/10 de milligr. de digitaline).

Dans l'intervalle des jours de digitaline, peuvent être prescrits les autres toniques cardiaques : extrait de slrophantus (i à 2 milligrammes); strophantine (1/10 de milligramme) ; sulfate de spartéine (0,05 à 0,10;, et iodure de caféine (eupnine), une petite cuillerée à café dans un demi-verre d'eau 1 ou 3 fois par jour. Cette dernière plus recommandée dans les affections aortiques. La théobromine pourra être ordonnée aux doses de 0'',50 deux fois par jour. Si la diurèse constatée lors des périodes digitaliques se tenait au-dessous de la normale (moins de 600 à l/tK) grammes), on ferait bien de ne pas attendre les périodes intercalaires et d'ordonner la théobromine en même temps que la digitaline.

D^autres moyens — hygiéniques ceux-là — aident à combattre la stase sanguine. C'est d'abord le repos (et surtout le repos au lit), qui est le meilleur des toniques cardiaques.

Ualimentation sera réglée d'une façon sévère; le malade ne boira pas trop, crainte de provoquer une pléthore vasculaire qui augmente le travail du cœur :

pas plus de 1 .!iOO grammes de liquide dans les !4 heares, soit environ 1.000 grammes de lait et SCO grammes d*eau — tout cela à boire par petites gorgées. Une partie du lait alimentaire (la moitié environ), sera réservée à des potages aux farines alimentaires ou aux légumes dont le malade consommera deux à trois par jour. En sorte que sa ration peut être ordonnée ainsi : à 7 heures, cacao au lait ou potage au lait f 280 grammes); à lOheures et à 4heures du lait (ISO grammes), y ajouter une cuillerée d'eau de chaux pour Faciliter la digestion. A midi et à 7 heures du soir, potage au lait — et en plus un ou deux œufs — ou quelques cuillerées d'une purée de légumes ou de pâtes alimentaires (nouilles, macaroni), cuits .à l'eau. Ajouter du beurre frais au moment de servir. En place de pâtes ou de purées, on pourra encore recommander un peu de gâteau de riz ou de semoule, ou quelques cuillerées de gelée de confitures. Le pain est souvent mal toléré \ nous le remplaçons volontiers par des pommes de terre bouillies. Tous les aliments sont très peu salés (3 à 8 grammes de set dans les 24 heures), le chlorure de sodium étant, comme on sait, défavorable dans les états hyposystoliques. Toutefois, là encore, aucune règle fixe ne peut être apportée ; la déchloruration complète exagère souvent Tétat djs* peptique. On se tiendra donc aux environs de ces chiffres de 3 à 8 grammes que nous avons fixés. Si le malade ne souffre pas de Testomac, on pourra en plus lui permettre un peu de vin non acide (vin de Bordeaux), dans son eau des repas : 100 à 180 grammes par jour ou une cuillerée à bouche de cognac par verre d'eau.

Le malade mangera lentement, laissera un intervalle

de dix minutes entre ses plats^ se renversera après les repas sur un fauteuil, où il restera immobile 3/4 d'heure.

30 La dyspepsie par dépremon neurasthénique. — La dépression neurasthénique, souvent indépendante des rétentions chlorurées ou uréiques, se superpose à toutes les formes de dyspepsie et à toutes les périodes de la maladie cardiaque. Outre les préparations bismuthées ou bicarbonatées le traitement psychique garde sa haute importance, il faut rassurer le malade, le convaincre de sa guér;son, d'autant plus que Tespoir d*une amélioration est souvent réalisé. Les états hyposystoliques s'améliorent souvent et guérissent même, si. le malade qui était gros perd de Tembon* point. La diminution du poids du sujet facilite le travail du cœur et lui permet de remplir ses fonctions alors qu'à la période d'embonpoint il ne suffisait pas à sa tâche.

La dépression nerveuse sera combattue par les injections hypodermiques : glycérophosphate de soude {0^,VS), ou plutôt sulfaté de strychnine (ampoules stérilisées de 1 milligramme).

Ou bien :

Sulfate de strychnine Oc'.Ol

E&n distillée et boni 11 ie 10 grammes.

Chaque centimètre cube renferme i milligramme de substance active. Une injection 10 jours de suite.

4* La dyspepsie par abus médicamenteux et autres causes, — Les médications cardiaques seront surveii-

lées. Nous avons déjà parlé de la digitaline. L'ingestion prolongée de la caféine donne lieu également à des troubles : insomnie, agitation, trémulation ; la strophantine produit de Tamaigrissement, de la diarrhée, de l'albuminurie, des phénomènes nerveux. Le praticien surveillera remploi de ces remèdes; comme nous l'avons dit, il nous semble préférable de n'y recourir que par intervalles peu prolongés.

5* Quant à la mauvaise dépuration unnaire, ses effets seront atténués, outre l'emploi des cardio-toniques, de la théobromine, par l'institution du régime alimentaire. On donnera peu de sel pour éviter les rétentions chlorurées, très peu de viande ou pas du tout, pour éviter des rétentions uréiques. Les rétentions chlorurées et uréiques amènent, en effet, un état de dépression générale du svget qui exagère l'intensité des troubles digestifs. Le régime hydrique poursuivi 3 à 6 jours sera souvent suivi des meilleurs résultats.

6"" Quant à la déchloruration alimentaire, il est aisé de remédier à ses inconvénients. Les malades en état d'hyposystolie ou d'asystolie doivent prendre peu de sel ; mais la quantité de 4 grammes à 6 grammes (moitié de la quantité habituelle) suffit à entretenir la bonne nutrition des tissus.

Si les malades sont œdématiés, une déchloruration complète poursuivie pendant 15 jours à 3 semaines précédera la reprise de ces quantités modérées de sel. Le poivre, moutarde et autres condiments, ne valent rien. Ils irritent, déterminent des sensations de brûlures, ne font pas mieux digérer.

7* A côté de ces causes diverses, il convieDt d*en ranger une autre, pas si exceptionnelle qu*il paraît, et dont le praticien doit tenir compte s'il veut éviter une fâcheuse erreur de pronostic : le cancer du tube digestif chez les cardiaques. Dans l'espèce un double écueil est à redouter ; voir un cancer où il n*est pas. Certains cardio-rénaux à Tappétit absent, au teint pâle, simulent parfois un cancer stomacal. Que le médecin ne se hâte pas de conclure que tout est perdu. Un régime approprié peut remettre le malade en état et il est plutôt désagréable de s'entendre dire, en voyant passer un gaillard qui parait se porter à merveille : ce Tiens, voilà le condamné à mort de ce bon docteur. »

8* Les causes sont combattues ; resté l'effet qui est la dyspepsie elle-même, la langueur dans les fonctions digestives, le ballonnement épigastrique et Tétat nauséeux, plus rarement les douleurs. On prescrira de petites quantités de bicarbonate de soude, prises par doses fractionnées. Le bicarbonate de soude réussit mieux que les préparations bismuthées pour les cas où le myocarde a fléchi.

iïS^'r M«r'': : : : : : ] »» ceaOgramo...

Pour nn cachet.

Un cachet aprôg chaque repas et en pins entre les repas, si nécessaire (de 5 à 6 cachets par jonr).

En cas de douleur on peut prescrire les gouttes :

Teinture de jusquiame ^

-* de belladone ^4 grammes.

— thëbalque ^

IV gouttes avant les repu dans une cuiUeréu d'eau.

M A M DUS DU Cr&Ull CT M l'aOKTK **

Ou bien ]e sous-nitrate de bismuth : 15 grammes délayés le matin dans un yerre d'eau chaude ; continuer 12 jours environ. Déjeuner une heure après.

La constipation, si elle existe, sera combattue par des poudres laxatives ou une pilule aloétique prise au coucher.

Dans les cas d*asystolie, le traitement par la réduction des liquides (600 à 7S0 grammes de lait et d'eau sans autres aliments) sera poursuivi par verres à bordeaux d'heure en heure plusieurs jours de suite.

Certains cardio-rénaux sont atteints de crises diarrhéiques qui se prolongent parfois pendant des semaines. Cfes diarrhées ne seront point arrêtées brusquement, car elles servent d'agent d'élimination supplémentaire. Le rein fonctionne mal, l'intestin le remplace. Néanmoins si les selles sont trop abondantes (plus de 2 ou 3 dans les 24 heures) il convient d'en réduire le nombre. On supprimera le lait qui sera remplacé par des pâtes et des purées épaisses au bouillon de légumes. Si la suppression du lait ne suffit pas, on prescrira la médication acide, X à XX gouttes d'acide chlorhydrique avant les repas dans un demi-verre d'eau ou une cuillerée à soupe avant les repas dans un demiverre d'eau de sucs gastriques naturels (dyspepUne, suc gastrique de porc ou gastérine, suc gastrique de chien).

Par contre, ne laissons pas passer inaperçue la complication d'un cancer. Vous promettez un mieux que semble autoriser l'amélioration du cœur et cepen-

dant les digestions Tont de plus en plus mal. Et cela traîne des mois et des mois, car il semble que TobservatioD de Berthier est justeS le néoplasme évolue plus lentement chez les cardiaques.

En pratique, et à supposer qu'aucun signe objectif ne révèle la présence d'une tumeur, qu'elle sera la conduite du médecin? Tout d^abord^ ordonner la médication causale, relever le cœur, favoriser la diurèse, prescrire le régime lacto-hydrique et le repos au lit si le cœur fléchit ou que les reins fonctionnent mal ; supprimer les cardio-toniques si ces derniers ont été prescrits à trop hautes doses et un peu à tort et à travers, alors qu'aucune indication ne réclamait leur emploi. Supprimer la déchloruration, ajouter du sel si, les œdèmes ayant disparu, Tinappétence persiste. Remonter le moral comme dans certaines insuffisances aortiques bien compensées où le sujet désolé attribue au cœur des accidents imputables à son affaiblissement nerveux.

Et puis après ? On verra bien. Chez un cardiaque obèse de 62 ans avec insuffisance myocardique, tout retour à une alimentation plus substantielle entraînait des vomissements immédiats; de plus, en dépit de la disparition de la dyspnée, le teint demeurait jaune. L'examen répété des garde-robes montra des hémorragies occultes constantes et quinze mois plus tard, le sujet succombait à des accidents de péritonite cancéreuse. A maintes reprises, nous avons insisté sur la valeur diagnostique de ces hémorragies occultes. Ici encore leur constatation rendra de grands services au

i. Bekthier. Les cancers chez les cardiaques. Thèse Lyon,

praticien* (Test d'ordinaire ainsi que les choses se passent quand il B*agit d*une insuffisance myocardique ou cardio-rënale. Les troubles dyspnëiquea disparaissent, Tanorexie persiste. Berthier signale la concomitance possible d*une symphyse përicardique ches un malade. d*un anëyrysme de Taorte chez Tautre. Nous n'avons pas observé ces dernières associations morbides.

En général : troubles cardiaques et dyspeptiques seront traités en même temps ; mais ici une double éventualité se fait jour, ou le cœur est résistant ou il a fléchi. Dans la première conjoncture, rien à faire. On soigne les cancers par les moyens habituels, sans se préoccuper du cœur qui va bien.

Si le cœur présente des signes d'insuffisance (galop cardiaque^ dilatation avec gonflement des jugulaires, gros foie, congestion œdémateuse des poumons» urines albumineuses) : repos au lit^ régime laoto-hydrique de réduction (750 grammes de lait et 750 grammes d*eau) quelques jours de suite, digitaline cristallisée (1/10 de milligramme), théobromine (2 cachets de 50 centigrammes).

Au bout de 6 à 8 jours, retour à une alimentation plus substantielle^ surtout lacto-végétarienne» et cela pour une double raison. Les cardiaques hyposystoliques supportent mal la viande; les cancéreux éprouvent du dégoût pour elle. Seulement les hydrocarbones euxmêmes passent avec peine. L*anorexie persistant, on prescrira les sucs gastriques fUitureU (gastérine, dyspeptine) : une cuillerée à soupe avant les repas dans un verre d'eau; continuer une huitaine. Alterner ensuite avec les amers, le condurango :

Extrait flaide de coodurango .... XXX gouttas. Sirop d'écorces d'oranges amères . . 20 grammes. Eau disUUée lîO —

2 cuillerées à soupe avant le repas de midi et du soir.

Ou :

Pondre d'écorce de condorango. '. . . • { 44 qi» 3q Bicarbonate de soude ( *

P. 1 cachet. — 1 cachet avant les repas.

Paraissent moins efficaces les solutions de persulfalâ de soude :

Persulfate de soude 2 grammes.

Eau distillée 300 —

1 cuillerée à soupe avant le repas de midi et du soir.

Ou le métavanadate de soude :

Métavanadate de soude 0^,02

Eau distillée 300 grammes.

1 cuillerée à soupe avant le repas de midi et du soir.

Maintes fois le cœur s'améliore, sans doute sous l'efTet du repos forcé auquel TafTaiblissement soumet les cancéreux. D'autres fois, l'ulcération néoplastique intro* duisant des agents infectieux dans la circulation, on peut constater des signes d'une endocardite végétante, cette dernière complication étant plus rare.

La digitaline, si le cœur est insuffisant, pourra être ordonnée, alors même que la fibre myocardique a recouvré toute sa ténacité et à titre préventif : soit 1/10 de milligramme tous les 3 ou 4 jours. Si la digitaline est mal supportée, ce qui arrive quelquefois, employer les solutions injectables par voie hypodermique

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(huile digitalique 1/10 de milligramme ou telle autre spécialité).

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