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VI. — L'infarotUB du poumon ohes les cardiaques

L'infarctus latent qui ne se retrouve qu'à l'autopsie, n'intéresse pas le praticien. Son attention se fixe sur l'infarctus ordinaire qui fait suite aune embolie chez les cardiaques et se révèle avec son triple cortège de point de côté, de dyspnée violente et d'expectoration sanglante.

La gravité de l'infarctus dépend surtout de la maladie qui lui a donné naissance et des accidents infectieux qui font suite.

Dans le rétrécissement mitral, la complication est moins grave que chez un cardio-rénal et peut guérir, en dépit de hautes températures consécutives. La broncho-pneumonie est fréquente, et son pronostic naturellement plus noir dans les cas où le myocarde et le rein sont touchés simultanément.

Dans son ordonnance, le médecin s'occupera à la fois du traitement cardiaque et du traitement pulmonaire.

!• Traitement cardiaque, — Repos absolu au lit, régime lacto-hydrique (750 gr. de lait et 7S0 gr. d'eau), traitement digitalique à très faibles doses (V gouttes de la solution de digitaline cristallisée à'1/1000), 8 à 10 jours. Interrompre 4 jours. Reprendre 8 jours. On

objectera que la digitaline, en contractant le cœur, risque de déplacer un nouveau caillot. A très faibles doses, le risque n'existe guère; encore est-il moins accusé que le danger, en laissant le cœur dilaté, de permettre à d'autres caillots de se former. Les V gouttes de digitaline n'offrent aucun inconvénient; on renforcera leur action par l'emploi concomitant de la théobromine (2 cachets de 50 centigr. par jour) .

2* Traitement pulmonaire, — Contre le point de côtéy des auteurs conseillent une injection de 0<',01 à 0<%02 de morphine. Nous ne saurions trop nous élever contre semblable pratique. Les hautes doses de morphine sont dangereuses chez les cardiopathes au cœur fléchissant. Une déchéance irrémédiable et rapide du myocarde, une syncope mortelle risqueraient d'y faire suite. Injections de 2 à 3 milligr. de morphine ; appliquons quatre à cinq ventouze$ scari fiées. Quant aux inhalations (Toxygéne, ceux qui les conseillent ne semblent pas avoir vu l'effort considérable que déploie le pauvre malade pour vider le ballon de son contenu ; qu'on exprime le ballon devant ses narines, rien de mieux, mais de grâce qu'on ne Toblige pas à le vider lui-même.

De môme pour Vhémoptysie : pas de traitement déprimant, pas d'ipéca^ pas d*émétine, cette dernière en injections sous-cutanées, même aux doses de (M^yOÎ, risquant de déprimer. Contentons-nous de couvrir le thorax de ventouses sèches, rappelons-nous que l'hémorragie est le plus souvent minime, et que la morphine, si l'hémorragie est abondante, est encore le meilleur moyen de l'arrêter (2 milligr. en injections

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toutes les 3 heures si nécessaire). La même médicaiien sera utilisée contre la toucs quinteuse.

Si ItiflèvPô s^élivây les injections d^AuiJf camphrée (à 1/10) sont la meilleure médication : une injection toutes les 8 heures. On aura parfois dû y avoir recoure dès le début, si un état syncopal a ouvert le tableau morbide. En pareil eas, on y ajoutera de Téther, suivant la formule connue :

HuUe d'olivo stérUisée , . ^

Eth«r sulforique t ^ grammw.

C^roplire \ —

Les enveloppement chauds du thorax, entravant la respiration, sont mal tolérés; on recourra aux cataplasmes sinapisés trois fois par jour, aux enveloppements ottatés secs matin et soir, recouverts de taffetas gommé ; le sujet prendra 1 litre de lait et autant de tisanes chaudes (tilleul, mauve, etc.), auxquelles il adjoindra 3 à 4 cuillerées k soupe de cognac ou de vieille eau-de-vle par jour.

Comparées aux injections d*huile camphrée, les médications internes, en dehors de la digitaline et de la théobromine, n'occupent qu'une position de second plan. On pourra prescrire néanmoins une potion à y acétate d'ammoniaque ou à la litfueur ammoniacale anisée associée à de faibles doses de caféine :

Acétate d*ammoaia(|ue liquide ... 5 grammes.

ou

Liqueur ammoniacale anisée .... i»,50

Wéio^ Qr.S5

Liqueur d* Hoffmann 10 grammes.

Hydrolat de mélisse 140 —

Une cuillerée à soupe toutes les 2 heures.

I^eg petites (ioses d'adrénaline (sol. à 1/1000^ V à X gouttas 2 à 4 fois par jour) pourront être également utilisëQ^ pour combattre Tadynamie cardiaque.

lift gravité de l'infarctus yient bien plutôt de Tétat cardiaque que de l'état pulmonaire ; une broncho^pneu«mppie eût-elle à survenir, c'est encore en amenant une dâfaillc^nce du oisur qu'elle assombrit le pronostic.

L4 guérison, pour rare qu'elle soit, est possible comiQe nous l'avons dit tout à rfieure.

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