VII. — L'insomnie et les complications nerveuses
Si les malades se plaignent de ne pas digérer, un autre symptôme les fatigue encore davantage, je veux dire Tinsomnie. Rien de pénible comme la nuit des cardiaques ; assis dans un fauteuil, ils ne peuvent fermer l'œil. Aussitôt qu'ils s'assoupissent, l'oppression les réveille en sursaut.
Pour dormir, il faut calmer l'oppression. Celle-ci reconnaît deux causes principales :
V L'insufBsanoe du rein qui produit la rétention des déchets de nutrition ;
f" La dilatation du cœur.
Il faut ouvrir la voie pénale par le régime hydrique, hydrorlacté, puis lacté, aidé de la théo)>romine et tonifier le cœur avec la digitaline.
L'association, quand elle est nécessaire, de cette double médication réalise des prodiges. En 34 heures, souvent, l'oppression a disparu, surtout si les premiers jours le malade ne boit pas trop de liquides et se soumet
au régime hydrique suivi du régime lacto*hydrique (un verre à bordeaux toutes les heures d'un mélange d*eau et de lait^, 12 à 15 verres à bordeaux dans les 24 heures. Parfois, Tinsomnie n*est pas liée à Toppression ellemême, mais à la dyspepsie concomitante ou à Tépuisement nerveux du sujet. CSe dernier trouble s*observe assez communément dans une affection valvulaire du cœur, Tinsuflisance aortique. Cest en s'adressant à la cause initiale : dyspepsie où épuisement nerveux, que le sommeil sera rendu au malheureux.
Les hypnotiques ne seront prescrits qu*en désespoir de causée Ils doivent en effet assoupir le système nerveux, non le cœur. Cette condition est malheureusement mal remplie : la plupart assoupissent à la fois le système nerveux et le cœur, en sorte que le malade dort ; mais le matin, il s'éveille et son cœur va plus mal.
De légères doses à*héroine (1 milligr.), de morphine (2 milligr.) en injections sous-cutanées, le soir, assurent de meilleures nuits. Le sirop de chloral, toutes les 4 heures une cuillerée à café ou une cuillerée à dessert au coucher, le véronal, le trional, Thédonal, l'hydrate d'amylène peuvent également être employés, mais aux doses le plus faibles possibles. 11 faut se méfier de toutes ces drogues qui combattent l'effet, je veux dire l'insomnie, en aggravant la cause, nous entendons le fléchissement du myocarde.