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IX. — Les douleurs articulaires et musculaires

chez les cardio-rénaux.

Nombre de cardio-rénaux spnt atteints de douleurs articulaires et musculaires, et celles-ci reconnaissent deux causes. Ou bien elles sont liées à des rhumatismes antérieurs, qui persistent et s'exagèrent même à i'occa* sion de la maladie cardio-rénale, ou bien cette maladie

oardio-rënale est seule en cause. La ooexistenoe des douleurs et d'une maladie cardio-rënaie soulève d^importants problèmes thérapeutiques. Trois des malades que nous avions vus antérieurement ont été plus tard envoyés à une station sulfureuse et en sont revenus avec une aggravation immédiate de leur état. C'est là un danger contre lequel nous tenons à prémunir les médecins. Sachant que des douleurs précèdent une maladie cardio-rénale ou sont exagérées et parfois même simplement produites par elle, ils ausculteront avec soin leurs malades, les feront marcher rapidement par la chambre, et si ces derniers laissent entendre un bruit de galop, interdiction complète leur sera formulée d'un séjour aux stations sulfureuses. Ou bien ils seront dirigés vers une autre station et une lettre spéciale au médecin de la station lui signalera l'état du cœur. C'est Tunique manière d'échapper à des désastres comme ceux dont nous avons été témoin : des malades revenant de leur saison thermale sulfureuse avec des atteintes irrémédiables du myocarde. D'autre part, en dehors des stations bydro-minéraies, attention aux remèdes. — L'antipyrine, l'aspirine, contre les douleurs de reins sont capables de provoquer une crise d'urémie. — Nous en avons noté deux exemples, un chez un prêtre de 32 ans qui succomba d'une manière foudroyante, après avoir pris 1 gramme d'antipyrine, l'autre ches une dame de 9i ans qui fut prise d'une crise d'urémie dyspnéique pour avoir absorbé 0*',75 d'aspirine. Cette dernière guérit.

Deux éventualités, avons-nous dit, se font jour : 1® le malade avait des douleurs qui avaient précédé l'inva-

sion de sa maladie cardio-rénale. Ces douleurs affectent l'allure de myalgies rhumatismales et d'arthrites chroniques avec poussées subaigués qui affectent les jointures les plus diverses (pieds» genoux, coudes, poignets). Ce rhumatisme peut être d'origine infectieuse ou diathésique ; quand il est d'origine diathésique, il est commandé souvent par les mêmes causes (arthritisme, excès d*alimentation carnée, etc.)* qui déterminent l'affection cardio-rénale. Une fois la maladie cardio-rénale entrée en jeu avec son cortège d'albuminurie et les signes d'hypertension artérielle, il n'est pas rare de voir les douleurs antérieures augmenter d'intensité et de fréquence; il semble que la lésion rénale, en entravant l'élimination de déchets de nutrition, exagère les douleurs qui résultaient déjà de l'irritation produite sur les jointures par les principes d*une nutrition mai ordonnée ; S^ les douleurs n'apparaissent qu'au début de la maladie cardio-rénale. Ces douleurs sont de deux ordres : ou bien elles traduisent une poussée rhumatismale concomitante, ou bien elles sont la signature d'un état toxique compliqué plus ou moins de neurasthénie, qui résulte surtout de la rétention dans l'organisme des principes uréiques ou chlorurés. Dans ce dernier cas, ce sont moins des manifestations articulaires qui sont observées, que des douleurs musculaires vagues dans les lombes, le dos, à la base du thorax, les muscles des cuisses et de la jambe. Nous ne parlons pas de la céphalée si fréquente en pareil cas, mais qui appartient peut-être à des formes d'intoxication plus accusée et dont la nature tenace et douloureuse exclut d'ordinaire toute espèce d'hésitation. Quant aux névralgies vraies, elles sont relativement

rares, et moins souvent observées que dans le diabète. Néanmoins des douleurs angineuses liées à de la névralgie périaortique s'observent maintes fois.

Ces divisions indiquent la conduite à suivre. Dans tous les cas, le régime alimentaire sera institué avec sévérité. Il n'est pas rare, du jour où le malade est soumis à une alimentation lacto-végétarienne, de voir ses douleurs se dissiper, alors même qu'elles étaient liées, non à la lésion rénale, mais au rhumatisme luimême.

Dans le régime lacto-végétarien, entreront surtout le lait, les potages aux légumes, les fruits, tous aliments renfermant beaucoup de sels de potasse ; ils agissent de ce fait très favorablement chez les arthritiques, par les oxydations qu'ils activent, et la diurèse qu'ils augmentent. Quant à l'action toxique possible des sels de potasse contenus dans les légumes et les fruits, c'est là une vue schématique qui n'est point justifiée dans la pratique. Toutefois les aliments riches en acide oxalique (oseille) seront interdits. Le cacao est bien toléré en dépit de sa richesse en acide oxalique et n'augmente pas les douleurs. Le malade ne mangera pas trop de pain ; car le pain, comme la viande, acidifie le sang. En place de pain, les pommes de terre bouillies, qui alcalinisent le sang au lieu de Tacidifier (A. Gautier;, seront également conseillées. De plus, l'alimentation sera peu salée, car le sel en excès trouble l'équilibre osmotique des humeurs, met obstacle aux combustions, pousse à boire plus que de raison (Pascault).

Le régime alimentaire, tel que nous venons de l'in-

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diquer, étant applicable dans toas led cas, quelqiies particularités sont tirées de la nature des doule^rsi

!<" Quand les douleurs soni neUÉment dCàfHginé rAtimaiiêmale et que les reins sont relativement sains, à la grande rigueur de très faibles dosés û"a%pifïfiè (Qs'.bO ayant le repas une fois par jour) seront prescrits quelques jours de suitci Mais que de précaUtiohë dans leur emploi ; comme bous venons de le dire noue avons tu Utie dame faire une crifte d*ttfémië djspnéique à la suite d'une dose de ^,1^ d'aspirine. SI le médecin croit devoir intervenir avec cette médication, il sera toujours prudent de la faire précéder d'une application de ventouses scarifiées sur les reins et TibstitUtion du régime lacto-bydrique: On pourra plutôt recourir, si le sujet est faible, aut arsehicaux :

Arséniate do soude Oi^iOS

)^VL distillée 30Û grammes.

Une cuillerée à dessert oa à potage ayant le repas de midi et du soir.

Pour le traitement externe, on pourra recourir aut haiM de sable chauds^ aUx badigeonnages de teinêure (fiode, aux massages, si la période aiguA des douleurs est terminée. Une saison aux eaux de Bourbon-Lancy ou de Royal, avec toutes précautions prises pour éviter la fatigue du cœur, sera concurremment ibstituée.

Il va de soi que si des signes de faiblesse cardiaque (bruit de galop) coïncident avec des troubles de dépuration urinaire, toute médication contre les douleurs sera aussitôt abandonnée. On recourra aUx faibles doses de digitaline crislallisée (Y gouttes de la solution aie. à 1/iOOO, continuée 10 jours; interrompre 3 à

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b jours et reprendre), et à la ihèùbtominè (t à 3 dachets de 90 cântigr. (lar jour) et le malade be sera pas e&royë à une station hydro-minérale.

2^ Quand les douleurs $oni d'origine cardio^énale et liées k des altérations de la dépuration urina ire, c'est ce dernier trouble qu'il donyient surtout de réduire. On ordonnera la digitaline, la théobromine, jamais d'antipyrine ni d'aspirine; un Ou deux jours de régime lacté ou hydro-lacté par semaine Suivant la pratique de Huchard ; les massages généraux, ces derniers faisant grand bien et réduisant très vite les douleurs thoraciques, lombaires, dans les membres, qui sont constatées en pareil cas. Ck)ntre la dépression nerveuse^ des injections sous-cutanées de léoiéhine, de glycér(hphosphaie de soude, etc., fourniront un appoint utile au traitement.

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