‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 28 sur 41 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

La fièvre typhoide (1) peut aussi se compliquer d’une méningite. Dans ce cas, le microbe incriminé peut être le bacille d’Eberth, mais peut être aussi ben le staphylocoque (Sergent et Lemaire) ou le pneumocoque (Dervitte). Il y à également une méningite paratyphique : c’est le paratyphique B qui est généralement en cause (Sacquépée) ; cette méningite paratyphique se rencontre surtout chez le nourrisson.

La méningite grippale est très rarement provoquée par le cocco-bacille de Pfeiffer. Quand 1l ést en cause, il est généralement associé à d’autres germes. Mais le plus souvent, on rencontre les agents habituels d’infection : pneumocoques, streptocoques, colibacilles, ete. Certains auteurs ont réussi à isoler un bacille spécial, le bacille R (Sacquépée et Peltier).

La méningite ourlienne a été décrite pour la première fois par Chauffard (1904) ; puis par Sicard, Dopter, Nobécourt, Hutinel. Elle survient habituellement quelques jours après la défervescence ; quelquefois même au cours de la maladie accompagnant la fluxion : on l’a vu se déclarer chez l’adulte conjointement à l’orchite.

Tout récemment Voisin a eu l’occasion d’observer un cas de méningite ourlienne particulièrement grave, qui s’est terminé par la mort en très peu de jours :

(1) Miülhit (Médecine Moderne, janv.-fév. 1913), résume ainsi le . traitement des méningites éberthiennes : ponctions lombaires répétées, pratiquées avec le maximum de précaution, le malade 221ong. On retire 30 à 40 centimètres cubes de liquide. On injecte dans ie canal rachidien 5 centimètres cubes d’Electrargol. En outre : bains chauds et non froids ou tièdes ; vessie de glace sur la tête. Bromure et chloral s’il existe de l'excitation.

eee l’infection méningée dans ce cas avait précédé l’inflammation de la parotide.

Le liquide céphalo-rachidien est sous une tension élevée, mais il reste généralement à peine trouble ; quelquefois 1l est tout à fait clair. Sur 41 cas d’oreillons, Fiessinger a observé cinq fois la méningite ; dans ces 5 cas le liquide était clair et aseptique.

T'eissier et Esmein dans un-cas ont trouvé le tétra. gène comme agent d'infection.

La méningite scarlatineuse est rare, on ne l’a guère observée que chez l’enfant ; le germe cause de l’infection méningée est tantôt le streptocoque, tantôt le staphylocoque (Weil et Mouriquand), surtont le pneumocoque (Hutinel).

La méningite de la rougeole a été également décrite chez l’enfant. Lemierre, Michaux et Limasset l’ont rencontrée chez un adulte ; leur observation est celle d’un homme qui fut pris en pleine période éruptive morbilleuse, de céphalalgie, de torpeur, de raideur de la nuque, de photophobie, d’inégalité pupillaire et d’anurie. La ponction lombaire donna un liquide d’aspect puriforme. L’examen bactériologique resta négatif. L’infection méningée dans ce cas a rapidement guéri.

Ces méningites purulentes bactériennes ont une formule cytologique moins constante que les méningites cérébro-spinales à méningocoques ; aussi l’examen chimique prend ici toute sa valeur.

Ra. ns

D'une facon générale, on retrouve la formule qui est celle de tous les états infectieux : polynucléose avec altérations leucocytaires et globules de pus ; mais cette réaction polynucléaire peut manquer, notamment dans la méningite à pneumocoques (Triboulet, Ribadéau- Dumas, Debré). Elle prend le type lymphocytaire sans cytolyse et sans globules de pus, dans la méningite scarlatineuse, dans la méningite ourlienne (de Massary et Tokmann), dans la méningite rubéolique (1).

On voit ainsi que si la méningite bactérienne primitive garde généralement la- formule cytologique spéciale aux méningites cérébro-spinales à méningocoques (polynucléose exagérée avec cytolyse), la ménimngite bactérienne secondaire, a une réaction polynucléaire moins nette et qui souvent peut manquer.

Cela est conforme avec ce que nous connaissons de la façon de réagir des séreuses. Toutes les fois qu'il s’agit d'infections aiguës, bien nettes, avec présence dé microbes nombreux, très virulents ; toutes les fois que les phénomènes cliniques indiquent une réaction vigoureuse à une attaque brutale, le phénomène sé traduit par une polynucléose intense avec altérations du leucocyte.

Quant au contraire l’infection est légère, ou lente, quand elle agit de loin par l’intermédiaire de toxines vaso-dilatatrices, c’est la réaction lymphocytaire qui apparaît. C’est celle qui s’inserit dans les états infec-

(4) Le cas de méningite rubéolique observée par MM: Lemierre, Michaux et Limasset, comportait un liquide d'aspect puriforme, où le microscope ne décela auëéun germe, et dont la formulé éytoi gique indiquait une proportion de 20 pour cent de lymphocytes.

tieux qui se prolongent, là où il y a une cause d'irritation durable persistante (Anglada).

La formule chimique, elle, reste plus fixe, elle est absolument superposable à celle des méningites à méningocoques. Elle se résume ainsi : : point CryosCopique abaissé, sucre diminué, albumine augmentée. L’urée, les chlorures, la toxicité sont des données de second ordre vis-à-vis de l’hypoglycose et de l’hyperalbuminose.

Voici un type de formule chimique trouvé au

cours d’une méningite consécutive à une pneumonie (Voisin) : |

NADINE En 9. gr... 60.

COMTESSE RTE 6 gr. 42.

SIICLES Home ME ES en Ur Drorero RSR RM SEE CNRS ES 13 gr. 40.

CENTRE 8 gr.

Enfin, la recherche de l’agent infectieux dans le liquide céphalo-rachidien par le triple procédé classique (examen direct, mise en culture, inoculations à l'animal) peut rester négative (cas de Lemierre, Michaux et Limasset).

Du fait d’une sérothérapie spécifique inexistante ou insuffisamment mise au point, nous sommes à peu près désarmés devant de telles infections méningées, qui revêtent généralement un caractère de hante gravité. La mortalité demeure élevée.

Res

Comparativement à la mortalité moyenne de la méningite à méningocoques qui est de 21 pour cent, on trouve :

Pour la méningite à pneumocoques : 75 p. cent.

Pour la méningite à staphylocoques : 91 p. cent.

Pour la méningite à streptocoques : indice presque fatal. (Bernard in Gauthier, 1908).

Ces chiffres expliquent pourquoi la, sérothérapie antistreptococcique tentée par quelques auteurs ne s’est pas généralisée. D'ailleurs, les cas d’infection de ce genre comportent une gravité telle, et une évolution généralement si rapide qu’on ne peut guère apprécier la valeur du procédé qu’on n’a souvent pas le temps de mettre en œuvre.

Nobécourt et Peyre signalent, en effet (1), l’évolution rapide et généralement fatale des quelques cas d’infection méningée à pneumocoques et à streptoco-ques qu'ils ont eu à soigner ; ( au contraire, les mé- « ningites à méningocoques, plus fréquentes, ont eu « une marche moins foudroyante et ont guéri dans (« une proportion élevée ».

L’infection des méninges par les microbes autres que le streptocoque, le staphylocoque et le pneumocoque, comportent un pronostic un peu moins sombre.

Les chiffres de MM. Ramond et Résibois portent sur 33 cas de méningite :

Dont 15 à microbes divers, traités par la ponction

et l’injection d’or colloïdal, donnent 40 pour cent de guérisons.

(4) S. M. H,, 27 avril 1917.

Page 1