‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 29 sur 41 · B7R0UE · texte numérisé non relu

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Alors que les 18 cas à méningocoques et paraméningocoques, traités par la sérothérapie conformément aux règles classiques, ont donné une proportion bien p'us favorable : 70 pour cent de guérisons.

Le traitement des méningites aiguës repose sur trois ordres d’indications : les indications tirées de l’infection initiale ; les indications tirées ‘de l'élément anatomique, c’est-à-dire de la lésion, et les indications tirées des symptômes.

Certaines infections comportent en effet, par leur nature bactériologique même, un traitement spécial : telles, le paludisme et la syphilis. Dans ces deux infections, le traitement est si précis et si utile qu’il faudra l’instituer même quand l’existence de cette infection ne sera que probable ou rationnellement possible. D’autres infections ont un traitement moins spécifique, mais cependant spécial et souvent efficace tels sont, le salicylate de soude dans l’infection rhumatismale aiguë, et la quinine dans la grippe.

1] y à souvent lieu d'appliquer à la méningite aiguë le grand traitement général des maladies infectieuses : c’est-à-dire les bains chauds à 38° ou 40°, la saignée, et les injections de sérum physiologique, sous-cutanées ou intraveineuses.

Les bains chauds calment les douleurs et les contractures favorisent la diurèse et agissent thermiquement sur les agents microbiens en stimulant tous les moyens de défense de l’organisme, en particulier, la

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phagocytose. Dans des cas d’infection particulièrement grave et sidérante, il semble qu’on ait pu tirer bénéfice, du bain froid : on connaît les succès obtenus dans les localisations intracraniennes de l’infection rhumatismale aiguë. Néanmoins, le bain chaud constitue l’indication de choix dans la plus grande majorité des cas.

La saignée à été tour à tour très prônée et très discutée. Il est évident que son indication est une question d’espèces. La spoliation et l’anémie consëcutive, cessent précisément d’être un danger à redouter, si on fait suivre la saignée d’injections de sérum artificiel, L’organisme sera aïnsi débarrassé d’une partie des microbes pathogènes et de leurs toxines. La microbiologie contemporaine a mis en lumière à côté de l’importance pathogénique du microbe, l’importance non moins grande du nombre des microbes pathogènes et de la quantité de leurs toxines.

Nous examinerons plus loin le rôle des injections de métaux colloïidaux, de l’électrargol en particulier.

Parmi les indications tirées de l’élément anatomique, c’est-à-dire l’inflammation des méninges, on retrouve la saignée, légitimée ainsi par un second ordre d’arguments ; les sangsues et les ventouses scarifiées auxquelles on demandera, soit une action révulsive, soit une action dérivative. La révulsion du côté de la peau comprend encore, Les sinapismes et cataplasmes sinapisés formant de grandes bottes enveloppant tout le membre inférieur. La révulsion intestinale est réalisée par les purgatifs, notamment le calomel, soit à doses fractionnées de 0 gr. 10 à 0 gr. 20

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toutes les deux heures, soit à doses massives, 0 gr. 50 à une ou deux reprises tous les deux ou trois jours.

Cette médication parmi laquelle il y a lieu de faire un choix en s’inspirant de l’état du malade sera complétée par l’usage des compresses froides ou mieux de la vessie de glace sur la tête, l’administration du chloral ou du bromure, comme il à été dit précédemment.

« Les émissions sanguines et les révulsifs dont on « faisait autrefois grand usage ne répondent à aucune « indication utile ; comme ils peuvent être une « cause d’affaiblissement et de souffrance pour le « malade, il n’y a pas lieu de les mettre en œuvre & (Guinon : Traité de Médecine; 1904).

Sans aller jusque là, disons que la médication précitée ne se fera pas sans un choix judicieux, une critique minutieuse des indications qu’elle comporte souvent une certaine réserve et une certaine discrétion ; qu’enfin, elle ne constitue pas la médication essentielle de la méningite aiguë,

Si un grand nombre de symptômes is être traités par des médicaments, il faut souligner que la plupart (convulsions, contractures, céphalée) sera mieux combattue par la ponction lombaire que par les médicaments usuels.

La ponction lombaire fréquente est done ici encore, le procédé de choix, qui domine toute la thérapeutique : & il faut avoir la ponction lombaire facile » (Rosenthal).

Les tentatives thérapeutiques les plus diverses ont été faites durant ces dix dernières années pour le traitement des méningites bactériennes. Des solu-

tions bactéricides de toutes sortes ont été injectées dans les espaces sous-arachnoïdiens : le sublimk, l’acide phénique entr’autres. Nous avons dit (page 31), le peu de bénéfice qu’on devait attendre de ces moyens dans la méningite à méningocoques ; le résultat ne semble guère plus favorable dans les cas de méningite bactérienne. - da

Franca a préconisé le lysol en injection à 1 pour cent dans une communication à la Société de Biologie (1), 1l signale l’excellence des résultats qu’il en obtient — la méningite à pneumocoques mise à part.

C’est ici que les préparations colloïdales sont d’un légitime emploi. Le collargol, l’électrargol, l’or colloïdal, le rhoïdium ont été utilisés. Auquel de ces produits donner la préférence et quelle voie adopter pour l’injection ?

Victor Henri et Gompel ont montré que les métaux colloïdaux injectés sous la peau ou dans la veine ne se retrouvaient pas dans le liquide céphalo-rachidien : on a done légitimement adopté l’injection intrarachidienne (Caussade et Joltrain, Carrieu).

Quant au choix du médicament, avec nombre d’auteurs (Carrieu, Roger, Depasse), nous donnons la préférence aux préparations stabilisées, stérilisées et isotoniques d’Electrargol, plus faciles à conserver, à manier, et sans doute aussi plus actives.

5 centimètres cubes d’Electrargol seront injectés dans le canal rachidien conséeutivement à la ponction lombaire. L’opération comporte l’observation des mêmes règles appliquées à la sérothérapie antiménin-

(1) Société de Biologie, réunion du 21 avril 1917.

gococeique. Il se produit souvent une réaction fébrile intense, quelquefois des tremblements violents surviennent, puis la température redescend ; la céphalée, les symptômes pénibles s’atténuent et le liquide céphalo-rachidien, parfois assez rapidement, à la troisième ou quatrième ponction s’éclaircit et perd ses caractères pathognomoniques.

Depasse a ainsi soigné et guéri une méningite gono- coccique et une méningite otique. Sebileau et Pasquier fournissent une observation de méningite a preumocoques traitée et guérie par le même procédé.

Un dothiénentérique de Carrieu est mourant d’une complication méningée quand on institue le traitement par l’Electrargol ; après une crise intense de tremblements (1), le soulagement s’opère immédiat dès la première injection, et la guérison est obtenue dans la suite.

. Au Congrès international de Médecine de Londres (1913), le Docteur Coulet a rapporté le cas d’une méningite suppurée consécutive à une otite moyenne aiguë, suivie au bout d’un mois d’une rechute grave et guérie après trois ponctions lombaires, dont deux furent suivies d’une injection intrarachidienne de 9 centimètres cubes d’Electrargol.

En matière de méningite, le secret du succès consiste à attaquer vite. Perdre d’abord deux ou trois jours

(4) « Ces tremblements ont débuté par les membres supérieurs, « puis successivement ont envahi le tronc, les membres inférieurs « et la face, montrant l'excitation de l’axe nerveux. Il faut être « prévenu de leur apparition possible et ne semblent pas avoir de « Signification fâcheuse. Ils sont seulement la preuve de l'absorption « immédiate des métaux électriques » (Th. Durand, Montpellier, 1908).

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par üne thérapeutique lente, en se réservant d’agir plus tard par une méthode rapide, c’est presque sûrement vouer le malade à la mort.

Dans l’observation de Paul Laurens, nous voyons un grand nombre d’injections intraveineuses de collargol impuissantes à réaliser l’asepsie du milieu . méningé, alors qu’une seule injection intrarachidienne d’Electrargol a ce résultat.

Contre l’injection intrarachidienne d’Electrargol, on peüt invoquer la violence de la réaction qu’elle provoque. Mais il ne paraît pas que celle-ci ait été jamais nuisible, et tout au contraire son efficacité est certaine. Une observation antérieurement publiée par M. Barth en fait foi. C’est d’ailleurs sans doute une question de doses : et il est facile de déterminer la quantité d’Electrargol nécessaire pour amener la guérison, avec le minimum de réaction méningée.

Enfin, au point de vue prophylactique, il convient en présence d’une infection donnée, de ne pas se contenter d’instituer une thérapeutique antiinfectieuse générale, mais encore surveiller de près les portes d’entrée buccale et nasale (à l’aide des soins antiseptiques, voir chapitre précédent) et traiter précocement les affections auriculaires qui propagent si fréquemment l’infection aux méninges.

En résumé, en présence d’une méningite aiguë suspecte, la meilleure conduite à tenir nous paraît être celle-ci : pratiquer l’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien, et si l’on y trouve des polynucléaires abondants, en histolyse, considérer une telle méningite comme septique. Sans perdre du temps à

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attendre le résultat de la culture, injecter d’emblée quelques centimètres eubes d’Electrargol dans le cul-de-sac arachnoïdien, pour réaliser l’asepsie du milieu méningé avant qu’aient eu le temps de se produire d’irrémédiables lésions de l’axe médullaire. Ce qui ne dispense pas, du reste, du drainage quotidien des méninges par la ponction lombaire.

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