‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 36 sur 41 · LES · texte numérisé non relu

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La grande majorité des auteurs a accepté sans protestation la ponction ventriculaire. Le lavage à d’abord été accueilli comme une « audace thérapeutique », une tentative désespérée à quoi on se résoud à la toute dernière extrémité.

Une telle facon de voir est infiniment regrettable puisqu'elle tend précisément à ne soumettre au traitement que des malades désespérés, pour qui le bénéfice en est perdu d’avance.

La ponction ventriculaire étant admise, on ne voit pas quel risque supplémentaire, la ponction rachidienne simultanée y viendrait apporter. Elle constitue au contraire une soupape de sûreté qui permet d’éviter les accidents d’hypertension. Dès lors pourquoi ne pas profiter de la présence simultanée des deux aiguilles, placées à chaque extrémité de l’espace sousarachnoïdien, pour en effectuer le drainage complet par passage d’un liquide suffisamment fluide pour s’insinuer, pour diffuser à travers les obstacles possibles, et consécutivement drainer tout ou partie de ces obstacles ? Quel procédé mieux que le lavage en réaliserait l’évacuation ?

L'emploi d’un colorant permet de contrôler le passage du liquide à travers toute la cavité. Le liquide coloré tarde-t-il à sortir par l’aiguille opposée, le diagnostic d’oblitération des orifices normaux, d’exsudats cloisonnants, est confirmé ; on ne pousse pas plus avant ; il ne reste qu’à pratiquer, par une extrémité puis par l’autre, de l’espace sous-arachnoïdien, un double lavage successif, suivant la méthode Aubertin- Chabanier, un bain sans pression, de cet espace, suivi de l’injection de sérum définitif.

L'opération ainsi comprise — et réservée aux cas exceptionnels que nous signalons — est parfaitement légitime.

Nous avons dit la raison des insuecès antérieurs.

Les constatations nécropsiques ont maintes fois fait regretter aux cliniciens l’abstention opératoire : ces regrets toujours amers seront notre seule excuse de tirer des quelques observations citées plus loin, des conclusions interventionnistes.

Critiquant la ponction ventriculaire — et à fortiori ces reproches atteignent aussi le lavage — on a pu écrire (1) : &« Il y a eu des succès sans doute, mais il n’est pas bon en clientèle d’impressionner vivement l’entourage en vue d’un but, qui risque de ne pas être atteint. En cas d’échec, c’est toujours le médecin qui est responsable ».

À ces lignes, opposons la déclaration de Caussade (page 174) : « Est-il permis d’ailleurs d’hésiter et de « discuter quand le malade va mourir et qu’on n’a « plus d’autres ressources pour le sauver qne de

(1) Journal des Praticiens, 27 oct, 1917,

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& porter le sérum sur les points malades eux-mêmes ».

Pour nous, notre choix est fait, entre les deux attitudes, la résignation au pire n’est pas celle que nous préférons. Le devoir n’est-il pas dans ces cas extrêmes de lutter avec toutes les ressources, avec les toutes dernières ressources dont le médecin dispose, jusqu’à la dernière minute.

Disons plutôt que le simple devoir consiste justement à ne pas attendre la dernière minute pour recourir à l’emploi de moyens légitimes, que commandent les circonstances.

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