PISE
cytes et quelques monos ; quelques rares diplocoques, Gram-négatifs, intracellulaires. Albumine : 5 grammes ; Na Cl : 6 gr. 8. ,
Liquide de lavage médullo-ventriculaire ; même forjules mêmes éléments moins nombreux. Pas de germes. Albumine : 7 gr, (augmentation due au sérum antiméningococcique) ; Na Cl:: 6 gr. 5.
Suiles opératoires. — Les urines recueillies montrent œue le bleu de méthylène a passé dans la circulation générale et s'élimine par les reins quelques heures après l'injection sous-arachnoïdienne ; l'élimination dure plus de vingt-quatre heures. :
Le soir de l'intervention et surtout le lendemain 21 mars, l'amélioration est manifeste. Le malade est sorti du coma ; il reconnaît son entourage, dit souffrir beaucoup moins de céphalée qu'avant l'intervention. La température est de 36°4 ; le pouls à 80. -
Le pansement est renouvelé le lendemain de l’opéralon ; il est fortement imbibé de liquide séro-hématique. La mèche de gaze est supprimée le troisième jour.
Une rachicentèse pratiquée vingt-huit heures après l'opération donne issue à un liquide jaune trouble ne présentant plus de coloration bleue. La formule cytologique est modifiée puisqu'elle est composée pour un tiers de lymphocytes. Il existe encore quelques rares diplocoques. Gram-négalifs, extracellulaires. Les cultures donnent en vingt-quatre heures, sur gélose-ascite et sur gélose, des colonies nombreuses de diplocoques cineréus, déjà isolé lors du premier examen. Albumine : 10 gr. ; Na Cl 6 gr. 4 Pas de coagulation spontanée ni provoquée par addition de sérum sanguin frais.
Nous pouvons obtenir, soit: du malade, soit de l’entourage, quelques renseignements sur les suites de la trépanation cranienne subie, en 1914 et sur le début des troubles
actuels. Ces renseignements ont été ultérieurement complétés par le médecin aide-major Rottenstein, qui a observé ce malade à plusieurs reprises, dans son service d’Avignon.
Depuis la trépanation, A...:. se plaignait de céphalée, de vertiges qui ont entraîné plusieurs fois la perte de connaissance et la chute. Tous les deux ou trois mois, il était réveillé La nuit par des crises de tremblement et de contracture de” courte durée, frappant exclusivement le membre supérieur droit. Au début de janvier 1917, il à souffert de maux de tête très violents, pour lesquels il est entré à l’hôpital d'Avignon le 5 ; ce jour-là, il aurait présenté une crise de contractions du membre supérieur droit de dix minutes de durée. La rachicentèse montra un liquide hypertendu, clair, et fut suivie de la rétrocession des signes cliniques.
Les accidents actuels remontent à la fin de février. A cette époque le malade est obligé de cesser son travail, il souffre de céphalée, de rachialgie et de douleurs généralisées. II a des sueurs, la nuit, coïncidant vraisemblablement avec des poussées fébriles. Il est constipé. Après une amélioration passagère de un à deux jours de durée, il est brusquement pris d’agitetion et de délire ; le 13 mars, il est amené. à l'hôpital d'Avignon, d'où il est évacué le 17, sur le Centre neurologique de Marseille.
Le 22, le malade fait une poussée thermique de 38°6 ; le pouls est à 80. Une ponction rachidienne donne issue à un liquide encore trouble et est suivie d’une nouvelle injection de 40 centimètres cubes de sérum antiméningococcique. Le liquide est encore plus jaune que la veille ; il se forme, peu après qu'il est recueilli, un gros coagulum fibrineux, qui se rétracte ensuite. Albumine : 10 grammes; Na Cl : 6 gr. 8.
Le 23, l’état continue à s'améliorer journellement ; les
vontractures. diminuent ; l’intellect n’est obnubilé à aucun moment. La température ne dépasse pas 37°3 ; pouls 76. La ponction lombaire soustrait un liquide jaune d’or qui se coagule en masse dans un des tubes où il à été. recueilli ; un peut retourner à peu près complètement le tube, sans que le caillot formé se déplace. Albumine : 8 grammes ; Na Cl : 6 gr. 6. Pas d'injection de sérum.
Le 26, nouvelle ponction : liquide légèrement xanthochromique, à peine troublé, culot insignifiant, rougeâtre. Polynucléaires non altérés : 50 0/0; lymphocytes 50 0/0 ; hématie. Pas de germes ni à l’examen direct, ni en cultures.
Le 3 avril, l'état général est excellent. Ponction lombaire : liquide de coloration à peu près normale ; albuune : +:e7,50 ; Na:Cl: 6er. 8
L’opéré a commencé à se levér quinze jours après l’intervention. La plaie ne suppure pas et est en très bonne voie de cicatrisation.
Le 3 mai, le malade est en parfaite santé ; on ne constate aucune lésion du système nerveux ; les réflexes tendineux sont normiaux ; les pupilles sont égales, contractiles, régulières. L'examen ophtalmoscopique montre un tond d'œil normal ; pas d’hémianopsie. L'équilibre psychique est radevenu tout à fait bon. La plaie opératoire est, depuis longtemps, complètement cicatrisée.
Ponction lombaire : liquide clair, mais avec, encore, ne légère réaction leucocytaire (40,6 leucocytes par millimètre cube à la cellule de Nageotte, dont 90 0/0 de lymphocytes) et albumineuse (0 gr. 75).
APE Le , Sorti de l'hôpital le 15 mai, nous envoie de ses bonnes nouvelles le 6 juin ; il nous écrit qu’il se sent même bien mieux qu'il y à six mois.
Has
OBSERVATION XIX. — Méningite cérébro-spinale prolongée à méningocoques. — Trépano-ponction du ventricule latéral droit. — Injection ventriculaire de sérum. — Guérison. —
MM. Neveu-LemaIRe, Desevre et Rouvière (Presse Médicale du 21 sept. 1916).
eee (Lucienne), née le 29 avril 1903, habitant Saint- Pol-sur-Mer, est entrée dans le service des méningites le à janvier 1916, à 16 heures. À son entrée à l'hôpital, la malade est dans un état comateux ; il est impossible de lui arracher une parole ; elle présente de l'incontinence d'urine et des matières et se plaint d’une céphalée violente.
A l'examen clinique, nous constatons des signes très nets de méningite cérébro-spinale : dilatation pupillaire, herpès labial, raideur de la nuque, signe de Kernig ; température 38°. Par un médecin du laboratoire, nous apprenons qu'il s’agit d’une rechute : atteinte depuis le 22 décembre de méningite, cette jeune fille a d’abord été soignée chez elle par un médecin civil et a reçu trois injections de sérum antiméningococcique de 10 centimètres cubes chacune, après quoi est survenue une amélioration notable.
En interrogeant la mère qui accompagnait la malade, nous obtenons les renseignements suivants
Antécédents personnels. — La fillette a toujours eu une santé délicate : tout jeune enfant, elle a contracté la diphtérie.
Antécédents héréditaires. — Le père, actuellement mobilisé, à fait une fièvre typhoïde au cours de son service militaire. La mère a de fréquentes syncopes et de Ia bronchite chronique. Les grands parents, du côté paternel, sont morts ; nous n'avons pas pu savoir de quelle affec-
tion. Les grands parents, du côté maternel, vivent encore : la grand'mère est rhumatisante. La jeune malade a une sœur de 14 ans, malingre, ayant eu des abcès froids, tombant fréquemment en syncope, et un frère de 7 ans de constitution assez faible. Un cousin, fils d'un oncle paternel, est mort de méningite en quelques jours, à l’âge de D ans.
4 janvier. — Avant de pratiquer la ponction lombaire, comme il n’y avait pas eu d'injection de sérum depuis dix jours, nous avons procédé à la vaccination pour éviter ies accidents anaphylactiques. Nous injectons dans une veine du pli du coude un demi-centimètre cube de sérum dilué dans dix fois son volume de sérum physiologique. Immédiatement après l'injection, nous observons une cvanose assez accentuée, de la dilatation pupillaire et du ralentissement du pouls. Quatre minutes après, nous injectons 1 centimètre cube de sérum dilué ; les accidents précédents n’augmentent pas. Deux minutes après, nous injectons encore 5 centimètres cubes de sérum dilué. Tout rentre dans l’ordre. Dix minutes plus tard, nous injectons 12 centimètres cubes du même sérum dilué, et, comme tout accident a disparu, nous pratiquons un quart d'heure après, dans le canal rachidien, une injection de 30 centimètres cubes de sérum antiméningococcique pur, après avoir retiré 35 centimètres cubes de liquide louche teinté de jaune. +
Ce liquide examiné au laboratoire de bactériologie de l'armée, présente les particularités suivantes
y Polynucléaires.. 62 0/0
Examen histologique: Polynucléose l'Mohonteléaires 28 00
Examen Pas de méningocoque à l'examen direct. bactériologique Culture positive : Méningocoque agglutiné,
Examen ; Albumine. 3 gr. 40.
chimique Sucre..... O0 gr. 46.
à janvier. — Deuxième ponction lombaire. Nous retirons 30 centimètres cubes de liquide louche et jaunûâtre, puis nous injectons 30 centimètres cubes de sérum antiméningococcique. Cette injection est suivie d’une légère amélioration ; la raideur de la nuque diminue, mais la parole ne revient pas. L'incontinence d'urine et des matières persiste. :
6 janvier. — Troisième ponction lombaire. Nous retirons 30 centimètres cubes de liquide jaunâtre et nous injectons 20 centimètres cubes de sérum mixte (10 centimètres cubes de sérum antiméningococeique et 10 centimètres cubes de sérum antiparaméningococcique). L'exainen du rhino-pharynx est négatif : il n’y a pas de méningocoques. à
7 janvier. — Quatrième ponction lombaire. Nous retirons 25 centimètres cubes de liquide jaunâtre mais plus clair que la veille et nous injectons 20 centimètres cubes de sérum antiméningococcique. L'amélioration s’aècentue, Ja raïdeur diminue et la malade commence à répondre par monosylilabes. L’incontinence des matières et de l'urine persiste toujours.
11 janvier. — Cinquième ponction lombaire. Nous retirons 20 centimètres cubes de liquide clair, à peine teinté de jaune et nous inijectons 20 centimètres cubes de sérum. Ie liquide est de nouveau examiné par le laboratoire de bactériologie de l’armée.
Examen histologique : mononucléaires moyens et grands. ;
Examen bactériologique : pas de méningocoques.
18 janvier. — Nous procédons à un deuxième examen
du rhino-pharynx sans trouver de méningocoques. L'état général ne s'améliore pas, la raideur à disparu, mais la céphalée persiste avec cris hydrencéphaliques fréquents le jour comme la nuit. L’incontinence d'urine et des ma-
tières fécales n'a pas varié, La physionomie est grimacante, l’amaigrissement considérable, les vomissements fréquents. Nous pensons alors à une localisation cérébrale de la méningite.
22 janvier. — Nouvelle ponction lombaire. Nous retirons auelques centimètres cubes de liquide absolument clair. Plusieurs ponctions dorsales sont tentées sans obtenir de liquide ; l’une d'elles a donné quelques gouttes de liquide teinté de sang. En présence de ces symptômes cliniques, nous décidons de pratiquer la trépano-ponction.
23 janvier. — Pour éviter l’anaphylaxie en cas d’injection de sérum intraventriculaire, nous faisons une injection hypodermique de 2 centimètres cubes de sérum antiméningococcique ; le lendemain matin, nous injeCcterons de nouveau sous la peañ 5 centimètres cubes du même sérum. l
24 janvier. — Au niveau du prolongement frontal du ventricule latéral droit, M. Debeyre, aidé de M. Rouvière, pratique la trépano-ponction, retire 35 centimètres cubes de liquide clair ou à peine louche et injecte 15 centimètres cubes de sérum antiméningococcique dans le ventricule.
Dans la nuit, l’opérée à quelques vomissements encore, mais l’état général se montre satisfaisant. Trompant Ia surveillance de l'infirmière, la petite malade arrache son pansement, désunit les lèvres de la plaie du cuir chevelu, en se grattant ; d'où hémorragie : c’est, d’ailleurs, le seul incident post-opératoire.
L'examen du liquide céphalo-rachidien extrait du ventricule droit donne
Liquide Culot de centrifugation très léger, un peu hémorragique céphalo-rachi- Lymphocytose pure, relativement peu abondante (42 à 15 dien éléments par champ).
provenant }Pas de bacilles tuberculeux à l’examen direct. du Pas de miningocoques.
ventricule Albumine. O0 gr. 533.
droit. Analyse chimique | Glucose... 0 gr. 876. (Laboratoire). Na CI... rer 12
26 janvier. — La température s’abaisse et l’état général cevient peu à peu meilleur,
À partir de ce jour, nous ne notons plus qu’un peu de raideur dans les articulations des membres inférieurs, des couleurs au niveau de l'articulation coxo-fémorale droite, Une contracture en flexion, abduction et rotation externe de la cuisse droite sur le bassin qui font penser à une coxalgie subaiguë au début ; mais fous ces symptômes cèdent, au bout de quinze jours, à l'extension continue du membre inférieur droit.
La période de convalescence commence bientôt et la petite malade quitte l'hôpital, complètement guérie, vers la fin du mois de mars.
OBSERVATION XX. — Fpendymite à méningocoques. — Sérothérapie locale. — Guérison. — [,. FiscHer (New-York Médical Journal, 26 mars 1910, p. 625).
DOFa Re: , 2 mois, admise le 2 octobre 1909, syndrome méningé depuis trois jours, avec convulsions et tension de la fontanelle. Quatre ponctions lombaires en quinze jours donnent quelques gouttes de liquide teinté de sang, pas de microbes. Les symptômes persistent avec de grandes oscillations de la température. Ponction ventriculaire ; on recueille 15 centimètres cubes de liquide très trouble à méningocoques, irrigation des cavilés ventriculaires avec de l’eau physiologique tiède, puis on injecte 25 centimètres cubes de sérum de Flexner, on répète la même thérapeutique le lendemain. L'état général reste précaire, il y à de la contracture, la lumière vive, la moindre excitation provoque des convulsions toniques. On fait encore une injec-
Cie
tion intraventriculaire de 15 centimètres cubes de sérum et une injection rachidienne semblable. À partir du 26 octobre : Tempéreture normale, l’état général s'améliore, l’enifant prend bien le sein, ne vomit plus, la contracture du rachis et des membres diminue. Examen ophtalmoscopique normal. Le 16 décembre, l'enfant quitte l'hôpital en excellent état, aucune trace de cécité ; une ponction Iombaire est sèche ; deux ponctions ventriculaires donnent à peine de Hquide, clair, stérile. Progrès normaux ensuite,
GBSERVATION XXI. -— Méningite cérébro-spinale cloisonnée. — Trépano-ponction ventriculaire et injection de sérum intraventriculaire. — Guérison. — T'RIBOULET, ROLLAND ef
FENESTRE (Académie de Médecine, séance du 13 jui ‘1911, rapporteur M. NeTTER).
Marcelle: M5: ; 25 mois, entrée au vingtième jour d'une méningite cérébro-spinale. M. Triboulet, en dépit Jd'injections intrarachidienties de sérum, n'obtient pas d'amélioration. On a, d’ailleurs, beaucoup de peine à récueillir quelques centimètres cubes de liquide sanglant renfermant des polynucléaires et pas de microbes, au moment des ponctions. Au contraire, le crâne s’élargit progressivement, l'examen du fond de l'œil montre une atrophie des deux papilles avec réaction très faible à l'excitation lumineuse. Pensant à une méningite cloisonnée, on pratique une trépano-ponction du ventricule gauche, on recueille 15 centimètres cubes de liquide clair, avec éléments cellulaires nombreux et méningocoques. On injecté 15 centimètres cubes de sérum de Flexner dans le ventricule. On peut ensuite pratiquer la sérothérapie lom-
baire, onze ponctions permettent de recueillir 30 centimètres cubes de liquide ambré (parfois avec méningocoques) à chaque intervention.
Résultat immédiat peu favorable” Mais l'enfant, revue t'ois mois après, est complètement guérie, sans aucune -équelle ; elle à grandi, la vision est complètement revenue, un examen du fond de l'œil fait foi de cette amélioration inespérée.
OBSERVATION XXII. — Méningo-épendymite à méningocoques, — Sérothérapie intraventriculaire. — Guérison. — BoUcH*
(Journ. Méd. de Bruxelles, 15 février 1912),
Nourrisson de 4 mois, vu lé 2 janvier 1912, malade depuis quinze jours (somnolence, strabisme, fontanelle tendue, Kernig, tremblements, vomissements, constipation, pas de fièvre). Ponction ventriculaire : liquide purulent riche en méningocoques, on en recueillé 60 centimètres cubes. On injecte 30 centimètres cubes de sérum. Les jours suivants, on pratique quatre ponctions ventriculaires et quatre ponctions lombaires, suivies d’injections de 30 centimètres cubes, puis de 20 centimètres de sérum : liquide stérile lors des dernières ponctions. Les symptômes méñingés s’amendent rapidement, disparition du Kérnig, de la raideur, du strabisme, enfant éveillé, prenant bien le sein, ne vomissant plus.
Le 2 février, l'enfant va bieï, à pris du poids, n’à pas de séquelle ; une dernière ponction ramène un peu de liquide, clair et stérile.
OBSERVATION XXIII. -— Méningite cérébro-spinale, épendyÿmite à méningocoques. — Trépano-ponction cérébrale. — Sérothérapie intraventriculaire. — Guérison complète. — DE VERBIZIER et CHAUVEL (Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 7 juillet 1916).
Homme de 43 ans, signes non douteux de méningite cérébro-spinale ie 9 juin 1916. Du 9 au 16 juin, on pratique sept ponctions lombaires et on injecte en tout 210 centimètres cubes de sérum. La fièvre subsiste, l'opisthotonos ne diminue pas, la raideur de la nuque est très pénible. Le liquide céphalo-rachidien est trouble, riche en polynucléaires, les méningocoques ne disparaissent que le 12 juin. On obtient le liquide de plus en plus difficilement ; le 15 juin, l’état du malade s'aggrave considérablement : température 39°8 ; il y a du délire, la céphalée est intense, la diurèse diminue, le pouls saute à 120. Le sérum injecté n’est plus absorbé, il est inefficace ; les vhénomènes genéraux s’aggravent.
Le 16 juin, trépano-ponction du ventricule gauche, on aspire 20 centimètres cubes de liquide incolore (énorme quantité de méningocoques phagocytés dans les cellules épendymaires desquannées, très rares polynucléaires), injection de 20 centimètres cubes de sérum tiède. Suites Gpératoires parfaites, amélioration immédiate : la céphalée disparait, température entre 37° et 38°, la diurèse augmente, les raideurs cèdent progressivement. Au début de juillet la guérison est complète.
Les ponctions lombaires pratiquées depuis l'intervention cranienne ont permis de constater la persistance du tiquide jaune constitué par du sérum non résorbé, sans
aucun microbe ; la mononucléose a progressivement remplacé les polynucléaires, puis le liquide est redevenu normal ; le 1* juillet, il est limpide, ne renferme plus aucun élément.
OBSERVATION XXIV. —— Méningite cérébro-spinale à méningocoques. — Forme comateuse très grave. — Méningococcémie. — Purpura. — Injections intrarachidiennes de sérum suivies d'accidents épileptiformes. — Liquide de ponction lombaire s'écoulant très difficilement. — Injections sériques paracérébrales par la fente sphénoïdale. — Guérison. — P. CazamrAn (Sociélé de Thérapeutique, 8 déc. 1915).
Ar (Jean), 31 ans, matelot, entre dans notre service le 17 mars 1915, atteint d’une forme extrêmement sérieuse de méningite cérébro-spinale. Coma ; pouls misérable ; pupilles dilatées ; respiration irrégulière ; Kernig intense. Vaste éruption purpurique généralisée. La ponction iomhaire, aussitôt pratiquée, permet de retirer à grand peine 20 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien, presque crémeux tant il est purulent. On fait 20 centimètres cubes de sérum antiméningococcique et 10 centimètres cubes de sérum antiparaméningococcique. L’injection est suivie d’une violente crise épileptiforme (qui cède aux inhalations d’éther).
Le 18 mars, état comateux presque désespéré ; incontinence des sphincters ; pouls petit et très rapide, irrégulier. Dans la matinée, nous Combinons à une injection de 40 centimètres cubes de sérum intrarachidien une ponction sphénoïdale droite (qui ramène du liquide crémeux) avec introduction paracérébrale de 20 centimètres cubes de sérum.
Dans l'après-midi, ponction sphénoïdale itérative, du côté gauche ; injection de 20 centimètres cubes de sérum, le liquide céphalo-rachidien est déjà moins purulent,
Le 19 mars, une amélioration manifeste se dessine ; nous continuons les injections rachidiennes de sérum , la guérison complète est obtenue dans le courant d'avril après l'introduction paracentrale de 380 centimètres cubes de sérum.