‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 9 sur 41 · SO EE · texte numérisé non relu

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premier cas quels ils sont. À partir de ce moment, le clinicien a entre les mains toutes les armes utiles pour lutter contre l’infection méningée.

La formule chimique donne des chiffres voisins de ceux-ei qui sont des chiffres réels, empruntés à Mestrezat :

Albumine 4 gr. (par conséquent augmentée).

Chlorures 6 gr. 75 (abaissés).

Sucre 0 gr. 20 (très abaissé, peut manquer).

Extrait 15 gr. 60 (élevé).

Cendres 8 gr. 73 (normales ou augmentées).

La formule eytologique est celle de tous les états infectieux aigus : une polynucléose prédominante, progressive, avec altération prononcée des éléments leucocytaires, présence de globules de pus, de cellules endothéliales. Elle est par exemple celle-ci :

Polmneléarese nue re 84 p. cent.

Grands et moyens monos ...... 13 p. cent.

Bimbo este per 3. P, cent.

(Observation de Hudelo et Merle).

L'élément intéressant, c’est d’abord le taux des polynucléaires et surtout les altérations qu’ils présentent : déformations de leur noyau et de leur protoplasme qui caractérisent les globules de pus.

Enfin, l’examen microscopique a aussi montré la présence de diplocoques plus ou moins nombreux, extra ou intra-cellulaires, Gram-négatifs. |

Ces germes ont été longtemps confondus et groupés

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sous l’étiquette unique de méningocoques. Leur morphologie, leurs cultures, leurs caractères biologiques, étudiés plus en détail, en ont maintenant permis l’identification exacte.

Ce sont les échecs de la thérapeutique qui ont mis sur la voie de cette distinction (Dopter, 1909).

Le méningocoque étant connu et le sérum antiméningococcique employé, il s’est trouvé que des cas à allure clinique identique à ceux de la méningite à méningocoques, n’était nullement infiuencés par le sérum spécifique. Il fallut bien supposer que l’agent causal devait être, en dépit des apparences, différent.

On fut ainsi conduit à une analyse minutieuse de la morphologie de ces germes, de leurs caractères biologiques et de leurs réactions différentes et, consécutivement à une distinction des « pseudo-méningocoques » et des « paraméningocoques ».

Tandis que les premiers diffèrent nettement du méningocoque vrai, tant par les caractères morphologiques et biologiques que par les procédés de culture, les seconds, eux, ne s’en différencient que par un certain nombre de réactions humorales.

Le méningocoque se présente sous la forme de cocci groupés par deux ou par quatre, inelus dans la cellule de pus, quelquefois dans le noyau. Entouré d’une capsule, il est de plus auréolé ; maïs il perd cette auréole sur les cultures.

On le colore par les couleurs basiques d’aniline, généralement on se sert du Ziehl dilué. Il est décoloré par le Gram. C’est, pour employer la formule courante : un microbe Gram-négatif.

Il pousse en 48 heures à 37° sur agar glycériné en donnant des colonies en gouttes de rosée.

Il est strictement aérobie.

I vit mal dans le liquide céphalo-rachidien ; si on pratique la culture huit ou dix jours après le début de l’infection méningée, on risque fort de ne pas le retrouver.

Le paraméningocoque a les mêmes caractères morphologiques et culturaux que le méningocoque. Il a également les mêmes réactions sucrées (1). Il s’en différencie uniquement par les épreuves d’agglutination et de précipitation.

Ces paraméningocoques d’autre part ne peuvent être rangés dans le groupe des pseudo-méningocoques, en raison de leurs caractères fermentatifs différents.

Différenciation des pseudo-méningocoques par leurs caractères fermentatifs (Dopter).

MICROBES Levulose (Glucose Maltose Saccharose Galactose Lactose

Méningocoque et Para-

méningocoque.........

M. Catarrhalis ..........

Gonocoque ren Dipb. flavus I........ ..

D'AHAVUS EIRE RECETTE Da vus Alec une D'Acrassus 2 Cebec:cse

+Fer+re ce HAE RO ++++se+

(1) Le rapprochement analogique entre paraméningocoques et méningocoques d’une part, paratyphiques et typhiques d'autre part, n'est pas à faire. Les bacilles paratyphiques et les bacilles d’Eberth se différencient — entr'autres réactions — précisément par la fermentation des sucres. Lee

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Les notions concernant l’étiologie, la pathologie et la symptomatologie des méningites à méningocoques sont du domaine classique.

Quant aux méningites à para et à pseudo-méningocoques, en dehors de la notion exacte de la nature de l’agent pathogène, on ne sait à peu près rien sur leur étiologie et leur pathogénie. Dans les cas observés jusqu'ici, il s'agissait d’atteintes sporadiques développées d’une facon pour ainsi dire autochtone, sans qu’il ait été possible de saisir entre elles un lien étiologique net. Il est cependant un point d’étiologie qui présente un grand intérêt au point de vue du traitement préventif : le rhinopharynx est le repaire des germes voisins du méningocoque comme il est celui du méningocoque lui-même. De là, ils peuvent fuser dans la circulation sanguine ou lymphatique pour provoquer l'infection méningée. :

Ces méningites ne diffèrent pas, tant au point de vue anatomopathologique qu’au point de vue clinique, des méningites à méningocoques. C’est le syndrome méningé classique ; si on note parfois de légères variations dans ce tableau symptomatique, elles ne peuvent dans aucun cas être considérées comme spécifiques.

L'aspect macroscopique du liquide de ponction lombaire ne fournit pas non plus de caractère distinctif. Comme dans la méningite cérébro-spinale, le liquide céphalo-rachidien est ordinairement trouble, son aspect variant du simple louche à la purulence. Dans certaines méningites à pseudo-méningocoques, on a pu noter un liquide céphalo-rachidien clair, mais on

sait aujourd’hui qu’il peut exister des méningites à méningocoques avec liquide elair.

Un seul fait est capital et tous les auteurs s’accordent à lui donner üne importance considérable : c’est l’insuccès de la sérothérapie antiméningococcique. Ménétrier (1914) chez un nourrisson de 4 mois pratique cinq injections de sérum antiméningococcique sans aucune amélioration ; alors que l’emploi du sérum antiparaméningococcique amène une amélioration immédiate et consécutivement la guérison. Dans un cas de gonococcie étudié par Marfan et Debré, l’injection de sérum antiméningococcique fut sans aucun résultat.

C’est précisément cet échec de la sérothérapie ordinaire qui met sur la voie du diagnostic. Celui-ci ne saurait s’appuyer que sur des recherches de Jaboratoire. Elles doivent être complètes. Les caractères morphologiques et culturaux, ces derniers souvent très importants, ne serviront qu’à un diagnostic d’orientation. L'étude des propriétés biologiques et des réactions humorales, permettra un diagnostic positif.

L'évolution est variable suivant le microbe en cause. Le pronostic des méningites à pseudo-méningocoques semble être plus sombre que celui des méningites à méningocoques. Dans les premières observations publiées, la méningite paraméningococcique semblait se caractériser par son allure d’emblée très grave. Telles sont celles de Carnot et Marie (1910), de Ménétrier, de Méry (1911). Tout récemment, Nobécourt et Peyre ont eu l’occasion d’observer trois cas de méningite à paraméningocoques, dont deux furent mortels. Mais ce n’est pas là un caractère absolu : dans le cas

de Widal, le tableau clinique fut celui d’une forme moyennement grave de méningite cérébro-spinale.

Le pronostic sera très amélioré, du reste, par l’application méthodique d’un sérum spécifique.

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Il existe déjà un sérum spécifique antiméningococcique et un sérum spécifique antiparaméningococcique.

Le sérum antiméningococcique fut fabriqué en Amérique par Flexner et Jobling, en 1907, et c’est à ces deux auteurs qu’on doit les premières expériences de sérothérapie.

En 1908 Dopter, en France, sur les conseils de Roux, injecta des chevaux ; dès lors, un sérum établi d’après sa formule fut fabriqué et délivré par l’Institut Pasteur (Sérum À de l’Institut Pasteur).

Alors que Flexner pratiquait sur le cheval la méthode des injections sous-cutanées d’échantiilen méningococciques. Dopter pratiquait l'injection intraveineuse. :

L'un et l’autre sérum sont polyvalents, c’est-à-dire fabriqués avec des échantillons différents et nombreux de méningocoques, et susceptibles d’agir contre des échantillons différents de méningocoques.

En 1909, Dopter créa la sérothérapie antiparaméningococeique ; de nombreuses observations (Chevrel, Widal et Weïissenbach) en ont établi la valeur incontestable. |

Depuis, la question des sérums est restée à l’ordre du jour. Les méthodes d'identification se perfectionnant on en est arrivé à pressentir l’existence, puis à

AR) qu

individualiser des catégories nouvelles et différentes de paraméningocoques (paraméningocoques # 6 7 de Dopter).

L'Institut Pasteur n’a pas adopté la désignation de ( paraméningocoques », il admet une classe unique de méningocoques qu'il- répartit en quatre groupes CAS, C D).

D'après les travaux tout récents de MM. Nicolle, Debains et Jouan — travaux qui portent sur 105 échantillons de méningocoques — la grande majorité de ces méningocoques appartient soit au type A (méningo de Dopter), scit au type B (paraméningo de Dopter). « Ces deux types offrent à peu près la même (« importance moyenne, mais tel d’entre eux pourra « prédominer suivant le moment et le lieu ( le type B « prédomine nettement depuis quelques mois).

« Nous conclurons à la nécessité d’immuniser sépa- « rément des chevaux contre le type À, et d’autres « contre le type B (paraméningo). Lors de la première « ponction systématique pratiquée chez les méningi- « tiques, on injectera un mélange (aa) des deux « sérums (A + B). Si le diagnostic du type microbien « en jeu peut être établi, on fera ensuite usage du « sérum homologue. Si l’identification demeure maté- « riellement irréalisable, on continuera le « traite- « ment À + B » dont l’efficacité ne saurait être «, contestée.

« Insistons, en terminant, sur l’obligation de «me jamais perdre de vue les méningocoques « régnants », afin de dépister l’extension toujours

« possible de types rares (C) où même exceptionnels « (D) — voire même l’apparition de nouveaux types, « susceptibles peut-être de se généraliser brutalement. « En pareil cas, des méthodes d’immunisation érès « rapides peuvent seules permettre de conjurer le « danger. Nous possédons, dès maintenant, ces mé- « thodes. »

Tel est donc le sérum mixte de l’Institut Pasteur, c’est le mélange À + B, provenant de deux chevaux différents, mélange effectué dans le flacon.

Netter à la suite de la communication de M. Widal à l’Académie, insistait pour obtenir un sérum unique polyvalent contre le méningocoque et le paraméningocoque ; en un mot, le mélange À + B dans le même cheval. Un tel sérum polyvalent est inacceptable dans la pratique à cause des différences profondes qui existent entre les deux familles de germes A et B.

D'autre part, on imagine combien minime serait la quantité de sérum spécifique opposé au microbe en cause, malgré les quantités élevées de sérum polyvalent qu’on serait obligé d’injecter. La vérité n’est donc pas dans cette thérapeutique à multiples fins qui risquerait d’être insuffisante pour un cas déterminé. Elle est dans l’application d’un sérum spécifique opposé à un germe dont les recherches bactériologiques auront défini la nature. C’est seulement à rendre plus rapides ces recherches de détermination que devront tendre tous les efforts.

Une étude de la sérothérapie antiméningococcique commandait quelques développements préalables sur cette question initiale des sérums. Nous nous excusons

| — 23 — de nous être bornés à ces trop brèves indications. Nous les complèterons par le tableau suivant qui résume les classifications diverses actuellement adoptées et leur correspondance (1).

Enstitut Pasteur

d'après Nicole: Dopter. 1 Gordon Ellis.

Méningo À = Méningocoque = let - — B = Parameningocoque (x) = HONTE — C — — (6) D - (1 k +%

La ponction lombaire doit être immédiate et largement pratiquée ; la soustraction d’une grande quantité de liquide céphalo-rachidien soulage le malade, le désintoxique, et permet l'injection d’une forte proportion de sérum curateur (A + B).

La plus grande difficulté de la ponction lombaire est d'obtenir une position correcte du malade. I faut la faire, le malade couché sur le côté, ou bien assis, mais en le recouchant dès que le liquide apparaît.

. En pratique, on ne limitera pas la quantité de liquide plus ou moins trouble, auquel la ponction lombaire donne issue, quand il s’écoule spontanément, à moins que n’apparaissent des douleurs de tête.

11 faut injecter du sérum mixte (A + B) préalablement chauffé à 37° ou 38°, à la dose de 30, 40, parfois

(1) Nous devons les renseignements ci-dessus à la bienveillante obligeance de M. Dujardin-Baumetz, de l’Institut Pasteur. I voudra bien trouver ici l'expression de notre très sincère reconnaissance pour l'accueil qu'il a bien voulu nous faire à l'Institut, et l'extrême complaisance avec laquelle il a bien voulu nous renseigner.

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même 60 et 80 centimètres cubes dans les cas graves.

Chez les enfants au-dessous d’un an, on emploie les doses de 15, 20, et même 30 centimètres cubes.

Quelques minutes après l’injection, il est bon de mettre le malade dans la position dorsale inclinée, de façon que le sérum, qui agit surtout par contact direct, gagne le cerveau : on enlève l’oreiller que l’on place sous le bassin du malade, et on met quelques briques sous les pieds du lit opposé à la tête. La position ventrale succédant à la position dorsale a même été préconisée (Ramond), la tête étant toujours en contre-bas, pour que le sérum baigne alternativement la partie postérieure et la base du cerveau.

Dans les cas graves, il ne faut pas hésiter à reponctionner le malade, huit heures après, et à réinjecter une nouvelle quantité de 30 à 40 centimètres cubes de sérum (A + B).

IT faut répéter les injections le lendemain et le surlendemain aux mêmes doses. À partir du troisième jour, une seule suffit généralement.

D'ailleurs, à ce moment, le médecin muni de la réponse du laboratoire, institue la sérothérapie spécifique, et c’est, suivant les cas, soit du sérum À, soit du sérum B, qui est injecté quotidiennement (1).

Cette pratique doit être continuée jusqu’à la chute définitive de la température et surtout jusqu’à la dis-

(1) Pour éviter les accidents sériques et les réactions anaphylactiques, avant de commencer la série de cette sérothérapie spécifique. il est bon de procéder à des vaccinations préalables antianaphylactiques, inspirées de la méthode Besredka : de petites doses de sérum

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parition de la purulence du liquide céphalo-rachidien.

Si le trouble a diminué, si le malade s'améliore, il est légitime de suspendre durant deux ou trois jours la série des injections. Puis à la ponction suivante, si le liquide est clair, on n’injecte pas de sérum ; si le trouble est très diminué, on injecte une dose moindre, 10 centimètres cubes par exemple. Si au contraire, la ponction n’a pas fait constater de modifications favorables, on pratique des ponctions successives tous les deux jours, et chaque fois on injecte 20 centimètres cubes de sérum ; on continue jusqu’à ce que le liquide soit devenu limpide.

Les variations du liquide céphalo-rachidien, en effet, permettent d’apprécier l’état des méninges et l’évolution de la maladie. Elles sont un guide plus précis que les symptômes cliniques pour la conduite de la sérothérapie (Nobécourt, Jurie des Camiers et Tournier). Les malades doivent être suivis « l’aiguille à la main et l’œil sur le microscope » (Dopter).

À la sérothérapie, il faut adjoindre les bains chauds

seront injectées sous la peau, dans la demi-heure qui précède l'injection sous-arachnoïdienne. Voici encore à titre d'indication, une technique à suivre (Darré et Dumas)

Injection intraveineuse de 1 centimètre cube d'une solution à 4 pour cent du sérum spécifique.

Quatre minutes après, injection de 5 centimètres cubes de cette dilution.

Deux minutes après, 45 centimètres cubes.

Deux minutes après, 25 centimètres cubes,

Enfin, 35 minutes après, on fait l'injection intrarachidienne de 30 ou 40 centimètres cubes du sérum vrai.

Ce procédé doit être également employé toutes les fois, qu’au cours d’un traitement, on est appelé à reprendre les injections après une suspension momentanée.

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à 38° ou 40°, d’une durée d’une demi-heure et répétés trois fois par jour (Aufrecht, Netterj.

Capitan y ajoute la spartéine à la dose de 10 centigrammes par jour, et le chlorure de calcium (9 gr.) pour combattre les phénomènes cardiaques et les aceidents sériques. On y joint l’application d’une vessie de glace sur la tête et la médication symptomatique habituelle (chloral, calomel, urotropine, etc.). Les soins d'hygiène générale, le régime lacté avec boissons agréables, le calme, le repos absolu dans une demi obscurité complètent le traitement.

Cette ligne de conduite générale qui est celle tracée par Dopter, Netter, Capitan, Ramond, Fiessinger, etc., est devenue classique. Une instrueétion ministérielle du 8 janvier 1914 l’a rendu officielle, obligatoire (Auglas) dans les établissements du Service de Santé.

Elle se résume ainsi :

Injecter le sérum à la date la plus rapprochée possible du début des accidents.

Renouveler systématiquement les injections trois jours consécutifs au moins, et plus, si l’examen montre encore des microbes ou un liquide purulent.

Se guider ensuite sur les résultats de la ponction lombaire.

Les doses totales de sérum injectées vont depuis 150 centimètres cubes pour une forme subaiguë, jusqu’à 300 et 450 centimètres cubes pour les formes graves. Robb cite le cas d’un nourrisson ponctionné trente fois, et qui reçut en tout 260 centimètres cubes de sérum. Chez un autre enfant âgé de 5 mois, la ponction lombaire ne ramena qu’une goutte de liquide

trouble ; néanmoins, en trois fois, il fut injecté 72 cenimètres cubes de sérum, et la guérison, un peu lente, mais complète, suivit.

Quant à l’injection par la voie veineuse du sérum spécifique (Netter, Penna, de Buenos-Ayres), limitée aux ças — d’ailleurs restreints — de méningococcémie, elle nous paraît absolument légitime, en tenant compte de ce fait, que plus que tout autre, cette méthode expose aux accidents anaphylactiques. En dehors de ces exceptions, on pratiquera toujours l'injection intrarachidienne (1).

Les résultats sont des plus satisfaisants : avant la sérothérapie la mortalité atteignait 60 et 80 pour cent dans les cas d’épidémie. L’épidémie de Silésie, durant l’hiver 1904-1905 frappa 1.088 personnes, et fit 582 décès.

La mortalité est immédiatement tombée à 33 et même 25 pour cent, en défalquant les cas désespérés, dès l’emploi du sérum par Flexner.

La statistique de Dopter, en France, porte sur 882 cas (années 1909-1910-1911), sur lesquels il y eut 129 décès, soit une mortalité globale de 14,5 pour cent (chiffre rectifié : 11,7 pour cent). Une statistique des

(4) Le sérum doit être mis au contact même de l'infection : « The antimeningitis serum acts favorably only when it can be brough into contact with the seal of infection in the meninges ». (S. Flexner, Local specific therapy of infection. Jubilé de Metchnikoff, 1916).

De plus, les méninges sont imperméables ; encore que l'infection rende moins absolue cette imperméabilité, on ne conçoit pas bien comment s'’effectuerait l’action locale spécifique du sérum. Si le sérum passait, les antieorps seraient arrêtés : ce fait concorde avec ce que l’on sait de l'absence de pouvoir agglutinant du liquide céphalo-rachidien des typhiques, dont le sérum contient cependant des agglutinines à un taux élevé,

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cas sans sérothérapie, dans le même laps, donne 65 pour cent comme chiffre de mortalité.

Dans une année, Netter note neuf décès sur 81 cas, soit une mortalité un peu supérieure à 10 pour cent. Plus récemment à la séance de l’Académie de Médecine du 29 juin 1915, il cite les chiffres de 11 décès sur 45 cas, soit une mortalité de 26,4 pour cent (mortalité rectifiée : 19 pour cent) (1).

Teissier, sur 23 cas, enregistra 6 décès, dont 3 doivent même être mis hors de cause. Auglas compte un seul décès sur 13 cas observés, soit une mortalité de 7,6 pour cent. Citons encore les chiffres également favorables de Fiessinger et François : un seul décès sur 15 cas.

Neveu-Lemaire, à l'Hôpital de Rosendaël, à Dunkerque, au cours de l’année 1915, obtint une mortalité moyenne de 12,9 pour cent.

En regard de ces chiffres favorables, à Kindia (Guinée), une épidémie de 18 cas donne un chiffre de mortalité de 77 pour cent, faute du sérum curateur (Société de Pathologie Exotique, séance du 11 octobre 1916).

Le moment de l’intervention est le facteur qui influence le plus ces chiffres ; la guérison est, en effet, la règle, quand on peut instituer la sérothérapie dès le premier ou le deuxième jour de la maladie ; du quatrième au septième jour, la mortalité passe à 14 pour cent ; elle atteint 24 pour cent quand le trai-

(1) D’autres auteurs, notamment Gardner Robb, en Angleterre, ont également constaté cet accroissement du taux de la mortalité au cours des ças de méningite pendant l'hiver 1914-1915,

tement n’a commencé qu'après la première semaine.

En même temps que les symptômes s’amendent, le liquide céphalo-rachidien s’éclaircit, sa formule se modifie : les cellules conjonctives disparaissent, les polynucléaires dégénérés sont peu à peu remplacés par des polynucléaires normaux, les lymphocytes se montrent de plus en plus nombreux. (« Les méningocoques « se raréfient et disparaissent de la préparation. On « note encore la diminution de l’albumine et la dis- & parition des produits de désintégration micro- « bienne, ainsi qu’en témoignent la réaction négative « des précipitines. »

La maladie est non seulement atténuée dans ses symptômes, mais abrégée dans sa durée ; elle est réduite à une dizaine de jours.

Avant le sérum : cas guéris en moins d’une semaine : 18 p. cent. Depuis le sérum : cas guéris en moins d’une semaine : 66 p. cent.

Onfin, la proportion des guérisons sans séquelles (surdité, cécité, paralysies, etc), s’est également améliorée

Avant la sérothérapie : séquelles dans 23,5 p. cent des cas. Depuis la sérothérapie : séquelles dans 6,3 p. cent (Netter). — —— 6,1 p. cent (Dopter).

— —- 25 p-cent.(Flexner):

Les conclusions favorables de ces chiffres se conei- Bent mal avec les critiques que certains auteurs ont adressées à la méthode. Le Professeur Montefusco (de C'otugno), s’appuyant sur une statistique de 300

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cas, conteste à la sérothérapie sa valeur spécifique « chez un groupe de 44 malades traités par les « méthodes ordinaires, la mortalité fut de 20,7 pour « cent ; chez un autre groupe de 41 malades de même « gravité (?), traités par le sérum intrarachidien, « à doses généreuses, et au début, la mortalité fut « néanmoins de 43,9 pour cent ».

Nous nous rangeons plus volontiers à Son avis quand il critique la valeur des autres procédés auxquels il fit appel pour suppléer à l’insuffisance de la sérothérapie :

La vaccinothérapie antiméningococeique (Boïdin, Weissenbach), ne lui a donné aucun avantage appréaiable. Dans les cas graves, dans les formes dites sidérantes de l’épidémie de 1915-1916, les résultats furent complètement négatifs, même quand le vaccin était associé au sérum. Le vaccin provenait de l’Institut Sérothérapique de Milan et contenait des doses progressives de 20, 50, 80 et 100 millions de méningvu coques tués. Mers ;

L’autosérothérapie n’est qu’une forme de vaccinothérapie l’auteur a expérimenté aussi cette méthode ; il n’a pu que constater sa parfaite innocuité.

Les préparations salicylées (aspirine 1 gramme par 24 heures, salicylate de soude 3 à 5 grammes ( associé «€ au bromure de sodium de 1 à 3 grammes), bien que « ne représentant pas un remède d’un effet certain, « améliorent les manifestations douloureuses et ont « eu plusieurs fois une influence favorable sur le « cours de la maladie. »

« L’acide phénique en injections associé à la mor-

phine n’a pas donné à l’auteur de résultats satisfaisants.

L’Electrargol amène parfois des guérisons qui semblent purement fortuites et pourraient être obtenues également avec les autres traitements.

La teinture d’iode,-administrée à la dose de vingt à trente gouttes dans lés 24 heures, a donné des résultats négatifs. Plus utile est l’iodure de sodium à la dose de 1 à 2 grammes par jour.

L’abcès de fixation, utilisé dans trois cas de méningite à forme cachectisante, n’a donné aucun résultat.

Les injections sous-cutanées d’une solution de sulfate de magnésie à 40 pour cent (Metzer), 1 centimètre cube toutes les trois heures, ont donné des résultats négatifs dans certains cas ; dans d’autres, ‘elles ont été un bon calmant pour les douleurs et ont semblé avoir une action favorable sur le cours de la maladie.

Barford et Rey ont publié deux cas de méningite guéris avec deux à trois injections intramusculaires de 10 à 30 centigrammes d’un composé arsenical, la soamine. |

Friedmann a employé dans huit cas de méningite l’optochine ou éthylhydrocupréine avec un pourcentage de mortalité notablement inférieur à celui de la sérothérapie. »

Le Professeur Montefusco dont nous résumons ici les opinions critiques n’a pas expérimenté ces produits.

Sans être aussi sévère que son confrère italien, Gardner Robb note, au passif de la méthode, que dans le cours de l’hiver 1914-1915, en Grande-Bretagne, la

mortalité remonta à 60 pour cent et s’y maintint pendant quelque temps. On fut récompensé néanmoins d’avoir persévéré dans l’application du traitement, car le chiffre de la mortalité est revenu à 22 (Gray), 27 (Robb) et 30 pour cent (Rolleston).

L’épidémie de 1914-1915 fut-elle causée par un microbe plus virulent ? Le méningocoque « régnant » était-il une variété inaccoutumée, et par conséquent non influencée par le sérum usuel ? Ce dernier ne -fut-il pas employé à des doses insuffisantes ? L’auteur semble se ranger à cette seconde hypothèse.

T1 utilise le sérum préparé par Flexner à l’Institut Rockfeller, et s’en déc'are satisfait.

I] condamne tous les autres procédés thérapeutiques employés concurremment et leur dénie toute valeur « la sérothérapie sous-cutanée est manœuvre vaine ; & l’injection intrarachidienne de solutions antisep- « tiques, comme le lysol (Franca), l’acide phénique, «le protargol, ete., est franchement mauvaise. Les « tentatives thérapeutiques ont été répétées dans ce « sens ; elles ont déçu tout espoir. Les vérifications « expérimentales (Flexner, Amoss) ont été con- « cluantes : ces injections ne font pas de bien ; elles « font du mal ».

En France, de nombreux auteurs ont obtenu des résultats satisfaisants en adjoignant à la sérothérapie spécifique l’emploi des colloïdes — l’Electrargol notamment — intraveineux ou intrarachidien (Comby, Chambelland).

Il y à deux éventualités où l’on sera absolument fondé de recourir à ces injections : d’abord si l’on manque de sérum spécifique (le médecin n’a pas toujours et partout forcément sous la main, le précieux flacon) ; et puis si on est en présence d’une infection à pseudo-méningocoques, contre laquelle la sérothérapie spécifique manque encore.

Ramond a employé l’injection intrarachidienne d’or colloïdal dans quatre cas de méningite à diplocoques indéterminés. Sa méthode fut la suivante : évacuation quotidienne de 40 centimètres cubes de liquide céphalorachidien et injection de 4 centimètres cubes d’or colloïdal et de 20 centimètres cubes d’oxygène pur à la température du corps. Il a obtenu ainsi la guérison de ces quatre cas en cinq à six jours. D’après lui, l’or colloïdal intrarachidien serait mieux toléré et plus efficace que par la voie veineuse.

Fortineau a eu l’occasion de traiter 19 cas sporadiques ; neuf de ses malades ont reçu le sérum antiméningococeique seul, quatre ont guéris : donc 44 pour cent de guérison. Les dix autres, en plus du sérum, ont recu des injections de culture pyocyanique stérilisée, à la dose de 1 centimètre cube : huit ont guéris, soit une proportion — meilleure que la précédente — de 80 pour cent de guérisons.

D’autres auteurs (Heyraud, Arnaud et Costa, Pernambucco et de Moraës) emploient concurremment le sérum et l’Electrargol et obtiennent d’indiscutables succès.

D'une façon générale, traitons par le sérum spécifique seul, les cas où les germes identifiés correspon-

Nbre

dants sont à combattre, en réservant l’emploi des colloïdes pour les cas où des diplocoques indéterminés et des pseudo-méningocoques connus sont en présence ; réservons-les surtout pour les cas de méningite bactérienne — que nous envisageons au chapitre suivant — où elles sont parfaitement légitimes et souvent efficaces.

Le

On tend de plus en plus à admettre que la méningite cérébro-spinale est une forme, une complication d’une maladie locale dont le siège est le rhinopharynx. C’est l’adénoïdite de Rosenthal. « [1 n’existe pas d’épidémite de méningite, a pu dire Dopter, il existe des épidémies de rhinopharyngite compliquées de méningite ». |

IT est done de toute nécessité de mettre en œuvre une thérapeutique locale spécialement destinée à la stérilisation et à la dessication des exsudats mucopurulents septiques du cavum.

Trois fois par jour, il faut introduire dans les narines du malade, une pommade goménolée au sérum de Dopter. Voici encore la formule d’un liquide d’inhalation de Vincent :

Acide thymique ..... PME AS 0 gr. 25.

GTA COST ROME En en 2 gr.

does RP RSR 20 gr AICO0l à G0° Eee 200 gr

Même après amélioration des signes de l’infection méningée, il y à lieu de ne pas désarmer vis-à-vis du.

rhinopharynx dont le traitement local doit être continué.

Non seulement le cavum des malades doit être l’objet de tous les soins du médecin, mais il faut encore surveiller l’entourage du malade. Il y a un traitement prophylactique qui ne doit pas être négligé, que le laboratoire ait identifié ou non des « porteurs de germes ).

M. Cayrel (Académie de Médecine, octobre 1917) a fait disparaître en quelques jours chez trente porteurs de germes, sains, le méningocoque du cavum, par insufflation nasale, matin et soir, de sérum antiméningococcique desséché de l’Institut Pasteur, au moyer de l’appareil spécial que cet établissement fournit aux hôpitaux pour le traitement des porteurs de series diphtériques. |

À midi, il pratique, en outre, | ne dans les narines de deux gouttes d’huile goménolée, et fait un badigeonnage des amygdales à la glycérine iodée.

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En résumé, la sérothérapie spécifique, précoce et généreuse doit venir à bout des cas moyens d’infection méningococcique et paraméningococcique.

L’infection à pseudo-méningocoques contre laquelle nous n’avons pas d’arme spécifique — jusqu’à ce jour du moins — sera combattue à l’aide des injections d’Eleëtrargol ou d’or colloïdal, jusqu’à chute de température et stérilisation des espaces sous-arachnoïdiens.

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Il existe des cas foudroyants qui échappent à toute tentative thérapeutique (De Verbizier, $. M. H, 2Tav ri 1917): -

De même, il existe des cas spéciaux (De Verbizier et Chauvel, Ramond, Blechman, Lagane, Hugel) de méningite à forme prolongée, méningite cloisonnée, bloquée, d’épendymite, etc., devant lesquels la sérothérapie spécifique se révèle insuffisante. Ceux-ci devront être traités par une méthode plus hardie que nous étudierons au chapitre IV.

Issue d’abord de tentatives isolées dues à l’initiative heureuse de certains praticiens (Stoddart Barr), la méthode s’est ensuite affirmée (Roger). Limitée à certains cas bien précis — et d’ailleurs restreints — elle est devenue absolument légitime.

Nous montrerons, chapitre IV, qu’elle est, de plus, — en restant toujours dans la limite des cas exceptionnels — nécessaire.

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