LE TRAITEMENT DE LTNSOMNIE
peut dépendre exclusivement de la souffrance. Mais très fréquemment, surtout dans certaines névralgies-névroses de la neurasthénie, dans les polynévrites infectieuses, elle est à peu près indépendante de la douleur. Dans le premier cas, la morphine, ayant le double avantage -d’agir à la fois sur la souffrance et sur l’insomnie, reste le médicament de choix. Dans le second cas, mieux vaut, suivant la remarque très juste de Raymond, préférer les hypnotiques ordinaires. La morphine est particulièrement contre-indiquée dans le cas de névrites infectieuses accompagnées de troubles cardiaques. Cette contreindication est assez fréquente après la fièvre typhoïde et la diphtérie.
Le bromure réussit souvent très bien dans l’insomnie des neurasthéniques atteints de névralgies-névroses. Son association à la morphine permet d’obtenir avec de très faibles doses des deux médicaments un effet suffisant.
Le chloral est comme la morphine contre-indiqué en cas de lésions ou de troubles cardiaques accompagnan t la névrite. Le sulfonal, la chldralose paraissent parfois augmenter les ti'oubles moteurs et en particulier l’incoordination motrice. On doit donc éviter leur emploi, au moins dans la névrite des nerfs mixtes. Le trional, n’ayant aucun de ces retentissements fâcheux sur le cœur ou sur la motricité, est indiqué de préférence par Raymond par cachets de (deux à trois cachets) ; il amène un sommeil rapide, d’une durée peut-être un peu moins longue qu’avec le sulfonal. Le trional ne doit, être donné que pendant quelques jours. A la longue (le'-,50 pendant deux mois) Gierlich a observé un effet nuisible sur le système nerveux et des accidents précisément analogues à ceux des polynévrites.
L hypnal, mélange de chloral et d’antipyrine, donné à la dose de 1 gramme i)ar cachets de 0b'’,50 est à la fois soporifique et analgésique. Mais son emploi doit être évité chez les cardiaques.
L’hypnone est absolument contre-indiqué. Il est aussi dangereux pour le cœur que l’hypnal. De plus il peut lui-même être une cause de névralgies. Huchard a vu son emploi déterminer des douleurs sous-orbitaires ou occipitales assez tenaces.
L’uréthane est très bien toléré par le cœur, l’estomac, et le système nerveux. Mais il agit très bien dans les insomnies simples, très peu dans les insomnies dépendan l d’une douleur même légère. Huchard, qui a particulièrement étudié ce médicament, conseille la solution suivante :
Eau distillée lüO grammes.
Uréthane 20 —
Trois à 4 cuillerées à café le soir (1 gramme par cuillerée à café) dans une infusion de feuilles d’oranger.
La paraldéhyde paraît avoirune action spéciale contre les douleurs souvent si pénibles et l’insomnie des névrites alcooliques.
Sa saveur est très désagréable.
Elle est bien masquée dans la formule suivante d’Yvon :
Paraldéhyde 10 grammes.
Alcool à 90“ 48 —
Teinture de vanille 2 —
Eau bouillie 30 ■ —
Sirop simple 00 —
Une à 2 cuillerées (soit 1 à 2 grammes de paraldéhyde) de cet élixir le soir.
L’accoutumance est assez rapide.
(1) Voy. pour plus de détails sur les hypnotiques, A.-E. Plicquk. — Traitement hygiénique et médicamenteux de l’insomnie. Presne médicale, 1898, n“» 7.^ et 78.
LA NÉVRALGIE FACIALE BÉNIGNE
ill- — LA NÉVRALGIE FACIALE