LE TIC DOULOUREUX DE LA FACE
tion. Les récidives presque immédiates, l’absence de tout soulagement dans quelques cas ne s’expliqueraientelles pas parfois mieux par une névrotomie restée incomplète que par une régénération demandant au moins quelques jours ?
Afin d’éviter sûrement la régénération et les résections incomplètes, Chipaull pratique systématiquement et d’emblée la résection périphéiûque totale depuis les bouquets terminaux (y compris ceux-ci) jusqu’au point où est supposé être le siège du mal, le plus hautpossible. Les perfectionnements apportés à là technique opératoire pour la première branche par Villar, pour la deuxième par Segond, Potherat (1), Béjàrano, pour la troisième par Chipaull (2), permettent une résection très étendue. Quand une branche est particulièrement atteinte, le mieux est de la réséquer tout d’abord. Les autres branches ne sont opérées qu’en cas de récidive. Cette méthode des opérations successives a donné à Chipault de très beaux succès. Même en cas d’une névralgie totale exigeant la résection simultanée des trois branches, l’opération reste encore assez simple. Elle offre peu de danger puisqu’il s’agit d’interventions seulement extracraniennes et n’entraîne aucune mutilation grave cutanée musculaire ou osseuse. Une des guérisons ainsi obtenue chez une femme de soixante et un ans, souOTrant depuis plus de sept ans, et ayant déjà subi une résection partielle du dentaire inférieur, date de plus de quatre ans. La technique opératoire elle-même exigerait trop de détails pour être résumée dans cette étude. La thèse de Béjàrano (3) la décrit d’une façon très complète.
(1) l’OTiiKnAï. — Résection du nerf maxillaire inférieur. Société (le chiruvfjie, 19 avril 1899.
(2) Voy. pour la teclinique délaillée : Doye.n in Ghipaui.t, Travaux de neuruloç/ie chirurgicale, 1898, p. 230.
(3) 11É.IARA.NO. — Traitement de la névralgie faciale. Tli. de Paris,
S4 LA NÉVRALGIE FACIALE
Résection du ganglion de Gasser. — La résection du Ganglion de Gasser, proposée en ISOS’par Krause et par Doyen, a donné des succès très complets ettrès dui’ables. Le procédé de Doyen permet en particulier une extirpation absolument totale avec les diverses branches et non un simple curage de la loge ganglionnaire. Cette opération a été depuis étudiée très complètement par M. Quénu, Sébileau, Poirier et surtout Gérard-Marchant. Elle semble bien répondre à l’indication d’intervenir sur un point aussi élevé, aussi rapproché des centres nerveux que possible. Mais elle ne semble pas absolument mettre à l’abri des récidives dues au rétablissement de la continuité nerveuse. La principale objection faite de plus à la résection du ganglion de Gasser (I) est sa gravité opératoire. L’hémorragie est d’ordinaire très abondante, parfois difficile à maîtriser; la durée de l’intervention est longue, laissant au réveil un shock considérable. En dehors de ces dangers immédiats, on doit redouter les hémorragies secondaires, les accidents septiques. En raison du voisinage des méninges, la moindre infection (et l’antisepsie parfaite est dans cette région assez difficile) devient très redoutable. Enfin les malades atteints de tic douloureux sont souvent des sujets déjà âgés, peu résistants. Sur les 94 interventions relatées dans la statistique de Gérard- Marchant, on compte 17 décès. En dehors de ces accidents graves, on voit souvent des infirmités pénibles du côté des paupières, des voies lacrymales et de l’œil. Les ulcérations delacornée, l’hypopion, la suppuration du sac lacrymal et les troubles trophiques dus à l’ablation du ganglion peuvent donner des complications tardives et très sérieuses. Les résultats thérapeutiques sur le tic douloureux semblent toutefois, d’après les observations publiées très satisfaisants, M. Gérard- Mar-
. (I) MAixi.AinR. — Traitement chirurgical de la névralgie faciale. l’resse i)uhlicale,d juin 1897.
LA. SCIATIQUE
chant (1) n’a relevé que quatre récidives. 11 est vrai que comme pour toutes les opérations nouvelles, curieuses, importantes, les observations ont été presque toujours publiées très peu de temps après l’intervention.
Le rôle attribué aux phénomènes vaso-moteurs a conduit à d’autres interventions. La ligature de la carotide après une période de vogue est aujourd’hui abandonnée. Cependant Patruban lui attribue 6 guérisons sur 7 cas opérés. Mais toutes les interventions chirurgicales graves ne peuvent-elles, ne fut-ce que par la perte de sang et le shock opératoire, modifier au moins temporairement une névralgie?
La résection du ganglion cervical supérieur du grand sympathique a été proposée par Chipault, partie pour modifier les conditions circulatoires, partie en raison des parentés épileptiques de certains tics douloureux. Fait intéi’essant et curieux, le résultat immédiat de cette résection paraît d’abord assez insuffisant. Après quelques jours d’accalmie, la récidive semble survenir. Mais, d’après deux observations, les résultats éloignés seraient, et sans intervention ni traitement nouveaux, beaucoup plus satisfaisants. L’amélioration, incomplète d’abord, paraît ensuite s’accentuer de mois en mois. Si les faits de ce genre se multipliaient, le pronostic éloigné de l’intervention deviendrait donc très favorable.