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IV. — VALEUR PRATIQUE DE LA MÉTHODE

Les résultats observés à Compiègne nous montrent que la suppuration des plaies peut être supprimée, et que la plupart des blessures sont susceptibles d'être stérilisées et suturées. La valeur pratique de la méthode dépend de la possibilité de son emploi dans d’autres hôpitaux. On a objecté, en effet, que la stérilisation chimique des plaies est d’une technique trop délicate pour être^généralisée. Il est donc utile de montrer comment smis augmentation du personnel, à l’aide d’un matériel dont le coût se monte à une douzaine de francs par lit, et de substances qui coûtent beaucoup moins cher que l'éther, l eau oxygénée et l’alcool, employés en général dans le traitement des plaies, le traitement abortif de l’infection et le traitement curatif de la suppuration, ont pu être-appliqués dans quelques ambulances de l'avanl et dans quelques hôpitaux du territoire.

J76 LES RÉSULTATS

Â. Traitement abortif de l'infection. Le traitement abortif de l’infection, institué à Compiègne au printemps de 1915, a été expérimenté dans des ambulances, à partir du mois de juillet de la même année par le Médecin Principal Uffoltz, Directeur du Service de Santé d’un Corps d’Armee. Dès cette époque, M. üffollz et ses collaborateurs, montrèrent que, dans les conditions ordinaires d’une ambulance, la méthode pouvait être employée presque intégralement et qu’une amélioration considérable des résultats en était la conséquence. Dans une des ambulances de M. Uffoltz, le Médecin-Major Perœt, arriva à bannir presque complètement l’infection des plaies. Les détails cte la technique purent être appliqués de façon exacte par le personnel habituel. La démonstration de la valeur pratique de la méthode dans les ambulances fut brillamment achevée par MM. Hornus et Perrin qui réussirent à mettre leurs blessés à l’abri des accidents septiques, à-conserver des membres atteints d’énormes lésions et à abréger dans une large mesure la durée du traitement par la réunion secondaire des plaies.

Le nombre des blessés n’est pas non plus un obstacle à l’emploi de la méthode. A l’amhulance de La Panne qui contient de 600 à 700 blessés, M. Depage et ses collaborateurs ont montré que la stérilisation des plaies pouvait être pratiquée sur une grande échelle: On a dit, en effet, que les dimensions réduites de notre hôpital de Compiègne permettaient de prodiguer aux blessés des soins qui seraient impossibles si ces blessés étaient au nombre de plusieurs centaines. 11 est donc important de constater que dans un grand hôpital on a réussi à pratiquer la stérilisation des plaies sur chaque blessé, à suivre la marche du nettoyage chimique sur les courbes bactériennes et à refermer les plaies dès quelles ne contenaient plus de microbes. Dans cet hôpital qui contient près de 700 blessés, on arriva à supprimer de façon à peu près complète la suppuration, sans avoir à augmenter le perspmiel, ni à modifier l’organisation générale.

Les résultats observés dans les ambulances de M. Uffoltz et dans l’hôpital de M. Depage démontrent que le traitement abortif de l’infection est réalisable dans les formations sanitaires de l’avant, lorsque ces formations sont bien dirigées et organisées.

B. La désinfection des plaies suppurantes. — L’application de la méthode dans les hôpitaux du territoire où l’on reçoit

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