‹ Le Traitement des Variations Tensionnelles du Liquide Céphalo-RachidienChapitre 11 sur 17 · SENTE ES · texte numérisé non relu

SENTE ES

En définitive, ce n’est pas tant un processus d’osmose qui Joue dans ces expériences, mais plutôt un mécanisme de distension vasculaire passive, conditionné lui-même par l’augmentation artificielle de la masse sanguine.

Les auteurs américains font jouer aux phénomènes d’osmose et aux variations volumétriques du cerveau qui s’ensuivent, un rôle primordial dans les variations tensionnelles du liquide céphalo-rachidien. Mais que sont ces variations volumétriques des centres nerveux, sinon un apport ou un retrait de liquide dans les espaces périvasculaires, apport ou retrait qui se produit simultanément dans les espaces sous-arachnoïdiens, sur la masse même du liquide céphalo-rachidien ? L’augmentation de volume du cerveau qui a retenu leur attention et à laquelle ils attribuent une influence déterminante sur la tension rachidienne serait donc plutôt l’effet que la cause de l’hypertension liquidienne.

EN RÉSUMÉ, ENFERMÉS DANS L'ESPACE CLOS INDÉ- FORMABLE QUE REPRÉSENTE LE CRANIO-RACHIS, LES ORGANES QUI Y SONT CONTENUS EXERCENT L'UN SUR L'AUTRE DES EFFETS DE PRESSION RÉCIPROQUES.

C’EST AINSI QUE LA TENSION DU LIQUIDE CÉPHALO- RACHIDIEN RÉSULTE DE DEUX FACTEURS :

(a) LA QUANTITÉ DE LIQUIDE QUI CIRCULE LIBRE- MENT ENTRE LES VENTRICULES CÉRÉBRAUX ET LES ESPACES SOUS-ARACHNOÏDIENS.

b) LES VAISSEAUX DE L’ENCÉPHALE ET DE LA

MOELLE ; ARTÈRES ET VEINES DU RÉSEAU PIAL, SINUS DE LA DURE-MÈRE ET PLEXUS VEINEUX PÉRI-MÉ- DULLAIRES.

LES ACTIONS COMBINÉES DE CES DEUX FACTEURS RÈGLENT LA TENSION LIQUIDIENNE. PHYSIOLOGIQUE- MENT, LEUR JEU HARMONIEUX NE PERMET QUE DE FAIBLES ÉCARTS AUTOUR DE SON CHIFFRE MOYEN.

PATHOLOGIQUEMENT, TOUTE PERTURBATION IMPOR- TANTE DOIT ÊTRE COMPENSÉE PAR UNE VARIATION VOLUMÉTRIQUE DES VAISSEAUX DES CENTRES, SOIT PAR UNE MODIFICATION DANS LA SÉCRÉTION ET LA RÉSORPTION DU LIQUIDE.

LE PREMIER MOYEN EST DE BEAUCOUP LE PLUS IMPORTANT ET L'EXPOSÉ CRITIQUE QUE NOUS AVONS FAIT DES EXPÉRIENCES RÉALISÉES EN VUE D'AGIR SUR LE COUPLE SÉCRÉTION-RÉSORPTION A MONTRÉ QU'ELLES METTENT PRESQUE TOUJOURS EN JEU UN FACTEUR VASCULAIRE.

B. — Les médications à actfon vasculaire.

L'importance de ce facteur vasculaire sur la pression rachidienne a provoqué de la part des auteurs, des recherches nombreuses sur le rôle de la circulation encéphalique dans les variations tensionnelles du liquide céphalo-rachidien.

MM. Lœper, André Lemaire et PATEL se sont particulièrement attachés à cette étude. Si d’autres expérimentateurs avant eux avaient déjà exploré

cette voie, ils n’avaient pas eu à leur disposition la méthode rigoureuse d’enregistrement imaginée par ces trois auteurs,

Jusqu'à eux, la lecture directe du manomètre de Claude, avait été l'unique procédé employé dans les travaux cliniques ou expérimentaux. Or eètte méthode n’objeetive que de façon intermittente la prise de tension et ne permet qu’une observation discontinue, comme le fait remarquer H. Lemaire.

Cette méthode suffisamment précise pour les besoins de la clinique est très imparfaite pour l’expérimentation.,

MM. Læper, À. Lemaire et Pare, ont cherché à réaliser une inseription directe, continue selon le mode « reetiligne ». Après divers essais avec le tambour de Marey, ils se sont arrêtés au principe d’un manomètre à flotteur.

Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire la description qu'ils donnent eux-mêmes de leur appareil. « Celui-ci se compose essentiellement d’un tube de verre en U, dont le diamètre intérieur n'excède pas 4 millimètres (il est tel que un centimètre cube d’eau, occupe une hauteur de 6 ceentimètres). Un ajutage latéral facilite le remplissage, sans bulle d'air. Nous utilisons le sérum physiologique. Le flotteur en verre étiré est cylindrique. Sa hauteur est de 5 centimètres. Son extrémité supérieure porte une paille mince rendue rectiligne et rigide par passage dans un vernis au collodion. Cette paille soutient le style inscripteur, qu’un système de

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guidage force à se mouvoir dans un plan rigoureusement vertical contre le cylindre enregistreur.

La technique expérimentale est simple ; sur le chien anesthésié et placé en décubitus latéral horizontal, nous pratiquons une ponction sous-occipitale, adaptons aussitôt l’aiguille au tuyau rempli de sérum qui la relie au manomètre. L’appareil ainsi préparé, l'inscription est possible ; elle est rectiligne et chaque dénivellement de la courbe mesurée verticalement en centimètres, représente directement les variations de pression en centimètres d’eau ; à chaque moment, la différence de niveau qui existe entre l’aiguille occipitale et le flotteur, mesurée en centimètres représente donc exactement la valeur de la pression rachidienne en centimètres d’eau.

Si nous comparons les tracés obtenus par cette technique à ceux que nous donnait l'inscription par un tambour de Marey, nous remarquons que les premiers sont plus accidentés que les seconds, que les ondulations respiratoires sont nettes, variant entre quelques millimètres et huit millimètres d’eau ; que le retard à l’inscription est très réduit, car l’inertie de l’appareil est faible.

Une telle sensibilité peut surprendre, car la poussée que subit le flotteur est à peu près égale à son poids ; mais un facteur intervient : c’est la tension superficielle qui est considérable étant donné que l’espace libre situé entre le flotteur et le tube du manomètre ne dépasse pas quelques dixièmes de millimètre.

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