‹ Le Traitement des Variations Tensionnelles du Liquide Céphalo-RachidienChapitre 9 sur 17 · DE 1 RE · texte numérisé non relu

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Alors que l'injection de solutions hypertoniques agit en accélérant la résorption liquidienne, l’injection de solutions hypotoniques doit provoquer le phénomène inverse.

Lewis, H. Wegep et Mac KiBBen semblent les premiers à l'avoir démontré.

Expérimentant sur le chat anesthésié à l’éther, ils ont observé que l'injection lente d’eau distillée dans les veines provoquait dans la pression rachidienne les modifications suivantes : tout d’abord, une augmentation temporaire qui dure autant que l'injection, puis une diminution relative qui ramène le taux tensionnel à son chiffre initial ; enfin, après la 60€ minute, une augmentation cette fois durable. Cette hypertension rachidienne est toujours tardive, elle ne se produit qu'après une injection relativement abondante d’eau distillée.

L'examen des animaux ainsi traités montre une augmentation de volume du cerveau, due à une véritable hydratation, résultant d’un phénomène d’osmose. L’élévation de la pression rachidienne serait le résultat de cette augmentation de l’encéphale mais aussi, accessoirement, le fait d’un accroissement de la sécrétion plexuelle. Weep et FERRERO ont noté, sur les coupes histologiques des animaux ainsi injectés un élargissement des espaces péricellulaires et périvasculaires et une hypertrophie sécrétoire des cellules plexo-choroïdiennes, caractérisée par une augmentation de la hauteur de ces cellules et une zone claire vacuolaire.

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L’hypertension rachidienne ainsi obtenue est proportionnelle à la quantité d’eau injectée : faible avec 20 centimètres cubes, elle est considérable avec 100 centimètres cubes. Ce sont là des doses énormes : 20 centimètres cubes représentent le quart ou le cinquième de la masse sanguine d’un chat et 100 centimètres cubes équivalent à la totalité de la masse sanguine de cet animal. rene

La méthode a été appliquée chez l’homme par HaDen, Cusninc, Sacus et Beicaer en Amérique, par LEricme en France.

Les doses humaines sont de 20 à 40 centimètres cubes qu’il y a lieu de rendre au besoin quotidiennes. On a même conseillé 90-100 et même 125 centimètres cubes par jour, en deux ou plusieurs fois. Les résultats seraient saisissants et d’après Lerrcene prendraient parfois «des allures de miracle ou de sorcellerie ». En quelques minutes, le sopor s’évanouit et le malade renaît, parle et n’accuse plus de céphalée.

Lericue et WerTHEIMER ont appliqué également la méthode au traitement de l’épilepsie traumatique, Ils ont pu ainsi éviter chez certains de leurs malades la survenue des accès comitiaux en combattant l’hypotension rachidienne qui pour ces auteurs est parfois la cause déclenchante des accès. Cependant, LaBorDe et Sorer, moins enthousiastes, jugent cette méthode partielle et inconstante dans ses résultats, au total, peu efficace.

Partez, dans sa thèse, relate un cas dont lévolu-

tion a été suivie par la rachimanométrie. « Un blessé du crâne dont la tension rachidienne est à O, reçoit en dix-sept jours, treize injections intra-veineuses d’eau distillée, dont chacune n'excède pas 40 centimètres cubes. Les chiffres tensionnels qui ont été relevés durant cette période sont respectivement 9-7 et 10 : résultat évidemment partiel et dont rien ne permet de dire s’il fut provoqué par le traitement. » À

Si ces échecs relatifs tiennent à la trop faible quantité d’eau mjectée, notons que d’après les données expérimentales, il faudrait, à un homme de 60 kilogrammes, injecter dans les veines entre 1500 et 2000 centimètres cubes d’eau distillée : dose considérable, dangereuse pour la dynamique circulatoire et la composition physico-chimique du sang.

MM. Læœp»er, André Lemaire et PATEL ont étudié expérimentalement le traitement des hypotensions rachidiennes par les injections d’eau distillée et les résultats qu’ils ont obtenus ne leur ont pas permis de tirer de leur expérimentation les mêmes conclusions.

L’injection qu'ils ont faite de 50 centimètres cubes d’eau distillée dans les veines d’un chien de poids moyen anesthésié au chloralose et préalablement hypotendu par soustraction de 30 à 40 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien n’a provoqué aucun effet hypertenseur sensible : à peine une augmentation de un centimètre d’eau, toute transitoire, ne durant que ce que dure l'injection. Par

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