L’'URÉTÉROCYSTONÉOSTOMIE
C'était la première idée qui venait à l'esprit de l'opérateur presque comme un réflexe. On avait coupé l’uretère, on l’avait séparé de ses connexions avec la paroi vésicale. Il fallait l’y rattacher. Et Bazy créa cette opération en 1893. Cette intervention a eu depuis sa création des fortunes variées. Les professeurs Lecueu et Mariox l'ont ofliciellement déconseillée à une séance de la Société d’Urologie, en juin 1925 comme une opération « de médiocre valeur » (Mario) et conduisant « fatalement à la mort secondaire du rein » (Lecueu). Mais pourtant des chirurgiens séduits par cette opération élégante et conservatrice, continuèrent à la pratiquer avec les résultats les plus discordants. Quelques cas furent un succès, tel le fameux cas de BRIN
d'Alger, où le rein fonctionnait encore 17 ans après l'opération ; tel le cas de J. Quenv et Fev 11932)s; celui de Sauvé ; celui de Lenormanr (Société de Chirurgie, 1920) et finalement le cas récent de M. Jean KesseLer rapporté à la Société d’Urologie par Papin le 15 mai 1933. Aux Etats-Unis cette opération jouit d’une grande faveur. La technique en est assez simple et rapide. Une sonde uretérale est introduite dans l’uretère et poussée à 7 ou 8 centimètres. Une soie très serrée solidarise l’uretère et la sonde à quelques millimètres de l'extrémité inférieure de l’uretère coupé. Deux ou trois points de suture rapprochent la paroi uretérale de la paroi vésicale. On s’efforce de faire suivre à l’uretère un trajet un peu oblique. Le bout inférieur de la sonde est introduit dans l’urètre et la vessie soigneusement refermée. La sonde urétérale empêche les premiers Jours toute infiltration d’urine au niveau de la plaie. Ultérieurement vers le sixième ou sep-
tième Jour la sonde tombe.