OBSERVATION V
(D: L. Delherm. Bull. Electroth., fév. 1923).
Mme L..., 49 ans, 17 octobre 1922.
Depuis juillet 1922, sensations de tristesse, instabilité du
caractère, tremblements des mains et des pieds, tube digestif normal, exophtalmie légère, cou 35 cm. 1/2, pouls régulier à 120.
On pratique la galvano-faradisation, on effectue 16séances. Dès les premières, en octobre, lé sommeil est revenu ; la malade est beaucoup moins nerveuse, ses mains tremblent beaucoup moins, ce dont elle s’aperçoit en raison de sa profession de dactylographe.
Augmentation de poids de un kilog. En janvier 1923, la malade se sent très améliorée, elle peut écrire avec assez de facilité, son pouls est à 90, bien régulier ; elle ne tremble plus
du tout, ses palpitations sont bien moindres.
Ces observations ne font que confirmer les publications plus anciennes de Vigouroux, Sollier, Crocq, Libotte, Guilloz, Mailly, Birdrer, Dubois de Saujon,
Lacaille, Costex, et aussi celles toutes rérentes de
Portrait.
Elles ont un but très simple, celui de montrer que
l’on a tort d’oublie r complètement l’action de l’électrothérapie puisqu’elle peut apporter de bons effets même quand la radiothérapie n’a pas agi d'une façon assez favorable.
Il devait donc être établi comme règle que, dès que la maladie de Basedow est diagnostiquée, elle doit être traitée de suite par les agents physiques, les symptômes qui caractérisent, fussent-ils même
très légers. En agissant ainsi, on risquerait moins de
laisser se constituer définitivement un processus dont on aurait pu sans doute se rendre maître si, A. Martin LUS
ÿÿ — dès le diagnostic posé, il eût été traité par les agents physiques concurremment aux autres méthodes.
Traitement antispécifique
« Les résultats obtenus par le traitement antispécifique,dans le goitre exophtalmique, dit Schulmann, sont invariables, mais d’une manière générale des plus satisfaisants. »
11 2 réuni dans un tableau qu'il a intitulé « tableau des résultats thérapeutiques obtenus par lé traitement antispécifique » les différents cas traités qu'il a pu rencontrer dans la littérature médicale. Ces cas sont {malheureusement peu nombreux. Le mercure, les iodures, l’arsenic, le bismuth furent successivement employés et modifièrent de façon très appréciable, presque toujours les syndromes basedowiens. Ces guérisons totales ne sont pas rares.
Avant d'exposer la technique qui a donné, dans l'observation détaillée, inédite, et toute récente que nous allons publier, des résultats surprenants, nous pensons qu'il est utile d'évaluer avec quelque pré= cision la fréquence de la syphilis à la clef du goitre exophtalmique.
Notre expérience personnelle ne pouvant être invoquée, il nous est agréable de reproduire ici un article paru dans la Pratique médicale française de‘juin 1924 où le D: E. Schulmann, chef de clinique adjoint à la Faculté, donne son avis autorisé sur la ques- : tion.
«D'après notre statitisque personnelle, écrit-il, qui porte sur 91 cas examinés en sept années, nous relevons le pourcentage suivant : syphilis certaine 28 cas, syphilis possible 8 cas, soit 36 cas, ce qui constitue un taux moyen de plus de 50 0/0. Ce chiffre est de beaucoup trop élevé et de toute évidence ne tient qu'à deux facteurs : une partie des observations recueillies l’eût été à l'hôpital Saint-Louis aux consultations de dermato-vénéréologie dont le fond même est la syphilis, quelques malades, d'autre part, nous ont éié personnellement adressés parce que relevant du type ciinique par nous étudié. Nous croyons toutefois qu'il n'y a aucune exagération à fixer entre 15 et 20 0/0 le pourcentage des cas où
normalement la syphilis est facteur déterminant du
goitre exophtalmique.
Sur les 36 cas examinés, dix fois la syphilis était de source héréditaire, vingt-six fois elleétait acquise et dans ces cas,huit-fois les sujets étaient en période secondaire et dix huit fois en période tertiaire. Il y avait 28 observations féminines contre 8 masculines c'est-à-dire 3 femmes 1/2 pour r homme.
Ce chiffre est fort élevé si l’on se souvient que Pic et Bonnamour, dans leur statistique établie sur des faits appartenant à divers auieurs, trouvent un rapport de 12 à 1. Ilest hors de doute qu’il faut voir ici dans la fréquence plus grande de la syphilis chez l’homme une note discordante et ceci autorise le corollaire suivant : toujours redouter par la spécifité en présence d'un goitreexophtalmique masculin,
Peut-on cliniquement reconnaître l’origine syphilitique d’une maladie de Basedow ? Nous avons jadis écrit qu’il n’existe aucun caractère spécial au goitre exophtalmique qui ne diffère symptomatologiquement en rien du syndrome classique. Ceci est * vrai pour le goitre peu marqué qui surgit au cours de la période secondaire mais dans quelques cas ainsi que l’a bien montré mon maître Sainton, le simple examen du corps thyroïde peut perméttre de soupçonner l’action du tréponème. Au palper, on sent alors un goitre consistant, cirrhotique, lobulé, quelquefois ficelé : il faut aussitôt penser à une lésion syphilitique, rechercher les anamnestiques, percuter les réflexes tendineux, vérifier les réflexes oculaires,
ausculter et radioscoper l’aorte, faire une réaction
de Wassermann.
Dans les premiers cas traités par moiet consignés dans ma thèse, sur 20 malades j'ai obtenu 7 guérisons complètes, 6 grosses améliorations, 6 légères améliorations, 1 échec. Depuis lors, j'ai suivi de nouveaux cas et ainsi que je l’ai dit plus haut, j'ai observé 28 nouveaux types:de goitre exophtalmique, 12 au cours de la syphilis acquise, 16 au cours de la syphilis héréditaire. Au cours de la syphilis acquise, dans 3 observations, les malades étaient porteurs d’un goitre survenu au cours de la période secondaire et temporaire de la roséole, deux mois après la disparition de celle-ci dans un troisième cas.
Ces 3 malades ont été traités par le novarséno-
dun à
benzol, 2 d’entre eux ont été totalement guéris par deux séries successives d’arsénobenzène d’environ 4 à 5 grammes chacune, le troisième n’a eu qu’une atténuation passagère de la tachycardie et du nervosisme, mais ceci n’a été que temporaire et ni le mercure, ni le bismuth, ni l’iodure de potassium n’ont pu modifier le syndrome.
Les 9 autres cas étudiés correspondent à des goitres durs et volumineux, souvent contemporains d'accidents tertiaires. Nous avons, avant tout, essayé l’action de la médication iodurée. Penzold a beaucoup insisté sur cette notion que les basedowiens supportent mal l’iode et les iodures, mais que les basedowiens syphilitiques tirent au contraire un excellent parti de cette thérapeutique.
De ces 9 malades, r a été guéri par un unique traitement à l’iodure de potassium, 3 ont été très améliorés par la médication iodurée, complétée par des injections de novarsénobenzol et d’hydrargyre, 2 ont été légèrement, souvent, 3 n’ont tiré aucun bénéfice du traitement : le bismuth notamment a été expérimenté chez ces 3 sujets sans aucun résultat.
Dans 16 observations, il s’agissait d’une étiologie héréditaire : l'infection est alors plus ancienne et l’action curatrice moins sûre. Nous avons néanmoins à notre actif, 2 gnérisons complètes par le traitement iodo-bydrargyrique, 4 grandes améliorations, 4 améliorations légères et 6 échecs. Dans ces dix dérñiers aus sans grandes modifiéations fürent Lobr