I. — Goitre exophtalmique typique
Il s’agit le plus souvent d’une jeune femme chez iaquelle surviennent insidieusement des palpitalions, des bouffées congestives, des modifications de caractère. Peu à peu la glande thyroïde augmente de volume, les yeux deviennent saillants, du tremblement apparaît, le tout accompagné d’insomnie, de sueurs abondantes, d'aménorrhée, de troubles digestifs, d’amaigrissement, etc...
Dans ce complexus symptomatique, il importe de distinguer les signes primordiaux : tachycardie, goitre, exophtalmie, tremblement, des signes secondaires.
Signes primordiaux
A. Troubles cardio-vasculaires. — Ces troubles constituent presque toujours le premier signe de la
maladie, toujours son signe essentiel et prédomi-
nant.
Le plus commun est la tachycardie. I] s’agit généralement d’une simple augmentation de fréquence, les battements du cœur restant réguliers. On compte au repos 100 à 140 battements; on peut en trouver °00 et même davantage, si bien qu’ils peuvent être incomptables. La tachycardie basedowienne est sujette à de grandes et rapides variations.
Il faut distinguer la tachycardie, souvent ignorée du sujet, des palpitations dont se plaignent si fréquemment les malades. Il est des cas où les palpitations occupent le premier pian, et s’'accompagnent d’oppression, d'angoisse, de douleurs angineuses dans le domaine du cubital. Tantôt le choc précordial est peu violent, quoique l’angoisse soit extrême, tantôt il est intense, comme si le cœur allait éclater, et cela sans désordres fonctionnels.
La tachycardie basedowienne est permanente, en dépit des variations signalées.
: L'arythmie avec pouls inégal et irrégulier, passagère ou durable, est très rare. Elle peut exister sans malaise ou s'accompagner d’une asystolie inquiétante.
La percussion du cœur montre que la matité n’est pas augmentée, au débat. Plus tard, son augmentation est assez fréquente, mais elle ne signifie pas hypertrophie du cœur. Il s’agit au contraire de dilatation fonctionnelle. |
À l’auscultation, on entend, dans la moitié des cas, des soufiles dont l'interprétation est parfois difficile. Ce sont des souffles systoliques, rudes et doux, de
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la base ou de la pointe, le plus souvent fonctionnels, cardio-pulmonaires, par dilatation cardiaque. Ils disparaissent quand la maladie guérit, à l'exception de ceux qui sont liés — la chose est assez rare -— à upe lésion orificielle organique.
. À côté de ces symptômes cardiaques, il convient de placer les troubles vasculaires.
Le pouls est fréquent, comme les battements du cœur, cela va sans dire. La compression des yeux peut le ralentir. D’après Sainton, le réflexe oculocardiaque, qu'il a recherché dans 17 cas, était net dans 12 cas. ;
Dans 2 cas, le pouls n’était pas modifié ; dans 2, le réflexe de positif devenait négatif ; enfin dans 1 cas, il y eut augmentation de fréquence du pouls.
Le pouls paraît faible, mou, et contraste avec
l'énergie et la violence des battements, non seulement du cœur, mais aussi des 2r0os vaisseaux du
cou et de la tête.
Quel est l’état du sang ? On a signalé comme signe précoce une légère anémie, mais cette anémie n’a aucune relation directe avec le goitre exophtalmique.
Par contre, la formule leucocytaire serait souvent
modifiée. Pour Kocher, cette modification est cons-
tante et peut servir à établir le diagnostic dans les cas frustes, et à fixer le pronostic, selon qu'elle disparaît ou persiste après la thyroïdectomie.Il s’agit presque toujours d’une lymphocytose pouvant aller
jusqu’à 60 o/9, aux dépens des polynucléaires neutrophiles qui peuvent baisser jusqu'à 40 0/0.
B) Goitre. — Le goitre débute, en général, d’une manière si insidieuse qu'il passe inaperçu jusqu'au jour où l’augmentation de volume de la thyroïde oblige les malades à élargir le col de leurs vêtements.
Son volume est très variable ; généralement modéré, il peut être gros, moins pourtant que dans les goitres simples ; parfois il est petit. A la palpation, le goitre offre une consistance qui varie suivant son ancienneté. Au début, la thyroïde est élastique, résistance, relativement molle ; plus tard elle devient dure et résistante. A l’auscultation,on peut entendre des souffles vasculaires, continus ou discontinus, surtout aux pôles de la thyroïde, et variant d’intensité pendant le cours de la maladie.
C) Troubles oculaires. — L’exophtalmie est un signe relativement tardif; elle apparaît, d'ordinaire, après la tachycardie, et en même temps que le goitre ou après lui. Lorsque, — par aventure — elle constitue le signe initial, elle peut faire songer aux tumeurs de l’orbite, et si elle est unilatérale, offrir d’énermes difficultés de diagnostic. C’est en tout cas, un signe extraordinairement tenace et capital, qui a servi à qualifier la maladie.
On désigne sous le nom de sione de Stellwag, l'agrandissement de la fente palpébrale ; cet agrandissement tient à une rétraction notable de la paupière supérieure qui empêche, pendant le sommeil, la sclérotique d’être totalement recouverte.