EVOLUTION
On peut décrire au goitre exophtalmique une forme aiguë et une forme chronique.
Dans la forme aiguë qui est rare, on voit la maladie se constituer en quelques jours.
Cette forme est caractérisée, essentiellement par une tachycardie constante et un amaigrissement rapide et énorme.
Dans la forme chronique le début est généralement annoncé par une tachycardie qui peut passer inaperçue, ou par des palpitations qui ne vont pas toujours avec/un pouls notablement accéléré. A ce moment, on constate souvent une fatigue rapide, déterminée plus par le travail intellectuel que par les efforts physiques, une sensation de chaleur insolite, de la tendance aux sueurs, une insomnie rebelle, des modifications du caractère qui devient inquiet. Le goitre apparait généralement plus tard et se manifeste, à l'origine, par une sensation de plénitude ou de pression à la base du cou.
Une fois confirmée, la forme chronique évolue par poussées.
La durée du goitre exophtalmique, dans sa forme clinique est variable. La maladie dure généralement.
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plusieurs années : trois, six, dix ans, et même davantage, avec des périodes de bien-être relatif et des
épisodes d’aggrayation passagère.
Il est exceptionnel de voir le goitre exophtalmique amener la mort par cachexie progressive, le plus souvent, la mort est due à une complication telle que la tuberculose pulmonaire. Dans les cas aigus, ou dans Îles poussées aiguës des formes chroniques, la mort peut résulter directement d’une intoxication thyroïdienne. Le marasme ne tarde pas à apparaître avec son cortège d’œdèmes, et la mort devient inévitable, du fait des progrès de cachexie thyroïidienne, du fait de l’asphyxie dyspnéique ou de l’asystolie
lente par épuisement du myocarde.
ÉTIOLOGIE
Le goitre exophtalmique est un syndrome qui relève de causes multiples ; l'influence étiologique du sexe est hors de contestations.
Ce syndrome est beaucoup plus fréquent chez la femme que chez l’homme. Pour expliquer cette prédominance féminine, on met en avant le tempérament plus névropathique de la femme et surtout l'influence spéciale des modifications physiologiques et pathologiques de son appareil génital.
On peut voir apparaître le goitre exophtalmique à tout âge. Chez la femme c’est surtout entre 15 et 30 ans ; entre 20 et 40 ans chez l’homme. Il est rare chez l'enfant au-dessous de 15 ans ; on l’a pourtant vu à 4 ans et même à sans 1/2. |
Dans l'enfance, il survient souvent à la suite de la chorée.
La prédisposition joue un rôle important.
Certains sujets y sont prédisposés par l’hérédité. Parmi les autres causes du goître exophtalmique, il importe de citer les maladies infectieuses qui atteignent si fréquemment la typhoïde.
Nous aurions voulu parler de la pathogénie de la maladie de Basedow. Le but de ce sujet nous prive
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de le faire et nous allons envisager dans le chapitre suivant les rapports si fréquents de la syphilis et du goitre exophtalmique. |
Syphilis et corps thyroïde
‘Les localisations thyroïdiennes de la syphilis sont aujourd'hui classiques.
. On n'admet plus en effet l'hypothèse suggérée par
Ewald d’une sorte d'immunité de la glande vis-à-vis
du virus syphilitique en raison de sa grande teneur
en iode.
On peut observer en clinique une thyroïdite secondaire, une thÿroïdite tertiaire plus exceptionnelle, enfin, selon l'impression de Kohler, des disthyroïdies syphilitiques.
La thyroïdite secondaire serait des plus fréquentes. Si nous en croyons Engel-Reimers, on la rencontrerait principalement chez les femmes dans la proportion de une fois sur deux. Dans la plupart des cas observés, il s’agit de congestion plus ou moins marquéé de la glande qui grossit, devient douloureuse.
Dans certaines observations, il y a formation d’un goitre véritable, c’est le goître aigu syphilitique secondaire décrit par M. Mauriac.
Pour Engel-Reimer, la thyroïdite survient précocement dans l’évolution de la syphilis, elle apparaît avec les premiers symptômes et pour cet auteur il y a une analogieentre l'atteinte du corps thyroïde et celle de la rate et des ganglions.
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Il faut toutefois se méfier du rôle que peu jouer dans la génèse de ces irritations glandulaires un traitement iodé ou ioduré mal supporté.
La thyroïdite tertiaire est moins fréquente. On peut l’observer au cours de la syphilis héréditaire.
M. Marcel Garnier, dans sa thèse, en signale plu- .
sieurs cas. Cet auteur a pu, en effet, examiner cinq glandes thyroïdes de fœtus hérédo-syphilitiques mort-nés ou ayant, survécu de quelques heures à huit jours. Dans 4 de ces cas, il a pu observer les altérations suivantes : les vésicules semblaient atrophiées et vides de matière colloïde ; la plupart d’entre elles étaient petites avec des cellules desquamées et granuleuses. |
Çà et là, quelques vésicules élargies présentaient une structure à peu près intacte ; d’autres étaient remplies de cellules épithéliales gonflées, avec des noyaux vésiculeux difficilement colorables. Sur certaines coupes, on apercevait seulement 'au sein du réseau vasculaire des lames conjonctives néoformées, des amas irréguliers de cellules thyroïdiennes, petites, granuleuses, avec leur noyau encore bien coloré mais avec un corps protoplasmique à contours mal limités ! En résumé, il y avait des altérations à la fois du stroma et de l’épithélium de la glande et une diminution toujours très considérable de la sécrétion, Parfois des traiînées de sclérose envahissante semblaient étouffer l’épithélium sécréteur.
Les observations de thyroïdite tertiaire au cours
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