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LE TRAITEMENT MÉDICAL

Mais à tous les stades de la grossesse ou du travail l’action du traitement local du placenta praevia sera heureusement complétée par le traitement médical qui se propose un double but : lutter contre l’'anémie due à l’hémorragie, d’une part, lutter contre l'infection qui existe toujours, aussi latente soit-elle, d'autre part.

L'étude statistique des causes de décès maternels est instructive à cet égard, en montrant qu’en cas de placenta praevia, l’anémie aiguë intervient pour plus de la moitié des cas. Elle constitue, donc, un danger capital que les procédés obstétricaux ne peuvent pas toujours combattre efficacement. L’infection intervient ensuite comme cause de décès encore importante.

La lutte contre l’anémie consécutive aux hémorragies par insertion vicieuse de lacenta, se fera par les moyens mis en œuvre habituellement. Cependant, il est intéressant de faire une distinction entre l’hémorragie abondante, massive, mais unique (celle du travail, par exemple), et les hémorragies fractionnées, peu abondantes, mais à répétition, qui ne réalisent pas le même type d’anémie et dont le traitement diffère un peu.

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Il importe de se rendre compte du degré d’anémie atteint par la femme en pratiquant des numérations globulaires répétées ainsi que des dosages du taux de l’hémoglobine. D’autres examens ont pu être recommandés. Cliniquement la prise du pouls et de la tension artérielle donneront également des renseignements intéressants.

En cas d’anémie légère, le repos, l’administration de substances hémostatiques, la réparation des pertes sanguines par la sérothérapie artificielle et l'emploi de la méthode de Wipple-Castle, suffiront le plus souvent.

En cas d’anémie aiguë importante de la gestation ou du travail, la transfusion sanguine rendra d’incontestables services. On pourra utiliser la transfusion avant d'entreprendre toute intervention, s’il y a déjà une anémie marquée et on l’utilisera également dans les suites opératoires si la malade ne se remonte pas immédiatement.

La transfusion sanguine présente en effet non seulement l’avantage de combattre les risques de mort, liés à la spoliation sanguine, mais également d'augmenter les défenses de l’organisme et de diminuer considérablement les risques d'infection ultérieure.

Mais faut-il pratiquer une transfusion massive ou bien est-il préférable de ne faire que des transfusions de faibles quantités mais renouvelées à plusieurs reprises ?

L'expérience a montré qu’il importe souvent de remplacer quantité pour quantité la masse de sang perdue afin d'obtenir un état d'équilibre stable. Donc, en pré-

sence d’une hémorragie importante et massive on pratiquera de préférence une transfusion sanguine de même importance, car, comme l'ont fait si justement remarqué MM. Lévy-Solal et Tzanck, dans les hémorragies obstétricales : «L’hémostase n’est jamais aussi complète que dans les hémorragies chirurgicales et elle peut ne pas être durable.»

On fera uné transfusion de sang frais ou une perfusion de sang conservé, suivant les possibilités.

La sérothérapie artificielle, quantité pour quantité, peut également être utilisée pour une hémorragie abondante et unique.

Lorsqu'il s’agit d’hémorragies peu abondantes mais répétées à des intervalles plus ou moins rapprochés, la transfusion sanguine jouera un rôle important car la perte de globules rouges est souvent alors plus abondante. Il faut remplacer quantitativement mais encore surtout qualitativement la masse de sang perdue. Dans cette éventualité, la sérothérapie n’aboutit qu'à une dilution du sang et a moins de chance de succès. Aussi, pratique-t-on en général des petites transfusions de deux cents à trois cents grammes, à plusieurs reprises.

La transfusion sanguine est donc appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans le traitement du placenta praevia. Cependant elle n’est pas pratiquable dans toutes les conditions. Pourtant, un très grand effort de réalisation est fait actuellement en ce sens et il existe maintenant un peu partout une véritable organi-

sation de transfusion sanguine, dans un grand nombre d’hôpitaux et de cliniques.

Le traitement médical permettra de lutter contre les risques d'infection par l’emploi préventif des sulfamides et des procédés utilisés habituellement.

On a recommandé également la pratique des immuno-transfusions en pareil cas.

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