‹ Le Traitement mixte de la Syphilis par l'Association conjuguée de l'Arsenic et du BismuthChapitre 11 sur 45 · LE MERCURE · texte numérisé non relu

LE MERCURE

Utilisé depuis plusieurs siècles dans ia thérapeutique antisyphilitique, sa valeur spécifique n'est mise en doute par personne ; mais il est bien établi depuis l'emploi des arsenobenzènes que, employé seul, il est inférieur aux médications plus récentes.

Son utilisation isolée dans le traitement d'attaque n’a plus aucun partisan; la chose est jugée depuis longtemps et nous n'avons pas à y revenir.

Mais, le mercure conserve, bien entendu, des indications spéciales : (cyanure dans les syphilis du rein et du foie ou au début d’un traitement intensif lorsque l’on craint des réactions trop vives, etc. 2):

Parmi les composés arsenicaux, nous n’aurons en vue ici que les arsenobenzènes et plus spécialement le or4 qui, presque aussi actif que le 606, est moins toxique et d’un mañiement beaucoup plus facile.

Dès leurs débuts dans le traitement de la syphilis, ces

composés se montrèrent bien supérieurs au mercure dans l’attaque de cette infection.

IIS possèdent, en effet, une rapidité d'action sur les accidents primaires et secondaires, inconnue avant leur emploi.

Les tréponèmes disparaissent du chancre en quelques heures ; la forme érosive se cicatrise après la première injection. !

À la période secondaire, si, parmi les lésions cutanées les papules et les éléments papulo-squameux ne disparaissent que lentement, la roséole, par contre, s’efface en 5 à 6 jours. Les formes particulièrement rebelles au mercure, c’est-à-dire les syphilis péripilaires, ul éreuses, secondaires malignes guérissent vite sous l’inflüence du traitement arsenical.

Sur les lésions des muqueuses si contagieuses, l’action thérapeutique est, de même, d’une merveilleuse rapidité : la cicatrisation des plaques muqueuses survient en vingt-quatre à trente-six heures; les ulcérations sont comblées en une semaine et les syphilides végétantes s’aplanissent en huit à dix jours.

Enfin, la syphilis maligne précoce ne résiste généralement pas aux arsenobenzènes.

La réaction de Wassermann est rapidement influencée par eux : employés à temps, ils peuvent l'empêcher d’être positive sans, toutefois, toujours éviter le crochet positif de Tzanck (dont la valeur pronostique est d’ailleurs contestée).

À la période humorale, on obtient la négativation de la réaction en quarante à quatre-vingts jours avec le 914.

Ajoutons, pour terminer, que c’est depuis l'emploi des arsenobenzènes que l’on a pu, dans certains cas favorables, obtenir la stérilisation de la syphilis.

Evo LE BISMUTH

Employée depuis quatre ans dans le traitement de !a syphilis, cette médication a donné des résultats supérieurs à ceux du mercure ét proches de ceux des arsenobenzènes.

En effet, le bismuth agit puissamment sur les accidents primaires et secondaires. Mais cette action est nettement moins rapide que celie des arsenicaux ; d'autant plus que les composés insolubles, plus actifs et mieux tolérés que les préparations solubles, sont seuls couramment uütilisés. C'est d’ailleurs, d'eux seulement que nous nous occuperons ici.

Par contre, et c’est. là un criterium, le bismuth est très actif dans la syphilis maligne précoce.

De plus, nous signalerons son influence spécifique reconnue par nombre d'auteurs sur les lésions nerveuses.

L'action du bismuth sur la réaction Wassermann, quoique très nette, est également plus lente que celle de l’arsenic ; mais les résultats sont certainement plus stables et plus régu liers.

Les bons effets de la médication bismuthique sont considérés par certains auteurs (M. Clément Simon), comme suffisants pour lui faire supplanter la médication arsenicaie dans le traitement d’attaque.

Mais, nous l'avons dit, la qualité essentielle d’un traitement d'attaque est de frapper vite, surtout à la période présérologique : il faut arrêter le plus tôt possible la diffusion du tréponème dans l'organisme, dans l'intérêt du malade et blanchir celui-ci le plus vite possible, afin qu’il ne soit plus contagieux.

Or, sur ce terrain les arsenobenzènes ont conservé une Supériorité incontestable.

En effet, avec ces derniers Corps seulement, la dose stérilisante expérimentale, dose idéale du traitement de la syphilis chez l’homme, est supportée par l'organisme humain ; seul, l’arsenic peut être employé à doses massives.

D'ailleurs, M. Milian, comparant entre elles les trois grandes médications spécifiques et attribuant à chacune d’elles un coefficient, donne 10 à l’arsenic, >; au bismuth et 4 au mer- \CUre.

Il jaut donc garder, ainsi que M. Ravaut l'a toujours fait, les arsenobenzènes comme médication essentielle du traitement d'attaque.

Mais nous pensons, pour les raisons que nous allons exposer, que l'arsenic intra-veineux ne doit pas être employé Seul, mais qu'il faut lui adjoindre une autre médication, dont l'association parallèle permettra au traitement d'obtenir pratiquement et sans danger des résultats plus sables.

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