OBSERVATION X
Mégadolichocôlon très prononcé traité par sympathectomie lombaire gauche
et ablation des ganglions lombaires des deux côtés.
L'enfant B... Thérèse, âgée de 15 ans 1/2 est envoyée à la consultation du Professeur LERICHE pour mégacôlon.
Depuis sa naissance, elle présente une constipation très.
marquée avec des crises de ballonnement, sans crises douloureuses notables. Elle a toujours pris des laxatifs et elle arrive ainsi à aller à la selle à peu près tous les jours. Mais les selles disparaissent dès que l’on cesse la médication. Actuellement, cette enfant présente le poids et la taille d’une enfant de 12 ans. L’abdomen est nettement ballonné,
tympanique, et l’on sent à la palpation un énorme côlon
descendant. La partie basse de la cage thoracique est très
évasée. On ne note pas de caractères sexuels secondaires. En somme cette enfant présente un retard de 3 ans environ
sur son âge.
Se
- Le 25 janvier 1943, est pratiqué un lavement baryté avec infiltration splanchnique bilatérale, la tension artérielle de l’enfant étant bonne (11, 6 1/2). Avant infiltration on trouve un énorme côlon gauche mesurant 14 em. 1/2 dans sa plus grande largeur sans grosse dilatation du sigmoïde. Le côlon descendant est rempli de matières. Le lavement {1 litre 1/2 de bouillie barytée) passe facilement mais ne dépasse pas l’angle colique gauche. A noter que l’on ne voit à l’écran aucune contracture ni sur le côlon gauche, ni sur le côlon droit.
On fait une double infiltration splanchnique qui est très bien supportée par l'enfant (tout au plus note-t-on un léger degré de pâleur). A l’écran, on voit alcrs, nettement le côlon droit se contracter énergiquement. Aucun changement au niveau du côlon gauche qui mesure 14 em. 1/2 dans sa plus grande largeur et qui, cependant, a évacué un peu de son contenu dans le transverse. Une radiographie prise à ce moment montre au niveau du transverse une contraction très nette sur une longueur de 15 cm.
Apparaissent ensuite des contractions au niveau du côlon gauche. La bouillie est refoulée vers le rectum d’une part (l’enfant a envie d’aller à la selle) et vers le transverse d’autre part. On voit nettement le défilé de la bouillie & travers l’angle gauche. L’enfant est obligée d’aller à la selle.
En continuant l’examen, on assiste a une importante diminution de volume du côlon gauche. Une radiographie prise à ce moment montre mal les contractions et la diminution de calibre, très visibles à l’écran (12 cm.). 5
L'enfant dans la demi-heure qui suit doit aller 2 fois à la.selle. On voit très nettement de profondes et importantes contractions portant sur l’angle droit et allant jus-
qu’au sigmoïde. À noter que le côlon gauche dans la fosse iliaque gauche ne mesure plus que 9 cm. de longueur.
Enfin ramenée dans son lit, l’enfant a encore une évacuation spontanée.
Elle est examinée de nouveau à l’écran le 31 décembre
Le lavement baryté montre un énorme mégacôlon intéressant surtout le côlon descendant qui mesure 12 cm. 1/2 de largeur. Tout le reste du côlon est également dilaté, mais un peu moins que le gauche. Le sigmoïde est à peu près normal.
Le 28 janvier 1945, le DT Kunzin intervient sous anesthésie générale. Section du sympathique lombaire gauche et ablation des 1er, 2e et 3e ganglions lombaires.
Le 2e temps est pratiqué le 20 février 1943. Ablation des 2e et 3€ ganglions lombaires droits par le Professeur LE- RICHE.
Les suites opératoires sont normales.
L'enfant sort de l’hôpital le 4 mars. Le ventre est moins distendu. Elle va à la selle régulièrement mais est encore obligée de prendre des laxatifs.
Des nouvelles récentes confirment ce résultat qui d’ailleurs va en s’améliorant.
Cependant, l’énorme dilatation côlique présentée par cette jeune malade n’a pu être ramenée à des proportions normales. On se trouve ici en présence d’un cas limite qu’on voit d’ailleurs rarement aussi accusé.
A l’appui de la théorie pathogénique du mégadolichocôlon soutenue par LERICHE, nous versons au dossier de cette malade l’examen histologique du sympathique lombaire prélevé au cours de l’acte opératoire et fait par Yvan BERTRAND le 20 février 1943. Il conclut : « dans les cellules
PR, pr
neuroganglionnaires, fines altérations nucléaires ; affinité irrégulière de la chromatine pour l’hématine, tendance à la pycnose et à la vacuolisation. Le protoplasme est homogène, sans surcharge pigmentaire importante. Très rares nodules résiduels « Il y a donc ici une atteinte anatomique du cordon sympathique.