AN N
Da
février 1942 d’une douleur mal caractérisée de la fosse: iliaque droite ainsi que d’un point costo-vertébral du même côté.
Cette crise douloureuse dure 5 semaines puis les symptômes douloureux rétrocèdent. Dans le courant du mois
d’août, une crise analogue éclate, qui s’accompagne de cé--
phalées et de vomissements.
On ne relève aucun antécédent notable. A l’examen,
l'abdomen est souple, mais on note une douleur vive à la
pression de l’angle costo-vertébral et au niveau du point. de Mac Burney. Le reste de l’examen ne révèle rien d’anormal.
Un examen radiologique pratiqué le 4 août, après lavement baryté, amène aux conclusions suivantes :
Le lavement opaque remplit, en provoquani une légère douleur, les différents segments du cadre côlique qui semble
élargi particulièrement au niveau de la région cœco-
ascendante. Les clichés de remplissage et d'évacuation confirment l’élargissement important des différentes portions. du gros intestin et principalement du cœcum et nous montrent la disparition presque complète des segmentations. antrales.
En conclusion, mégacôlon à prédominance cœcale (le cœcum mesurant 8 cm. 1/2 de largeur), avec coexistence de dolichocôlon.
Le 31 août, on décide de pratiquer une série d’infiltrations splanchniques. L'état tensionnel de la malade étant satisfaisant (12-8), 5 infiltrations bilatérales sont faites à deux jours d'intervalle n’améliorant pas l’état fonctionnel.
Le 9 septembre, une radiographie de contrôle après lavement baryté met en évidence un cadre colique dont les. différents segments sont élargis. L'examen comparatif des:
clichés montre cependant une nette diminution de calibre du cœco- “ascendant. De 8 cm. 1/2 le calibre est passé à 6 cm. 1/2.
Dans ces conditions, on décide d’intervenir Coca.
ment. Le 18 septembre, sous rachianesthésie, SERVELLE pratique une sympathectomic lombaire droite par voie sous-péritonéale. Les 4er et 2e ganglions lombaires droits sont réséqués après infiltration.
Les suites opératoires sont tout à fait normales.
Le 29 septembre, le côlon ascendant et le cœcum sont
— encore dilatés. Au point de vue fonctionnel, on note une amélioration légère des phénomènes douloureux, amélioration qui s’objective dans les jours qui suivent. La malade quitte le service le 18 décembre.
Revue dans le courant du mois d’avril, elle présente encore des douleurs et quelques vomissements. Quoique ces symptômes soient beaucoup moins accusés qu'avant l’intervention, on intervient à nouveau le 28 avril 1943.
Sous rachianesthésie, Moxop pratique l’ablation des 1er et 2€ ganglions lombaires gauches. On ne coupe pas le splanchnique. |
Les suites opératoires sont normales. Les signes radiologiques ont beaucoup diminués. Le cœcum ne mesure plus que 6 cm. 1/2 dans sa plus grande largeur.
Le syndrome douloureux disparaît. Cette amélioration persiste et à la fin du mois de mai, la malade ne présente ni douleurs, ni vomissements.
En résumé, chez cette malade, les infiltrations splanchniques ont amené une amélioration passagère. La splanchnisectomie droite avec ablation des 4er et 2e ganglions lombaires des 2 côtés a amené üne amélioration très nette des signes radiologiques et fonctionnels.
A la suite de l'exposé de nos observations, il nous a paru utile de les résumer dans le tableau ci-dessous :
Résultats du traitement neuro-chirurgical du
mégadolichocôlon.
ë 5 5 Résultat | à < 5: a 2 [ae | peus ÉSUIISTS 5 SE |$SIE où I 41 ans Dolichocôlon + + II 9 ans Dolichocôlon + es- | tomac dilaté + ++! + III 30 ans Dolichocôlon + + + ie IV 36 ans Dolichocôlon + ASE N 30 ans Mégacæcum + +++ + VE 43 ans Mégadolichocôlon | + + +| ++ VII 19 ans Mégacæcum + + + VIII |45 ans Mégadolichocôlon | + + + IX 61 ans Mégadolichocôlon | + ++) X 15 ans 1/2 |Mégadolichocôlon — + XI 20 ans Mégadolichocôlon | + | + |++ NUIT 12 ans Mégadolichocôlon | + | + |++I+—+ XIII- |25 ans Mégadolichocôlon | + | + | + À XIV 15 ans 1/2 |Mégadolichocôlon | + | + | + XV 31 ans Mégadolichocôlon | + | + |++!
XVI 8 ans Mégadolichocôlon | + | + [++ XVII | & ans Mégadolichocôlon | + | + |++ XVIII [87 ans Mégadolichocôlon + [+++ + XIX= 137 ans Mégadolichocôlon + [++ XX: 18 ans Mégadolichocôlon | + | + |L+L|++
Au point de vue du diagnostic, nous ne voulons pas entrer dans les détails de celui de la maladie de Hircuspruxe. Reconnaître cette affection chez l’enfant est généralement très facile et l’on ne peut guère discuter que le gros ventre de certains rachitiques etencore n’y a-t-il pas dans ces cas de troubles du transit intestinal.
Chez l’adulte, deux choses sont surtout à retenir. C’est tout d’abord le diagnostic différentiel du mégacæcum ou slase cœcale avec l'appendicile chronique.
On admet classiquement que 10 % des mégacôlons sont opérés d’appendicite. .
Dans les observations que nous rapportons 5 cas ont été appendicectomisés et 2 cas ont été étiquetés appendicite, soit 7 cas au total.
Or ces malades ne sont nullement améliorés par l'intervention. et on le comprend facilement. Il importe donc de ne pas poser ce diagnostic d'appendicite chronique trop à la légère. Dans tous les cas louteux, nous pensons que le malade devrait être soumis à un lavement baryté. Notre observation N° V est particulièrement démonstrative à ce sujet : alors que d’aucuns voulaient "intervenir sur l’appendice,
RE
une simple série d’infiltrations splanchniques a fait disparaître tous les troubles fonctionnels etle météo risme. Ces faits méritent d’être connus. -
Une deuxième remarque doit être faite. C’est au sujet du diagnostic du mégadolichocôlon avec des formes discrèles de tuberculose périlonéale vues, soit à la période de début, soit beaucoup plus tardivement.
À la période de début, alors que les signes périto— néaux sont frustres, qu'il y a peu ou pas de liquide ascitique, ce qui domine ce sont les signes intestinaux, ralentissement du transit avec constipation marquée
et météorisme, signes qui font penser à un mégacô—
Jon. La radiologie vient confirmer cette hypothèse.
Dans un cas de péritonite bacillaire anascitique avec : “4 de beaux clichés de mégadolichocôlon réagissant très
bien à l’infiltration splanchique, l'erreur fut reconnue
sur la table d'opération alors qu'après la sympathec-.
tomie lombaire on faisait dans la même séance la cure
radicale d’une petite hernie crurale. Sur le sac péri-
tonéal reséqué, il existait de petites granulations que l'examen histologique montra être de nature bacillairé.
Dans un autre cas (Obs. XV), il s'agissait d’une péritonite bacillatre ancienne qui souffrait beaucoup d'un ralentissement du transit et qui, radiologiquement, avait une image très nette de mégadolichocô— lon. Les suites immédiates de la sympathectomie furent marquées par une recrudescence des douleurs nécessitant la glace, mais ultérieurement tout rentra à:
dans l’ordre.