‹ Le traitement opératoire du ptosis: par la méthode de ParinaudChapitre 5 sur 19 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Opérations du Ptosisautres que celle de Parinaud Etude historique et critique.

Ils sont innombrables, les procédés que les chirurgiens de tous les temps ont essayé d'apporter à la cure du ptosis.

C’est qu'ici la difficulté siège principalement dans l’impossibilité où l’on est de graduer le résultat recherché : le plus souvent on le dépasse ou on ne l’atteint pas!

Mais en dehors des procédés chirurgicaux, on a recouru à des moyens palliatifs, la plupart inventés par les malades eux-mêmes. L'un « relevant fortement le sourcil et étirant la peau du front avec le chapeau solidement enfoncé (1) ». Un autre à l’aide d’une serre-fines spéciale (SicneL); ou d’une pince à ptosis appliquée sur la paupière elle-même ; l’un des meilleurs moyens (Fano, Consranrix Pau) serait le port de lunettes spéciales, maintenant à l’aide de ressorts la paupière. relevée. à

I est évident que tous ces moyens n’ont qu’une valeur très secondaire; les malades souvent les préfèrent au début, mais en cas de ptosis confirmé, la cure chirurgicale seule doit être employée.

On peut ramener les procédés mis en usage jusqu'ici à deux méthodes : l’une cherche le raccourcissement de la peau du front ou de celle de la paupière; l’autre utilise la force de

(1) Terson. Chirurgie oculaire, Paris, 1907.

contraction d’un muscle voisin : frontal, sourcilier, droit supérieur.

Les premières opérations, et les plus anciennes, semblent

devoir être attribuées à Hey et Juncken : formation d’un pli cutané de la paupière supérieure, excision, suture.

De Grazre, en 1863, s'adresse aussi à la peau; mais pour affaiblir l’action de l’orbiculaire, il ajoute l’excision d’une languette transversale de la portion tarsienne de ce muscle. Comme les précédents, il respecte le tarse.

Au contraire, GILET DE GRANDMONT pratique une résection palpébrale « tarso-musculaire » : il s’attaque au muscle etau cartilage et respecte la peau. Voici d’ailleurs son procédé(1) : une première incision comprend la peau, la couche sous-cutanée, Le tarse, sur une étendue de deux centimètres et parallèle au bord libre, séparé de deux millimètres ; une seconde

incision, respectant la peau, curviligne, à concavité inférieure,

réunit les extrémités de la première : on sectionne le carti-

lage et le muscle orbito-palpébral.

Mais la laxité des tissus vient rapidement compenser les résultats obtenus et, pour y remédier, Bowman ajoute au procédé précédent la ligature sous-cutanée de la portion tar-

sienne de l’orbiculaire. |

Nous rapprocherons de ces deux méthodes celles de Bou. CHERON (2), SNELLEN (3), Nicari (4), basées sur l’avancement du releveur, déjà préconisé en 1883 par Eversusen (5).

Ce dernier trace « une incision courbe intéressant la peau et l’orbiculaire, à égale distance du sourcil et du bord libre

(1) Gizer pe Granpmonr, Nouvelle opération du ptosis congénital. Recueil d'Ophtalmologie. 1891.

(2) BoucueroN. Opération du ptosis. Archiv. d'Opht. 1888, p. 228.

(3) Sxezzex. À new operation for ptosis. Oph£, review, 1883, (4) Nicami. Opération du ptosis par avancement du releveur palpébral. Archives d'Opht., XI, 1890.

(3) Eversuscs. Zur Operation der congenitalen Blepharoptosis. Klinisch Mo-

natsblätter für Aug., Bd. XXI, 1883.

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