ACTION DE LA CONTRACTURE MUSCULAIRE
Définition. — Dans le mal de Pott comme dans toute destruction osseuse d’origine tuberculeuse s’accompagnant d’arthrite, on observe de la contracture muscCulaire.Les choses se passent dans le mal de Pott comme dans la coxalgie ou la tumeur blanche du genou.
Sous l'influence d’un réflexe vraisemblablement dû à l’irritation bacillaire,les muscles qui font jouer l'articulation malade entrent en contracture ou plutôt acquièrent simplement une sorte d’hypertonicité qui s'oppose aux mouvements actifs ou passifs de l'articulation atteinte ; en effet,on ne retrouve pas la dureté du muscle vraiment contracturé quand on palpe les masses musculaires de la fesse et de la cuisse dans la coxalgie ou les muscles des gouttières et de la paroi abdominale dans le mal de Pott.
Date d'apparition. — Cette sorte de contracture musculaire apparait de bonne heure dans le mal de Pott ; on la constate régulièrement avant toute gibbosité, avant que l’ulcération tuberculeuse ait eu le Lemps de permettre même un léger degré d’inflexion. C’est le meilleur signe de début du mal de Pott: une région rachidienne raide doit être suspectée d'infection bacillaire, un torticolis doit faire penser à un mal de Pott cervical.
Siège. —. La contracture musculaire dans le mal de Pott non lrailé fixe non seulement la portion du rachis correspondante au centre de destruction, et tout segment verlébral dont les corps
Fic. 13. — D'après nature 1/3 (Ménard). — Mal de Pott dorsal moyen, remontant à quatre ans au moins. Pas de complication par alytique. Pas de suppuration ouverte.
Destruction totale ou partielle de six corps vertébraux (quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième).
Ulcération superficielle, plus ou moins profonde, des trois premiers corps dorsaux et du dixième.
Soudure de quatre arcs postérieurs de la gibbosité, cinquième, sixième, septième et huitième dorsaux ; aucune soudure ni au-dessus, ni au-dessous, soit en avant, soit en arrière.
Les pédicules vertébraux sont ulcérés irrégulièrement.
L'inflexion très accentuée est incomplète, en ce que les deux segments rachidiens ne sont pas venus au contact l’un de l’autre. L’angle rentrant antérieur se prolonge par son sommet jusque dans l'intervalle béant des deux segments.
La gibbosité très volumieusé est arrondie en un cintre presque régulier, dont le centre répond au sommet du segment rachidien inférieur.
Si une soudure réunit quatre arcs postérieurs, on ne trouve aucune trace d’un travail de réparation des corps vertébraux, aucune trace d’hyperostose, ni de soudure.
Thorax globuleux. Le sternum, projeté en avant par sa pointe, se rapproche de la direction horizontale.
La première côte est fortement relevée par son bout antérieur, de sorte que la poignée sternale est plus élevée que la première vertèbre dorsale.
H. Lelièvre 3
présentent une simple dénuda tion ou un décollement périostique, . mais encore les parties saines du rachis qui avoisinent le centre de destruction. La contracture cessera d’ailleurs assez rapidement dans les parties saines du rachis par le repos horizontal.
Effets.—Le rôle principal de lacontracture musculaire est d'immobiliser le rachis fracturé par la lésion tuberculeuse. C'est d’ailleurs la contracture musculaire seule, qui pendant presque toute la période d'activité du mal de Pott maintient et fixe les deux segments de la colonne vertébrale. L'observation des faits nous en fournit la preuve évidente.
Chez le pottique soumis au repos horizontal on voit la contracture musculaire disparaître rapidement dans les parties saines du rachis voisines du foyer de destruction, mais de plus on peut constater qu'elle diminue dans certaines conditions, même au niveau du centre de destruction sile segment malade est fortement lordosé.
En eïfet, de même que l'extension continue dans la coxalgie a pour effet de donner une certaine mobilité à la hanche malade, de même une forte et durable hyperextension du rachis pottique tend à rendre mobile l’un sur l’autre les deux segments du rachis fracturé.
D'autre part, il suffit d'endormir un pottique (dans la période d'activité) pour voir que toute gibbosité est immédiatement réductible sans aucun effort, cette réduction n'allant point, d’ailleurs, sans l’écartement en avant des deux segments rachidiens, comme le montre les radiograpies ci-jointes que nous avons prises pendant l’anesthésie de l’enfant (Radiogr. 10 et 11).
Il est facile également de constater cette mobilité des deux segments chez le pottique qui meurt pendant la période d’activité de sa maladie. La colonne vertébrale ne tient plus au niveau du centre de destruction que par les ligaments des arcs postérieurs, notamment les ligaments jaunes. Autour de ces ligaments comme charnière on peut faire jouer presque à volonté la colonne vertébrale.
Tant que la réparation et la consolidation du rachis n’est pas commencée il n’y à donc que la contracture musculaire pour l’immobiliser.
Malheureusement, en même temps qu’elle immobilise la colonne