‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 35 sur 96 · SOUDURE DES ARCS POSTÉRIEURS · texte numérisé non relu

SOUDURE DES ARCS POSTÉRIEURS

Cause. — La soudure des arcs postérieurs n’est nullement contemporaine de la réparation du rachis antérieur qu'elle précède, et d’ailleurs elle a un processus différent : elle est surtout de cause mécanique.

Date. — I} s'ensuit que cette soudure des arcs postérieurs sera bien antérieure à la réparation de la colonne somatique, et pourra commencer alors même qu'il n’y a aucune trace de réparation dans le foyer ; mais cependant il est rare de la voir apparaître avant deux ans, et à cette époque elle se limite à quelques apophyses articulaires.

Ce n’est que bien plus tard souvent qu’aura lieu la soudure des lames et des apophyses épineuses.

Évolution. — La soudure des arcs postérieurs ne se produit pas simultanément pour chacun de ces éléments. C’est toujours par les apophyses articulaires qu’elle commence. L’inflexion vertébrale ne peut se produire, nous l'avons vu, sans amener une certaine dislocation des articulations vertébrales. Le mouvement de bascule, qui tend à rapprocher en avant les pédicules des vertèbres voisines, et à faire diverger en arrière leurs apophyses épineuses, a pour résultat de modifier les rapports des deux apophyses articulaires normalement en contact. L'apophyse articulaire inférieure ne touche

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plus que par son sommet.à l’apophyse supérieure au niveau de la partie moyenne de sa surface articulaire.

Sous l'influence de la pesanteur, l’apophyse inférieure ‘tend à s’enfoncer dans la supérieure, les cartilages s'amincissent et s’ulcèrent et: des surfaces osseuses entrant en contact direct finissent par se souder. Les lames et les ‘apophyses épineuses correspondantes appliquées étroitement les unes sur les autres peuvent plus tard se souder également, mais les apophyses épineuses toujours après les lames. Cependant il est fréquent de voir les apophyses articulaires seules soudées. Tous les arcs correspondant à une gibbosité ne se soudent pas simultanément.

Étendue. — Le nombre des arcs soudés est variable. En général il n’y a que ceux qui appartiennent à la gibbosité qui s’ankylosent (fig 33). Très exceptionnellement on peut voir une ankylose du rachis postérieur se prolonger au-dessus ou au-dessous de la gibbosité.

Souvent deux arcs sont seuls soudés entre eux, comme on peut le voir sur la pièce de la figure 16.

Une série d’arcs ankylosés peut être interrompue par un intervalle de deux arcs non soudés et mobiles l’un sur l’autre.

Rôle. — « Le rôle de l’ankylose postérieure dans la consolidation du rachis n’est pas aussi évident que certains auteurs ont prétendu le démontrer » (Chipault, Regnault), car la soudure des arcs postérieurs très variable et fort tardive (elle n’est complète, c’est-àdire solide, qu’au bout de quatre, six, dix ans) ne semble pas pouvoir arrêter les progrès de l’inflexion vertébrale. D’ailleurs,même si cette soudure formait un cal osseux résistant, correspondant en arrière aux corps vertébraux détruits, l’ankylose ne se prolongeant pas au delà de la région malade, une inflexion du rachis se produirait à la limite de ce cal, si rien ne s’interposait au niveau de la colonne stomatique (1).

1. Iest donc inutile de suturer ensemble, comme l’a proposé Chipault, les apophyses épineuses el les lames vertébrales de la région malade.

RAA ASS

Fic. 33. D’après nat. 1/3 (Ménard). — Mal de Pott double. Réparation parfaite.

Foyer tuberculeux intermédiaire aux sixième et septième corps vertébraux. du cou. Soudure fibreuse. La gibbosité correspondante est nulle.

Foyer tuberculeux dorsal. Destruction complète de trois corps vertébraux.

Soudure osseuse de plusieurs arcs postérieurs en une seule pièce (sixième, septième, huitième et neuvième). Soudure osseuse des pédicules en avant.

Soudure fibreuse des débris du cinquième corps vertébral avec le reste du neuvième.

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