‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 51 sur 96 · AO · texte numérisé non relu

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derata. J'ai été témoin, trop souvent, écrit Calvé, de l'inconvénient de l'emploi des appareils amovibles au cours de coxalgies ou de maux de Pott en pleine évolution, pour ne pas insister sur ce point. À toute occasion, même la plus minime, l'appareil est enlevé et replacé; chaque fois, ces manœuvres infligent à la région malade un véritable {traumatisme dont les effets se feront durement sentir. C'est pour la même raison, et sauf indications très restreintes, que je repousse aussi l'usage de l'appareil plâtré bi-valve ou en boite, véritable appareil amovible qui en a tous les inconvénients sans en avoir les avantages.)

» Le plâtre est essentiellement plastique et permetun modelage très exact, à un degré de perfection que le meilleur des amovibles ne saurail atteindre, ce qui est une garantie nouvelle d’une immobilisation étroite. Le plâtre, enfin, est bon marché, ce qui permet le changement fréquent, condition importante du traitement rationnel d’une lésion active.

» Il permet ainsi la correction progressive d'une mauvaise attitude ; il est l’adjuvant indispensable des modifications qu’on doit faire subir à la direction des segments rachidiens dans le mai de Pott en activité. Il répond à l'imprévu, et donne la possibilité de pratiquer des ouvertures (fenêtres) dans un appareil pour surveiller un abcès en formation sans nuire pour cela à l’immobilisation désirée (1). »

1. — PRINCIPES GÉNÉRAUX DES APPAREILS PLATRÉS POUR LE TRAITEMENT DU MAL DE Port

Le plâtre n’agit point dans le traitement du mal de Polt, par sa vertu propre,comme pourrait le faire croire la technique de beaucoup de chirurgiens, mais en tant qu’il immobilise le foyer pathologique !...

Or, l'immobilisation du rachis n’est pas une chose simple, elle repose au contraire sur des règles orthopédiques très précises.

L'immobilisation d’un segment osseux quelconque exige deux conditions : l'appareil destiné à empêcher un mouvement déter-

1, D’ Calvé dans {a Clinique du 28 avril 1941.

miné doit être exactement appliqué sur certains points convenablement choisis : les points d'appui; il doit de plus être rendu solidaire de ce segment osseux au moyen de points de fixation (fig. 41).

À. — Points de fixation

Tout appareil plâtré doit être fixé le plus rigoureusement possible aux segments osseux qu’il recouvre. On ne conçoit pas en. orthopédie, par exemple, un corset plâtré que le malade pourrait enlever en le faisant glisser par en haut ou par en bas, ou un appareil de coxalgie qu'on pourrait ôter à la manière d’un pantalon !...

Pour être fixé, un appareil orthopédique ne doit pas pouvoir remonter, descendre ou tourner sur le segment osseux qu’on veut immobiliser. Autrement dit, il doit être maintenu par des points de fixation précis qui sont de trois sortes : points de support, points de contre-ascension, points de contre-rotation.

: Nous ne pouvons trouver ces points de fixation sur le rachis lui-

même inaccessible sauf à sa partie postérieure, mais des intermédiaires s'offrent heureusement à nous pour nous permettre au moins indirectenient de rendre un corset plâtré solidaire de la colonne vertébrale : ces intermédiaires sont le bassin, la ceinture thoracique et la téte.

40 Pornrs pe surporrs. — Les régions qui empêchent, lorsqu'elles sont bien moulées, un corset de glisser par en bas, qui, en un mot, le supportent, sont les hanches et les épaules.

Le dôme des hanches forme un point de support excellent puisqu'il est large, saillant (notamment chez la femme et l'adulte), évasé et fixe. Les épaules, au contraire, qui possèdent une assez grande mobilité,n’ont qu'une valeur relative comme point de support, sauf dans la minerve, qui, venant buter sur les points de contre-ascension formés par la nuque et le maxillaire inférieur, empêche les épaules de se déplacer.

Les épaules, d’ailleurs, ne doivent pas être considérées comme un point de support quand la lésion vertébrale .est située au-dessous,

Fic. 41. — Principaux points d'appui et de fixation utilisés dans les appareils plâtrés pour mal de Polt

a) Symphyse pubienne;

b) Épine iliaque antéro-supérieure ;

c) Épine iliaque postéro-supérieure ;

d) Angle saillant du sacrum ;

f) Tiers externe de la clavicule ;

Les traits noirs indiquent les points d'appui ou de fixation suivants : dôme des hanches, côtes, partie supérieure du sternum, elavicule, omoplate, os maxillaire inférieur, nuque.

La face postérieure du rachis qui fournit un point d'appui de toute première importance n’est pas visible sur ce dessin.

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sous peine de transmettre le poids du corsét au niveau du foyer

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