TL. — RADIOGRAPHIE DE LA COLONNE VERTÉBRALE DE PROFIL
Outre que la radiographie de la colonne vertébrale de profil est un excellent moyen de diagnostic du mal de Pott au début, au moins quand la destruction osseuse proprement dite a succédé à la simple infiltration tuberculeuse, elle a l’avantage de montrer nettement quel est /e foyer de destruction et ses limites, quel est le degré exact d'inflexion vertébrale, quelles compensations orthopédiques (statiques ou thérapeuthiques) luttent contre cette inflexion et enfin comment se fait /a réparation du foyer de destruction.
La radiographie de la colonne vertébrale de face ne saurait à cet égard rendre des services analogues, car l’inflexion vertébrale pottique se faisant toujours en avant (ou presque), la projection des rayons X, d’avant en arrière, confond sur la plaque radiographique le fover de destruction proprement dit et les vertèbres saines sous et sus-jacentes quiont suivi le mouvement d'inflexion. Tout au plus, la radiographie de la colonne de face est-elle nécessaire pour déterminer l’inflexion latérale et aussi pour localiser des foyers multiples sur une grande échelle.
Ceux qui liront ce travail se rendront compte quel parti nous avons tiré de la radiographie de la colonne vertébrale de profil, pour l'étude du foyer de destruction, de l'inflexion vertébrale, des compensations orthopédiques rachidiennes et de la réparation de la colonne somalique.
Nous n’y reviendrons pas ici. Nous nous contenterons seulement d'indiquer quelques règles pratiques de technique pour cette radiographie, règles que nous avons déterminées avec M. Calvé après beaucoup d'essais, et que nous résumons en trois :
1° Immobilité absolue du rachis;
20 Position exactement latérale du sujet ;
3° Temps de pose assez long avec un courant intensif.
1° /mmobililé absolue du rachis. — Dans la radiographie de la colonne vertébrale de face, le sujet est couché sur le dos : c’est-àdire dans une position qui favorise l’immobilité, et d’ailleurs, même si le rachis se déplace légèrement en avant ou en arrière
(sous l’action de la respiralion notamment), les corps vertébraux se déplacent dans la direction des rayons X et ne modifient pas ainsi sensiblement l'image due à la projection de ces rayons. Il en est tout autrement dans la radiographie de la colonne vertébrale de profil. Le moindre mouvement du rachis sous l'influence, par exemple, d’une inspiration ou d’une expiration un peu forte, déplace sensiblement l'image radiographique sur la plaque, d’où mauvaise radiographie.
C'est dire toute la difficulté qu'on peut avoir à radiographier des enfants remuants ou des pottiques chez lesquels le traitement a fait disparaitre en grande partie la contracture musculaire.
Quand les sujets ne restent donc pas naturellement immobiles, il faut absolument fixer le rachis pour obtenir une bonne radiographie de profil. On peut, dans certains cas, se contenter de pratiquer, dans l’appareil plâtré de l'enfant, deux fenêtres latérales se faisant face, et de fixer les extrémités de l'appareil sur la table radiographique au moyen de sacs de sable. Nous avons fait plusieurs radiographies au moyen de ce procédé, mais souvent on voit mal les apophyses épineuses. IL est préférable d’immobiliser le sujet nu au moyen de trois tiges tixées à la table et terminées à une de leurs extrémités par un tampon venant prendre point d'appui en avant, sur le pubis et la partie supérieure du sternum, en arrière au niveau du foyer de destruction ;
2 Position exactement latérale du sujet. — La position exactement latérale du sujet est nécessaire pour permettre d'étudier le plus exactement possible l’inflexion vertébrale (qui se fait en avant) et déterminer par les apophyses épineuses les vertèbres qui font partie du foyer de destruction. On a proposé la radiographie de la colonne vertébrale de trois quarts, maisil est facile de comprendre qu'à mesure qu'on s'éloigne de la position exactement latérale, la projection des rayons X donne une image de moins en moins exacte de la colonne infléchie ;
80 Temps de pose assez long avec un courant intensif. — Enfin, l'expérimentation nous à montré que la radiographie de la colonne vertébrale de profil exigeait un temps de pose double de celui nécessaire pour jes radiographies de la colonne de face.
En employant l'ampoule Gun de Lach à radiateur, l'anticathode
A. Lelièvre 40
placée à 55 centimètres de la plaque, et l'intensité passant dans le tube étant de 8 milliampères avec rayon 5-6 Benoist, il faut poser, en général, de trente-cinq secondes à cinquante et même soixante, suivant l’âge et l'épaisseur du sujet.
Fie, 56, — Scoliomètre.