GÉNÉRALITÉS
En exposant dans ses grandes lignes le traitement post-opératoire de Lorenz, nous avons eu à cœur de rendre un légitime hommage au maître de l’orthopédie moderne et de restituer la part qui lui revient dans la conception de la méthode que nous préconisons.
D'après ce que nous avons vu dans le chapitre précédent, sur la contre-indication de la mécanothérapie dans la mobilisation de la hanche nouvellement créée, notre traitement, à l’instar du professeur de Vienne, sera entièrement manuel et ne nécessitera aucun outillage mécanique spécial.
La préoccupation constante de Lorenz était de conserver le plus longtemps possible le fémur en rotation externe ou interne; le maintien pendant plus d’une année dans des appareils plâtrés, la nuit, assurait ce résultat et il arrivait même quelquefois que la persistance de la rotation nécessitait Le port d'un corset correctif.
Reléguant au second plan l'importance de la rotation du fémur, nos efforts portent, durant toute la durée du traitement, sur le maintien, plus ou moins en avant, de la tête fémorale. Ce résultat s'obtient au moyen d'une manœuvre spéciale qui sera décrite plus loin.
Il semble, à première vue, que notre manœuvre ne diffère en rien de celle de Lorenz, puisque la rotation externe du fémur entraine également la tête dans une position avant et la rotation interne dans une position arrière; mais en agissant directement sur la tête fémorale, le modelage de la cavité cotyloïde est beaucoup plus rapide, la rolation ne persiste qu'un temps
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déterminé sans nécessiter d'appareils et la durée générale du traitement se trouve considérablement diminuée.
Lorenz rectifiait la statique du sujet au moyen d’une semelle surélevée placée sous le pied sain et dont on diminuait la hauteur progressivement, à mesure que disparaissaient l'inclinaison du bassin et l'allongement apparent du membre opéré. L'ablation définitive de cette semelle demandait environ la durée d'un an.
Loin de surélever le membre sain dans le cas de luxation unilatérale, nous utilisons au contraire, au moyen d’une gymnastique particulière, cette différence de niveau des deux hanches pour corriger l’inflexion du bassin.
Cette correction est si rapide que les déviations vertébrales qui pourraient résulter de cette statique défectueuse n'ont pas le temps de se fixer.
Voici énumérés les points principaux de notre méthode qui diffèrent essentiellement du traitement de Lorenz, les points secondaires seront soulignés au passage dans le cours du développement de notre sujet.
Nous exposerons successivement :
1° Le traitement post-opératoire des luxations unilatérales et ses résultats.
2° Le traitement post-opératoire des luxations bilatérales et ses résultats.
3 Les complications du traitement post-opératoire en général.
4° Nos conclusions.