LE SIGNE DE LA PUPILLE
Les troubles des pupilles qui naissent sous l’influence de l’imprégnation bromurée fournissent encore d’autres indications précieuses en ce qui regarde, je ne dis plus l’établissement, — celui-ci est supposé obtenu — mais bien le maintien de la dose suffisante qu’ils permettent de régler très exactement.
Cette dose n’est pas, en effet, immuable. Au bout d'un certain laps de temps, après deux ou trois mois par exemple, cela dépend de la susceptibilité particulière des sujets, il faut augmenter la quantité quotidienne de bromure de 1 ou 2 grammes, donner par exemple 4, 5 et 6 grammes au lieu de 3, 4 et 5. L’organisme, en effet, s’habitue au médicament, et la dose, qui était suffisante au début d’un traitement, a besoin presque toujours d’être un peu augmentée au cours de celui-ci. Les proportions dans lesquelles elle doit l'être seront facilement appréciables, grâce à l’observation des pupilles et à la constatation des phénomènes généraux. A ce sujet, on peut dire que si, par exemple, la dose suffisante est obtenue très nettement au bout de deux périodes de trois semaines, ce qui représente un mois et demi de traitement, il est rare qu’on ait besoin de l’augmenter de plus de 2 ou 3 autres grammes pendant le reste de la cure.
Je le dirai dans un instant, lorsque le cas est favorable, il faut généralement attendre un an à dater de la disparition du dernier accident : accès, vertige ou absence, avant de commencer à diminuer la dose de bromure. Je suppose qu’à la dose de 3, 4 et 5 grammes les accidents, après s’être espacés, n’aient disparu qu’au bout de six à douze mois, souvent plus tôt, quelquefois plus tard. Ce sera donc environ dix-huit mois ou deux ans après le début du traitement qu’on pourra songer à diminuer la dose suffisante pour arriver à la suppression progressive du bromure. A ce moment, le sujet, qui a débuté par 3, 4 et 5 grammes, prendra généralement 5, G et 7 grammes ou 6, 7 et 8 grammes. Mais, je le répète, à 1 ou 2 grammes près, l’établissement définitif de la plus haute dose qui sera prise n’a qu’une importance relative, en ce qui concerne sa fixation immédiate. Elle varie, je l’ai dit, suivant la tolérance des sujets. C’est la dose suffisante qui doit être toujours déterminée le plus vite possible, maintenue et
LA DOSE SUFFISANTE DE BROMURE
augmentée s'il est nécessaire, en tenant un compte exact des indications que je viens de donner.
Suivons donc le traitement. Je suppose encore une fois, maintenant, que ta dose suffisante ait été atteinte après une période de tâtonnements qui n’aura pas dû généralement dépasser plus de deux ou trois périodes de trois semaines. Le sujet doit y être maintenu dans les conditions que j’ai indiquées, en augmentant la prise quotidienne, de temps en temps, de 1 gramme ou plus, par périodes de 3 semaines suivant sa tolérance particulière. 11 en est chez lesquels la dose est toujours bien tolérée sans inconvénients généraux ou locaux. Par contre, il en est d’autres aussi chez qui, la dose suffisante une fois atteinte, il survient des accidents généraux et locaux qui peuvent mettre obstacle au traitement. llfauldoncbienconnaître touscesaccidents pour les prévenir si possible et les faire disparaître s’ils se sont montrés, tout en continuant le traitement dans les conditions satisfaisantes que j’ai déjà précisées.