L'EXAGÉRATION DE LA PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LES ÉPILEPTIQUES
Il est, en effet, admis scientifiquement aujourd’hui que la pression artérielle est toujours augmentée chez les épileptiques au moment des accès. Il est donc au moins inutile de provoquer cette augmentation dans leurs intervalles. En conséquence, il faut chercher à supprimer toutes les causes qui l’exagèrent à l’état normal et sont, de ce fait, capables de favoriser le retour des accès.
J’entrerai à ce sujet dans quelques considérations physiologiques qui montreront le bien fondé de cette opinion et nous serviront utilement, au point de vue de la prévention et, dans une certaine mesure, de la thérapeutique des accidents convulsifs.
Reprenant les expériences de Yulpian qui avait déjà constaté cette exagération de pression, M. François Franck détermine chez les animaux l’excitation des régions corticales et produit des accidents convulsifs. Il mesure alors la tension artérielle et formule en 1888, dans la séance du 30 juillet de l’Académie des sciences, les conclusions suivantes :
« La pression artérielle tend toujours à s’élever dans les crises épileptiques, tant par l’effet mécanique des convulsions que par l’influence des troubles respiratoires; ruais la cause principale de cette élévation tient au spasme énergique des vaisseaux par action vasoconstrictive d’origine centrale. »
Donc, quelle que soit l’opinion qu’on adopte au point de vue pathogénique, Yulpian a établi que la pression artérielle est toujours augmentée pendant l'accès d’épilepsie expérimentale, que cette augmentation provienne directement de l’excitation corticale ou des phénomènes d’asphyxie qui existent pendant le paroxysme.
Ces données expérimentales ont été amplement vérifiées dans le domaine clinique. M. Féré, s'aidant du sphygmomanomètre de Bloch, a recherché, à son tour, quelle était la pression artérielle chez les épileptiques à l’état normal, avant, pendant et après les phénomènes